Solidarité, sécurité, réglementation


Auteur : Abdou Diouf

Date : 05 février 2009


Parmi les multiples formes de solidarité entre populations du Nord et population du Sud, les collectes et le transfert de biens usagés, mais utilisables, constituent un courant discret, d'effet direct et apprécié des bénéficiaires, mais peu considéré, mal quantifié et de plus en plus compliqué.

Ainsi la mise en œuvre récente d'une directive européenne remet en cause la collecte et l'envoi au Sud de médicaments achetés par des patients du Nord et non utilisés. En effet une part importante de ces médicaments serait proche de la date de péremption

 

L'objet de cette réglementation est évident et honorable : protéger des populations pauvres d'un risque d'intoxication par des produits non garantis, éviter de faire de l'Afrique un dépotoir de l'Europe. Et il ne saurait être question de négliger ce risque. Mais il faut aussi voir que, ce faisant, d'abord on prive d'une source d'approvisionnement non négligeable des gens qui n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments, même génériques, auprès des officines et qui, au mieux, se rabattront sur des produits contrefaits encore plus dangereux que les produits en fin de validité, au pire seront condamnés faute de trouver un traitement. Ensuite on décourage les volontaires qui au Nord s'investissent bénévolement dans ce type d'action et on supprime la raison d'être de réseaux qui donnent une existence concrète à la solidarité si souvent invoquée entre pays du Nord et du Sud.

 

Ce n'est pas une question anecdotique. La solidarité ne se décrète pas : elle naît de l'empathie, de la capacité de rencontrer l'Autre et de se reconnaître dans l'Autre, de partager un manque, une souffrance tout en mesurant les différences de contexte et la diversité des réponses possibles. Elle est l'affaire des gens inscrits dans un milieu précis et dans une histoire spécifique. Par suite, il est inévitable qu'elle soit parfois peu cohérente, plus attachée à la manifestation et à des résultats ponctuels qu'à une action rigoureuse et concertée.

 

Les procédures administratives fondées sur des réglementations générales sont certes utiles pour améliorer la sécurité de tous, guider des pratiques spontanées et mettre un peu d'ordre dans un mouvement peu formel. Mais elles le seront d'autant plus qu'elles chercheront non susciter le soupçon et à interdire, mais à faciliter la prise de conscience de toutes les dimensions d'une vraie solidarité et à responsabiliser tous les acteurs. Tant au départ que du côté des bénéficiaires, il faut proposer des méthodes simples permettant de mener une évaluation des biens collectés et distribués. Cela se fait déjà dans certains pays - l'Allemagne - pour des produits spécifiques - les ordinateurs, qui doivent être vérifiés et capables de fonctionner une fois sur place.

 

Un tel effort, qui apparaît comme une incitation et non comme une sanction, est certes plus difficile à mettre en place qu'une interdiction a priori. Mais, au moment où se déploie une crise majeure dans l'ensemble du monde, il montrerait clairement que, si les règlements fondent la sécurité et si la sécurité ne doit pas être sacrifiée, c'est la solidarité qui doit d'abord être favorisée et développée, afin que les protocoles entre institutions ne se substituent pas au lien entre les hommes et que ne se perde pas la conscience de notre responsabilité commune.

 

Abdou DIOUF

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15 commentaires

Pradip Dey

Date : 12 mars 2010, 10:43

Monsieur Diouf,
Good day!
In EVOKE site (http://www.urgentevoke.com/profiles/blogs/welcome-lets-bring-change), my statement "Sharing is caring is empathizing is participating is empowering is innovating is sustaining livelihood" has been accepted by many. You are no doubt a role model. What is your opinion about participatory development in Africa through sharing and caring. Do you have any article on this aspect? If so, kindly let me know.
With best regards,
Sincerely yours,
Pradip Dey

BEHAGUE Hélène, PALAYER Laurie,THOREZ Barbara

Date : 01 décembre 2009, 17:41

Monsieur le président DIOUF,


C’est un honneur de pouvoir partager nos opinions avec vous. Nous sommes trois étudiantes du master 2 « coopération internationale, action humanitaire et politique de développement » de la Sorbonne. Votre réflexion a retenu notre attention, et c’est avec grand plaisir que nous vous proposons une synthèse de nos propres discussions.


