Quel rôle du secteur privé dans le développement?

Auteur : Jean-Michel Severino

Date : June 19th, 2008
Commentaires : 11

  • Quel est l’impact du secteur privé sur le développement?
  • Quels devraient être les rôles respectifs du secteur public et privé?

“Le développement, c’est le processus par lequel on s’enrichit dans son être, dans sa capacité à vivre plus longtemps et à vivre mieux.Et en cela d’ailleurs, ce n’est pas simplement l’enjeu des pays du sud, ça reste aussi l’enjeu des pays développés.
Dans la plupart des pays dans lesquels nous intervenons, le premier impact des entreprises privées, c’est l’apport de croissance économique, de revenu, d’emploi, avec toute la chaîne positive qui s’en suit.
Dans bien des cas il serait tout à fait utile, tout à fait intéressant, d’aider quelqu’un à se soigner en finançant de la santé. Mais il peut être encore plus intéressant de financer ou de permettre à de l’emploi et du revenu de se créer qui permettra à ces personnes de se soigner également. Donc ça, c’est je crois, le cœur de l’impact et ça va le rester.
Mais souvent la simple arrivée ou intervention d’entreprises privées dans un certain secteur d’activité est générateur soit de progrès économique et de génération de revenu et donc d’impact social, soit d’impacts environnementaux positifs. Et le rôle d’un acteur public peut être de faire, justement, intervenir des acteurs privés dans des domaines auxquels ils n’auraient peut être pas pensé, leur permettre de faire quelques kilomètres supplémentaires dans une logique qui était la leur mais pour laquelle ils auraient manqué de moyens financiers et pour laquelle ils ont besoin de partager davantage du risque avec un tiers. Donc en soi, l’intervention du secteur privé est un apport important à la politique de développement.
Le rôle du public est de conforter le secteur privé dans de la prise de risque. Le rôle du privé est fondamentalement d’assurer et d’assumer ce risque et de gérer ces opérations. Au fond ce que fait, ce que ce partenariat public au profit de la croissance et des biens publics globaux dans les pays en voie de développement fait, c’est bien ça : développer des services nouveaux au profit des populations en prenant des degrés supplémentaires de risque et en comblant des trous, je dirais, dans le marché financier, des limites qui apparaissaient et qui auraient été infranchissables sans cette action conjointe de ces deux catégories d’acteur
.”

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11 Commentaires

ouermi ibrahim

Date : July 30th, 2008 04:26:28

je pense que le secteur privé peut et doit aider au développement en Afrique. cela n’est possible qu’à une seule condition: que les financement soient directement envoyés aux porteur de projet et non aux gouvernants qui l’utilisent pas acheter des voitures 4X4 a des millions de francs. 80% des financement accordés aux États servent à couvrir les frais de fonctionnement de ceux qui sont chargés de recevoir les dossiers et les etudiers. on demandent des garanties que le porteur de projet s’il les avait n’allait pas demander de l’aide pour son projet. je pense qu’il faut arrêter d’être trop bureaucratique et faire confiance aux jeunes porteur de projet. Au Bukina Faso par exemple il y a beaucoup de jeune qui ont des projets mais ils n’ont même pas accès aux institutions de financement. Alors comment ces jeunes peuvent ils avancer ? Je pense que le développement de l’Afrique est contraire aux objectifs de nos gouvernants et surtout des pays occidentaux.
merci

Barret Delphine

Date : July 28th, 2008 03:09:22

Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites, mais je suis étonnée que ce sujet arrive si tardivement dans l’actualité.
Le secteur public étant très souvent défaillant, notamment dans les pays en développement, c’est le secteur associatif qui a dû assurer la satisfaction des besoins des populations.
La professionnalisation et structuration du secteur a donné lieu à une nouvelle manière d’entreprendre, communément appelée “entrepreneuriat social”. Cette dernière est loin d’être récente, puisque de célèbre personnes, telle Jean Monnet, sont considérés comme des entrepreneurs sociaux.
Ces hommes et femmes utilisent l’outil économique pour atteindre une finalité sociale ou environnementale.
De nombreuses organisations, à travers le monde, identifient, accompagnent et diffusent ces initiatives innovantes.
Selon moi, ces entrepreneurs sociaux ont les clés pour résoudre de nombreux problèmes, mais les difficultés qu’ils rencontrent sont dues en grande partie au manque d’accompagnement.
Entreprendre est un pari risqué, entreprendre autrement l’est encore plus !

Pr & Dr BOUTTI

Date : July 15th, 2008 02:49:16

Le développement durable dans l’optique d’une jointe venture est bien souvent vécu comme une vue de l’esprit.
En ce sens, nous nous retrouvons bien souvent dans deux périmètres fonctionnels avec deux logiques contradictoires à faire fusion : l’intérêt général et la profitabilité (l’intérêt privé).