Bien sûr on ne peut pas ignorer que la France et l’Afrique ont une histoire commune et que, dans la collecte des médicaments du Nord pour le Sud, il puisse y avoir un malaise général assez légitime. Rappelons également que si l’OMS, les associations de malades et les ONG visent par leur expertise ou leur militantisme à imposer l’argument solidaire sur la scène internationale, il n’en est pas de même pour les industries pharmaceutiques, guidées par une logique financière. Les médicaments sont pour ces acteurs un bien commercial, soumis à la compétition internationale et au droit de propriété industrielle.
Pourtant il est important ici de se concentrer sur le réel thème du débat : la solidarité. Elle était le fondement de l’action de Cyclamed avant 2009, et consistait à partager et non à se débarrasser. Pour aborder ce sujet, il semble d’abord nécessaire de voir « le verre à moitié plein » et non « le verre à moitié vide ».

Pourquoi alors ne pas envisager deux hypothèses : (1) les dons de médicaments peuvent être réglementés sans être interdits, et (2) ils sont une solution temporaire envisageable à court ou moyen terme.

(1) La décision d’une interdiction est effectivement excessive. Elle ne laisse place à aucun débat, ne considère pas le problème à sa source, et empêche toute remise en question du processus. Comme vous le soulignez dans votre article, il y avait un manque de coordination des actions humanitaires. Mais n’aurait il pas fallu améliorer plutôt que de condamner ? La responsabilité des acteurs est ici remise en question. Elle doit être réfléchie et encadrée afin de ne pas aller à l’encontre des populations locales. Au vu de leur utilité effective en Afrique, l’incinération de produits pharmaceutiques est-elle réellement défendable ? D’autant plus que cette alternative reste certainement un obstacle efficace aux médicaments de la rue et aux faux médicaments venus d’Asie et d’Inde, qui font des dégâts considérables, notamment dans la lutte contre le paludisme et les vaccinations. L’envoi de médicaments restants, et non usagers, semble être une démarche positive.
En résumé, Une meilleure coordination aurait permis une adaptabilité des médicaments avec un accord entre « expéditeurs » et « destinataires » sur les besoins de ces derniers, et une traçabilité des médicaments, évitant les ruptures d’information du produit, de sa production à sa fin de vie. De plus une réglementation sur l’ « évaluation des biens collectés » à l’instar de l’Allemagne aurait été judicieuse.

(2) Sur les bases d’une réglementation favorable aux donateurs et aux bénéficiaires, il serait alors envisageable de voir le don solidaire de médicaments comme une solution temporaire tout à fait acceptable à court ou à moyen terme.
Par ailleurs, on voit apparaître depuis quelques années des structures et des partenariats en matière d’accès aux médicaments. On peut par exemple citer la DNDi, fondée en 2003 et spécialisée dans la lutte contre les maladies négligées. Cette initiative, regroupant l’institut Pasteur, Médecins sans frontières, le PNUD , la banque mondiale et plusieurs ministères de pays touchés par ces maladies, crée des partenariats avec des firmes pharmaceutiques. En 2007 on a vu naître l’ASAQ, un médicament efficace contre le paludisme produit en partenariat avec Sanofi-Aventis. Le laboratoire ayant renoncé à son brevet, l’ASAQ appartient au domaine public. Il sera produit au Maroc et vendu à moindre coût. Nous avons entre les mains un médicament adapté et accessible aux populations des zones impaludées.
Ne pourrions nous pas envisager que l’autonomie pharmaceutique de pays africains passe par ces nouveaux partenariats, ou qu’ils en soient un accélérateur?
Quant aux ressources humaines , les universités africaines regorgent de bons scientifiques en attente de formation. Un autre sujet intéressant.

KEPAOU JEAN CHRISTIAN

Date : 21 septembre 2009, 16:10

Merci Monsieur le président pour cette juste intervention.

Pharmacien africain à Montréal, nous initions un projet de développement en zone rurale au Cameroun, que je peux résumer en ce sens…

Une consultation médicale, contre 3 épis de mais… des médicaments contre des haricots. En réalité, c'est des mécanismes améliorés des systèmes d'échanges locaux (SEL), ce qui nous permet de pallier au manque d'argent chez les populations pauvres.
Voir le site http://www.afriq.populus.org

Dans notre Afrique où les contradictions sont nombreuses, il y a tant de malades, et des médecins au chômage…
Nous pensons que la pauvreté est souvent artificielle, que nos populations possèdent en elles, le potentiel pour alléger leur misère;

Comme tous les continents, l'Afrique devra nécessairement posséder le savoir technique, pour faire face aux nombreux défis qui sont les siens (ici la production pharmaceutique), mais, vous le soulignez avec raison, face à nos réalités aucune initiative ne semble de trop.

D'ailleurs, cette production pharmaceutique, devra se battre douloureusement dans un contexte de mondialisation, que je qualifierais presque de déloyal, et la survie de cette industrie n'est pas assurée, sauf évidemment si, des mesures politiques sont prises, pour protéger ce secteur de notre économie. (démarche qui implique certainement d'autres considérations)

L'occident ne fait pas autrement… impossible d'importer des médicaments au canada, en dehors ARM, on vous parlera de qualité, de bonnes pratiques de fabrication..., un alibi certes pertinent, mais qui permet surtout, de garder le contrôle de secteurs particulièrement sensibles.

Ici en Amérique du nord, de nombreux africains exercent à des niveaux techniques très élevés, dans l'industrie pharmaceutique (comme dans d'autres secteurs du reste), il semble que l'acquisition des techniques ne soit peut être pas le plus grand défi que nous devrions à terme relever, mais bien notre capacité à proposer des solutions adaptées à nos problèmes.

Je vous remercie encore Monsieur le président.

Jean Christian KEPAOU

KEPAOU JEAN CHRISTIAN

Date : 21 septembre 2009, 16:10

Merci Monsieur le président pour cette juste intervention.

Pharmacien africain à Montréal, nous initions un projet de développement en zone rurale au Cameroun, que je peux résumer en ce sens…

Une consultation médicale, contre 3 épis de mais… des médicaments contre des haricots. En réalité, c'est des mécanismes améliorés des systèmes d'échanges locaux (SEL), ce qui nous permet de pallier au manque d'argent chez les populations pauvres.
Voir le site http://www.afriq.populus.org

Dans notre Afrique où les contradictions sont nombreuses, il y a tant de malades, et des médecins au chômage…
Nous pensons que la pauvreté est souvent artificielle, que nos populations possèdent en elles, le potentiel pour alléger leur misère;

Comme tous les continents, l'Afrique devra nécessairement posséder le savoir technique, pour faire face aux nombreux défis qui sont les siens (ici la production pharmaceutique), mais, vous le soulignez avec raison, face à nos réalités aucune initiative ne semble de trop.

D'ailleurs, cette production pharmaceutique, devra se battre douloureusement dans un contexte de mondialisation, que je qualifierais presque de déloyal, et la survie de cette industrie n'est pas assurée, sauf évidemment si, des mesures politiques sont prises, pour protéger ce secteur de notre économie. (démarche qui implique certainement d'autres considérations)

L'occident ne fait pas autrement… impossible d'importer des médicaments au canada, en dehors ARM, on vous parlera de qualité, de bonnes pratiques de fabrication..., un alibi certes pertinent, mais qui permet surtout, de garder le contrôle de secteurs particulièrement sensibles.

Ici en Amérique du nord, de nombreux africains exercent à des niveaux techniques très élevés, dans l'industrie pharmaceutique (comme dans d'autres secteurs du reste), il semble que l'acquisition des techniques ne soit peut être pas le plus grand défi que nous devrions à terme relever, mais bien notre capacité à proposer des solutions adaptées à nos problèmes.

Je vous remercie encore Monsieur le président.

Jean Christian KEPAOU

POCHET JEAN-CLAUDE

Date : 23 juin 2009, 12:26

Biens non consommés,

Monsieur Diouf,

J'ai lu quelques uns des commentaires concernant l'envoi de médicaments non utilisés dans les pays en voie de développement. Leurs auteurs parlent de médicaments « en fin de vie ». Je pensent qu'ils existe quantité de médicaments tout à fait valides, dont la date de péremption est très éloignée. Je prends l'exemple de mon père : lorsqu'il est décédé d'un cancer, une grande quantité de médicaments est devenue tout d'un coup inutile. Par ailleurs, je crois que l'on devrait faire confiance au personnel médical local pour sa capacité à utiliser les médicaments à bon escient.
Certains proposent des solutions qui paraissent tout à fait pertinentes comme de développer la recherche et la production locale de médicaments. Mais pour autant, une solution, fût-elle excellente, doit-elle forcément exclure toutes les autres ? (j'ai l'impression que l'on fonctionne très souvent suivant ce schéma malheureusement !)

Il en va des médicaments comme de beaucoup d'autres biens de consommation. Vous mentionnez avec raison les ordinateurs et l'on trouverait sans doute d'autres équipements qui pourraient avoir une « seconde vie » et rendrent service. Le coût des transports n'est plus prohibitif aujourd'hui pour interdire ces transferts.