Bien plus, l’Etat dans sa logique normale en dehors de tout partenariat est qualifié bien souvent, et ce à juste titre, d’opérateur zinzin.

Enfin, l’absence d’une évaluation de la performance dans le secteur étatique rend toute action entamée par l’Etat perverse. Dans l’absence tangible de résultat, l’Etat se cache souvent dans une logique d’intérêt général ou de considération sociale dont l’impact sera visible à très long terme.

En conclusion, avant de réfléchir à fusionner ces deux paradigmes à géométrie variables, n’est pas opportun de procéder à une mise à niveau dudit Etat pour une congruence reussie.
De toute évidence, ne faudra t’il pas comme préalable incontournable non pas « plus » ou « moins » d’Etat mais un Etat performant avec des reporting standards, des suivis des actions programmées ex ante et évaluées ex post.
Dés lors, les résultats escomptés ne vont plus se faire attendre, ou encore apparaître sur des horizons temporel invérifiables.
Pr Rachid BOUTTI
www.controledegestion.org

Madi

Date : July 8th, 2008 10:59:52

M. Severino,

Limiter le secteur public à un rôle de garde fou n’est-il pas dommageable pour les populations locales ? Laisser le secteur privé en charge du développement des services de base (accès à l’eau, à l’électricité etc.) défavorise de fait les populations les plus pauvres qui ne sont pas solvables. Alors que les entreprises répercutent le coût de leurs investissements sur la facture du consommateur, l’Etat peut répartir ces coûts sur une population plus large et par le principe de solidarité aider une région en difficulté grâce aux ressources produites par une autre région, qui aura peut être un jour à son tour besoin de profiter de cette solidarité.
Un exemple simple : la privatisation de l’eau à Cochabamba en Bolivie en 2000 a fait triplé le prix de l’eau, ce qui a conduit à la Guerre de l’eau, notons que dans le même temps les régions du Nord prospéraient grâce à l’exploitation des ressources naturelles. L’entreprise en charge de ce service plutôt que de se placer dans un temps long a voulu rentabiliser au plus vite ses investissements mettant en grandes difficultés les populations les plus défavorisées.
Pourquoi refuser de donner une place plus importante au secteur public ?

Phillip Huggan

Date : July 7th, 2008 07:43:15

The private sector operates using infrastructure (broadest sense of the word, including social cohesion) funded by the public sector. North America and Australia never had infrastructures touched in WWII or any other 20th century conflict. Europe and Japan were rebuilt by the USA post-WWII and already had a highly technical workforce and knowledge of an industrial society. Russia and China clumsily industrialized, in different timeframes, and at a horrible environmental cost (China’s true growth rate is 4-5% a year, but the bright side is an American slowdown can be mitigated somewhat by better environmental resource management).

For developing nations, the question is how to get that initial public infrastructure capital outlay to attract private globalized capital. An interesting detail is that developing nations have favourable demographics. Aging boomer populations could maybe strike a deal to help pay for the cost of educating developing citizens in professions where location isn’t important (computer programming, call centres), and to compensate developing nations for any trained workers plucked to work in developed nations.
I wouldn’t want to slow down immigration as immigrants send money back to their home country, generally.
The private sector would do well to account the full social externalities in their investments. Do no harm. There shouldn’t be Africans exposed to heavy metals , taking apart broken computers; the cost should be provided by manufacturers.
Agriculture, desalination and farm equipment are key sectors. I think efficient cooking stoves must be built locally, best sutied to an NGO or public funding.
It would be nice if some novel financial instrument could capture the value for Western investors, of having poor people educated and housed and cel-phone equipped. I know microfinance. But the social returns to human development are much higher than the return paid on a microfinance investment (as the low loan size ensures high administrative overhead costs). Perhaps a branding effort to make human development cool, like Schwarzineggar says to make environmentalism cool in California. Companies would invest in 3rd world desalination if their market thought the concept was cool. Unfortunately, consumer status symbols preach pretty much the opposite, at present.

Anindita Dey

Date : July 2nd, 2008 01:33:16

I was just going through the ABC News by Kim Landers, Washington correspondent, North America this morning: IMF has warned of economic slowdown and famine in poorer countries. But will the effect be limited to poorer countries? Can the developed and developing countries remain isolated in the event of such scenario? In today’s world, certainly not. Next comes the question–what is our preparedness in the event of such scenario? Suddenly I recalled the article by Jean-Michel Severino, “What role for the private sector in development?” I read in last month. The question peep to my mind is: Will the private parties be so sensitive that they will take up such issues to tackle the ‘tipping point’ ever?