Alors, quels mécanismes mettre en place ? avec quels financements ? Des financements européens, voire plus élargis ? Car il s'agit d'un vrai « service public » à l'échelle planétaire.

En toute fraternité
Jean-Claude POCHET

Béatrice Baras

Date : 20 juin 2009, 15:31

Monsieur Diouf,

J'apprécie beaucoup la teneur de vos propos que je partage totalement.
L'expression " pays en voie de développement" m'a toujours fait sourire.
Ce sont les occidentaux qui l'ont inventée, fort probablement.
Personnellement, c'est l'Afrique qui m'a fait découvrir la valeur des " ressources humaines", c'est dans cette région du monde que j'ai compris, à 25 ans, qu'au delà des sciences, il y avait les hommes et les femmes avec leurs différences si enrichissantes et si complémentaires.
Les colonisations, exploitations diverses,... ont permis aux occidentaux de se "rassurer" sur la voie de leur développement, au détriment d'autres peuples.
Aujourd'hui, ce "développement " ( que les Africains avaient peine à suivre) nous a mené vers cette crise générale et à tous niveaux.
J'espère sincèrement que les valeurs occidentales vont se modifier pour rejoindre un peu plus les vôtres.

Ne pensez-vous pas que la crise actuelle va changer nos paradigmes et que l'Afrique doit en saisir l'opportunité.

Respectueusement,
Béatrice Baras

Abdou DIOUF Abdou Diouf

Date : 27 avril 2009, 09:23

Encore une fois il ne s'agit pas de "se débarasser" des médicaments en fin de vie en les envoyant en Afrique. Il s'agit de ne négliger aucune piste pour améliorer notre pratiue de la solidarité, aider à des changements de comportement - modes de production et de consommation - et favoriser les prises de conscience personnelle plutôt que l'applicatioon automatique de réglementations qui déresponsabilisent.
Cela dit, il est bien entendu souhaitable que l'Afrique se dote des moyens de recherche et de production pharmaceutique qui lui permettraient de donner la priorité aux maladies les plus fréquentes ou à celles qui sont orphelines, alors même qu'elles touchent un nombre important de personnes. Mais l'industrie pharmaceutique est un des plus capitalistiques qui soient et elle est liée également à un tissu universitaire de trés haut niveau. Ces conditions ne se mettent que lentement en place - et d'ici là tout ce qui peut améliorer l'offre de médicaments pour les populationsle splus pauvres et les plus vulnérables me semble digne d'intérêt.

Franck GOURBEYRE

Date : 24 avril 2009, 00:47

Plutôt que de distribuer des médicaments en fin de vie et ne correspondant pas forcément aux besoins des populations, ne serait-il pas plus judicieux d'installer des laboratoires pharmaceutiques en Afrique ?
J'y vois plusieurs avantages :

- création d'emplois
- recherche de nouvelles molécules dans la pharmacopée traditionnelle africaine
- fabrication de médicaments adaptés aux besoins locaux
- maîtrise des filières d'approvisionnement

MBAYE

Date : 23 mars 2009, 17:37

Bonjour Monsieur Diouf

Votre démarche est on ne peut plus honorable je le conçois en lisant cet article. Cependant permettez-moi de vous proposer deux pistes de réflexion:
-une campagne pour la vulgarisation des brevets de fabrication des médicaments en faveur des pays pauvres ne serait-elle pas plus louable?
-ne faudrait-il pas exercer des pressions au niveau international pour qu'au moins prés de 25% de la recherche médicale dans le monde soit en faveur des "maladies dites du SUD" ( ce chiffre est de moins de 10% actuellement car le "marché" n'est pas porteur)

merci

Fondation Chirac fondationchirac

Date : 20 mars 2009, 11:09

Donating medication directly must certainly not sway us from our principal objective: the autonomy each country must acquire in terms of health safety. Nevertheless, to answer Joyce, drug donations do not make Africa a dump for Europe. Giving a product that is still useful and that could save lives has nothing to do with getting rid of a used product.

In fact, one must keep in mind that there are several periods for each action and obviously, different types of action. When confronted with crisis situations and emergencies, drug donations are vital. First of all, they save lives at critical periods. Then, as Abdou Diouf has stated, they concretize international solidarity.

The end of this system - with the application of the European guideline for the end of humanitarian use of unused drugs - provides the opportunity to create new supply networks for developing countries. Once again, innovation and imagination must come into play. Leem, the French Pharmaceutical Companies Association, has already announced its determination to contribute to humanitarian efforts and intends to donate generic drugs worth 2-5 million Euros to various associations.

However, it is certain that we need to be vigilant as to the use of drug donations: all donations must undergo serious testing. What good is the medication if the patient does not use it correctly? Or if the donated drugs end up on the black market?
The breaches in drug testing, from manufacturing to distribution, destabilize all countries. Internet for example allows the acquisition of medication without a prescription and with no guarantees of their origins. In poor countries, the lack of means and information encourages illegal distribution networks such as street vending. The World Health Organization estimates that 200 000 lives could be saved each year if all the medication taken was of good quality and correctly prescribed. So, yes to drug donations but with the accompanying requirement for tracking their final destination and use.

Drug donations are not a long term solution. In this perspective, training and informing both health officials and the general population is an absolute necessity. This is why the Fondation Chirac is invested in access to quality drugs and emphasizes the entire health chain: information, prevention, accessibility, training caregivers, detecting counterfeit drugs…. Assuring each and everyone the means to get well is not limited to giving access to medication.

The Fondation Chirac therefore supports state efforts in Benin and its partnership with the Pierre Fabre foundation. For the past 15 years, this country has restructured its health system through training pharmacists, information campaigns for health workers and the general population, and through the reorganization and modernization of its testing facilities (the Central Purchasing Center for essential medication or the Drugs Quality control Unit).

Finally, the fact that unused medication disappears is perhaps not as dangerous as we may fear for very often, this medication does not correspond to the needs of the country where they have been delivered.

Fondation Chirac fondationchirac

Date : 17 mars 2009, 10:18

Il est certain que donner directement des médicaments ne doit pas nous détourner de l'objectif majeur : celui de l'autonomie que chaque pays doit acquérir en matière de santé. Néanmoins, pour répondre à Joyce, le don de médicaments ne revient pas à faire de l'Afrique le dépotoir de l'Europe. Donner un produit encore utile et qui peut sauver des vies n'a rien à voir avec se débarrasser d'un produit usagé.

En réalité, il ne faut pas oublier qu'il y a plusieurs temps dans l'action et, bien évidemment, plusieurs types d'action. Face à des situations de crise et d'urgence, les dons de médicaments sont essentiels. D'abord parce qu'ils sauvent des vie à un moment crucial. Ensuite, parce que, comme le dit Abdou Diouf, ils permettent de concrétiser la solidarité internationale.

La fin de ce système - en application d'une directive européenne sur la fin de l'utilisation humanitaire des médicaments non utilisés - offre l'opportunité de créer de nouveaux réseaux d'approvisionnement pour les pays en développement. Une fois encore l'innovation et l'imagination doivent être au rendez-vous. Le Leem, syndicat français des laboratoires pharmaceutiques, a d'ailleurs déjà annoncé sa volonté de contribuer à l'action humanitaire et entend donner des génériques à hauteur de 2 à 5 millions d'euros aux associations.

Toutefois, il est certain que la vigilance s'impose sur l'utilisation des dons de médicaments : le don ne peut se passer d'un contrôle sérieux. Quelle est l'utilité d'un médicament si le patient l'utilise à mauvais escient ? Ou si les médicaments donnés alimentent le marché illicite ?
Les failles dans le contrôle des médicaments, de leur fabrication à leur distribution, déstabilisent tous les pays. Internet par exemple permet de se fournir en médicaments sans ordonnance et sans aucune sécurité sur leur origine. Dans les pays pauvres, le manque de moyens et d'information nourrit des circuits illégaux de distribution, comme ceux de la vente dans la rue. L'Organisation Mondiale de la Santé estime que 200 000 vies pourraient être sauvées chaque année si tous les médicaments utilisés étaient de bonne qualité et correctement prescrits. Donc, oui aux dons de médicaments, mais avec l'exigence de suivre leur destination et leur utilisation.

Sur le long terme, le don de médicaments ne peut être une solution. Dans cette perspective, la formation et l'information des responsables de la santé comme des populations est incontournable. C'est pourquoi la fondation Chirac s'investit dans l'accès à des médicaments de qualité et met l'accent sur l'ensemble de la chaîne de la santé : information, prévention, accessibilité, formation des personnels soignants, détection des contrefaçons… Assurer à tous les moyens de se soigner ne se limite pas à donner accès aux médicaments.