Maximiliano

Date : July 1st, 2008 03:55:11

Ana: la traducción al español es bastante pobre, yo también me confundí con eso de medioambientales, pero al leerlo en inglés me di cuenta a que se refería al significado más amplio de la palabra (y no al típico que es relacionado con la naturaleza).

Por otro lado, lo que dice Severino es bastante lógico bajo un contexto económico. Y tiene razón. El Estado debe ser garante de que sus recursos se usen eficientemente.

Pero, lo que no considera esta visión, es que a veces la políticas públicas buscan algo más. Por ejemplo, justicia social. Recordemos que las empresas no se pueden hacer cargo directamente de los problemas sociales porque no existe ningun proceso democrático que las avalen, y es por esto mismo que el desarrollo no puede hacerse sólo bajo un enfoque económico. Creo que la historia reciente me debería dar la razón.

Les deseo lo mejor,

Maximiliano.

Abderrazak B.HAMMOUDA

Date : June 22nd, 2008 06:38:14

Le développement n’est pas limité à sa définition et à son processus, mais plus tôt c’est une culture à enseigner, à partir du primaire « enseignement de base » jusqu’à l’infini.
Alors c’est le plus grand projet du millénaire, dans le domaine de l’enseignement et de la culture mondiale, derrière lequel il faut un très important financement des Nations Unies et de la banque Mondiale, aussi une très importante décision politique par le biais des compétences distinctives des diplomates Mondiaux ce projet Mondial pourra facilement réussir.
Aussi par la création des journées et des ateliers de coopération et de solidarité Sud Nord et Nord Sud sous l’égide des Nations Unies de la B.M et de la B.AD.
L’objectif est d’arriver à mesurer après un certain temps, les sentiments « de coopération, de partenariat et de jointe venture » des habitants Nordiques Mondiaux vers ceux Sudistes.
On arrive comme ça à une vraie coopération mondiale et à une réelle solidarité internationale.
Ce qui favorise automatiquement le développement Durable et un équilibre Social Mondial.

Abderrazak BEN HAMMOUDA

Chris

Date : June 22nd, 2008 03:28:54

I agree with much that is said. If we want to pull the bottom billion out of poverty, development aid alone will not suffice. We obviously need to tap into the major financing, technical and human capacities of the private sector. Yet this new form of interaction between development institutions and private buinesses raises important - and very concrete - ethical issues.
Are there not major risks linked to developed nations such as France, the UK or the USA using their bilateral development institutions to finance the development of private businesses? The incentives will be huge for these countries to push their national companies to the detriment of those of other nations.
How can we ensure that the promotion of private sector activities in developing countries does not turn into the promotion of economic interests, to the detriment of the population we are meant to serve? I think that clear codes of conduct will be needed if we are to follow this promising path.
Can anyone point to such codes of good practice today? Has the OECD DAC looked into it?

CHE THUY NHU

Date : June 22nd, 2008 10:42:15

To Mr Jean-Michel Severino
This problem is discussed and review many times in our’s system. The discussion is going on and we don’t know when it will finish .’
I think : in our’s system, the private sector have those priorities :
- Stimulate the knowledge and resource from all people. Government can’t pay for every things. Because the government’s budget came from TAX -This is only part of Social property For long time, the quality of education is not meet the social requirement.In public sector, the head of organization can’t choose the working staff .it limited by many labor’s rules and sensitive relationship. Public sector have house, salary and staff but low quality in the work. The decision is delay with many steps of submission. The reason of delay is deference.
- The director in private sectors have the right to choose the working staff , quickly react to the needs of work. Especially they accept innovation. Some family- enterprise help low educated persons in family, disabled persons find the income in their family.
Now we carry the administration reform, anti- corroupt apply e-government to improve the quality of public sector.

Thank you for attention !

Ana

Date : June 20th, 2008 05:28:36

Sin duda, el sector privado puede tener impactos positivos, más o menos directos, sobre desarrollo. Pero no veo muy claramente como las empresas pueden tener “impactos medioambientales positivos” como lo dice Jean-Michel Severino. Para mí a este respecto las empresas son generalmente un factor de desarreglo. Al contrario se debería explicar aquí como los actores “tradicionales” del desarrollo deben influir en la conducta de los actores privados con respectivo a los estándares de responsabilidad social y ambiental de las empresas, y de promoción de prácticas empresariales responsables y más transparentes.
Además creo que no debemos perder de vista que el sector privado no puede, ni debe, hacerlo todo. Los Estados no pueden abandonar sus responsabilidades en sectores esenciales como la salud o la educación.