Ainsi la fondation Chirac soutient-elle au Bénin l'action de l'Etat, en partenariat avec la fondation Pierre Fabre. Depuis une quinzaine d'années, ce pays restructure son système de santé par la formation des pharmaciens, par des campagnes d'informations auprès du personnel médical et de la population et par la réorganisation et la modernisation de ses outils de contrôle (Centrale d'achat des Médicaments Essentiels ou Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments).

Enfin, la disparition des médicaments non utilisés aura peut-être moins de conséquences qu'on ne le craint auprès des pays qui en bénéficiaient : en effet, bien souvent ces médicaments ne correspondent pas aux besoins des pays qui les recevaient.

POCHET JEAN-CLAUDE

Date : 18 février 2009, 07:11

Monsieur Abdou Diouf
J'apprécie toujours la pertinence de vos propos.
J'aimerais connaître votre sentiment sur le projet suivant:

MARCHE MONDIALE POUR LA PAIX ET LA NON-VIOLENCE

La Marche Mondiale pour la Paix et la non-violence parcourra le monde entier. Elle débutera le 2 octobre 2009, à l'occasion du 140ème anniversaire de la naissance de Gandhi et se terminera le 2 janvier 2010. Elle traversera 90 pays dont la France, courant novembre.
Je vous indique deux liens :
Le premier correspond au site français :
http://www.marchemondiale.fr/

Le deuxième correspond au site international, en langue française : http://www.marchamundial.org/fr

Avec mon amitié et mon respect
Jean-Claude POCHET

Abdou DIOUF Abdou Diouf

Date : 17 février 2009, 11:18

Au vu de ces deux commentaires et d'autres remarques reçues par ailleurs, il faut préciser les choses.
Il ne s'agit en aucun cas de transformer l'Afrique en dépotoir des produits usés du monde développé. J'ai clairement conscience qu'il se produit déjà trop de choses scandaleuses en la matière.
Mais nous vivons aussi une période où il s'agit de de renforcer la solidarité concrète entre les hommes, de trouver de nouveaux mode de consommation et de production et de limiter l'empreinte écologique de chacun.
Ne pas jeter sans faire attention, se soucier du potentiel des biens dont on n'a personnellement plus besoin, chercher comment recycler utilement ces biens, tout cela représente, pour les habitants des pays développés, un effort réel et un travail sur soi pour changer de point de vue et de comportement.
Des réglementations, inspirées par un souci légitime de sécurité et de standardisation, mais trop restrictives, peuvent faire perdre le sentiment de la responsabilité personnelle et réduire l'incitation à adopter un comportement mieux réfléchi.
C'est pourquoi il faut trouver un équilibre entre des réglementations protectrices, mais déresponsabilisantes, et des formes de solidarité insuffisamment informées et orientées.
La mise en place d'outils visant à mieux gérer les biens recyclables permettrait également à un nombre croissant de personnes de comprendre ce que sont en pratique les processus de normalisation, comment ceux-ci influent sur la vie de chacun et comment il doit être possible à tous de devenir acteur et non simplement sujet de ces processus.

Joyce

Date : 09 février 2009, 18:02

Here is an argument that also raises the issue of pharmaceutical holdings unwilling to share their patents with developing countries, that would precisely enable them to be a little less dependent on the wealthiest Nations, as well as it would be a real evidence of the solidarity between countries.
The Doha round has already tried to evoke these issues but we all know how unsuccessful that turned out, for the Nations have too many opposite interests, and the poorest are always the one to suffer from it.
According to me, thoughtful as it might be, giving in drugs on their way to be out of date is a strong message being sent to these population: we are willing to give you what we don't need anymore. It's like somebody with a flu saying to a friend: I'm done with my tissue, you can have it now.
It is no sustainable solution, and it's also encouraging these population to get medecine wherever (since we are asking them to accept our old ones.), as long as they have it. Moreover, what about prescription? Appropriate dosage and use?
Such an initiative can not stand for empowered pharmacists, it is the actual price they are beinfg sold that needs to be lessened or more supported finacially by the countries of the North, until the latter equip themselves with the necessary knowledge and financial means to get or make their own drugs.

Che Thuy Nhu

Date : 06 février 2009, 11:11

I agree with you that the goods with good quality are very important for HEALTH .
We need to use the tools for measurement the quality of goods and medicine .
In Vietnam we are facing the standards for foods , goods and medicine .
Countefering medicine is so much in markets in Vietnam .Reasons from 2 sides : one side because weak control from government and corrouption .other side is knowledge of people : what is good ,what is not good is not clear .
Very duty ready foods are selling in Festivals of Lunar Tet days .
Cancer's patients increase every days
We try to over the situation
Thank you

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