Auteur : Achim Steiner
Date : 19 août 2008
Depuis quelques temps, on voit constamment à la télé des images des gratte-ciel de Pékin baignant dans un brouillard de pollution. Les journalistes étrangers équipés d'appareils détecteurs de pollution portatifs apparaissent aux coins des rues pour mesurer le niveau de suie et de poussières dans l'air. Tout le monde semble vouloir démontrer que l'air de Pékin sera le facteur déterminant qui va ternir l'un des événements sportifs les plus médiatisés de la planète
Pékin fait face à un défi de taille. Les préoccupations quant à la santé des athlètes sont justifiées, surtout en ce qui concerne les épreuves d'endurance telles que le cyclisme et le marathon. Mais toute cette agitation médiatique s'accompagne d'amnésie. La pollution de l'air était une préoccupation majeure à Los Angeles il y a 24 ans. Pourtant, presque tout le monde a oublié le moment dramatique de la fin du marathon féminin, lorsque épuisée par la chaleur et peut-être par la pollution, la concurrente suisse s'est mise à chanceler. La qualité de l'air a aussi posé problème lors des Jeux suivants, à Barcelone, Atlanta, Séoul et Athènes.
Aussi, la polémique autour des Jeux de Pékin mérite davantage de fair play.
Le BOCOG (le comité d'organisation de Pékin pour les Jeux), la ville dans son ensemble, le gouvernement et les six provinces concernées ont accompli des réalisations importantes et on l'espère durables. C'est d'autant plus remarquable que la ville connaît une croissance économique à deux chiffres et que les Jeux ont lieu dans un pays en développement, avec tous les problèmes sociaux, économiques, de santé publique et d'environnement que cela comporte.
Ainsi, depuis 7 ans, quelques 200 usines polluantes ont été fermées, ont été déplacées hors de la ville ou sont passées à une production moins polluante. Grâce à un investissement de 17 milliards de dollars, plus de 90% des eaux de la ville sont maintenant traitées, plus de la moitié de la ville est boisée et l'énergie vient maintenant à plus de 60% du gaz naturel, alors que ce taux était de 45% seulement en 2000.
Pékin compte maintenant huit lignes de métro couvrant 200 kilomètres qui transportent chaque jour prés de quatre millions de voyageurs, et 60 kilomètres de couloirs d'autobus. Les nouvelles normes d'émission de gaz d'échappement appliquées aux véhicules neufs sont équivalentes aux normes européennes les plus strictes et sont plus sévères qu'aux USA.
50 000 vieux taxis et 10 000 autobus ont été remplacés et 4000 nouveaux autobus roulent au gaz naturel, la plus grande flotte de ce type dans le monde. Parallèlement à un ensemble d'autres mesures, les autorités ont demandé il y a quelques jours aux entreprises d'échelonner les congés avant, pendant et après les Jeux, de manière à réduire le trafic.
Les autorités portent la plus grande attention au caractère écologique des lieux de compétition eux-mêmes et au village olympique dont l'eau est recyclée par l'usine de traitement des eaux usées de Qinghe pour servir aux systèmes de chauffage et de refroidissement. Le résultat : une diminution de 60% la consommation d'électricité.
Seul le temps dira si ces mesures vont permettre de ramener la pollution de l'air à un niveau acceptable. Le programme des Nations unies pour l'environnement en fera certainement un point central de son rapport après Jeux, qui complétera le premier rapport publié en 2007.
Pékin, qui se veut en pointe en matière d'écologie, adopte les normes environnementales qui jouent maintenant un rôle essentiel au sein du mouvement olympique moderne et sont de plus en plus fréquemment en vigueur lors d'autres événements sportifs importants, par exemple les "Green Goals" (Objectifs verts) des Coupes du monde 2006 et 2010 de la FIFA.
Ne sous-estimons pas la prise de conscience de l'opinion publique, la capacité de mettre en oeuvre des méthodes nouvelles et durables de gestion de l'environnement urbain et les bénéfices à long terme de l'utilisation de formes d'énergie, de moyens de transports et plus généralement d'infrastructures moins polluantes.
L'humanité est engagée dans une course de vitesse en direction d'une "économie verte" pour répondre au changement du climat et aux atteintes à l'écosystème indispensable à la vie. Le rôle de catalyseur et d'inspiration d'événements tels que les Jeux olympiques doit être encore accru pour nous aider à ne pas succomber sous le poids de la dégradation rapide de l'environnement.
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Date : 05 janvier 2009, 11:11
Le premier essai d'un avion volant au jatropha (Commentaire)
Cette nouvelle datée du 30 décembre réjouit Rob Fyfe le chef de la direction de la compagnie Air Neew Zealand . En effet, c'est la première fois qu'un avion qui vole avec un mélange de kérosène et d'huile de jatropha. Ces essais vont se poursuivre avec d'autres compagnies dès le début de l'année car il est prévu qu'en 2017 les avions devront voler avec 10% de carburants alternatifs. Une mesure qui n'est pas sans poser des problèmes d'approvisionnement en carburants durables. De ce fait le secteur aérien risque de peser lourd sur la demande en huile végétale.
L'année passée, les cours du pétrole battant tous les records avait déclanché un engouement pour les agrocarburants et tous les pays du sud se portaient volontaires pour créer des plantations. Et les investisseurs des pays du nord se sont précipités pour investir dans ce secteur.
Face à l'arrivée des prédateurs d'espaces pour la culture des agrocarburants ( palmier à huile et jatropha curcas ) nous devons faire preuve d'imagination et transformer le problème en une solution pour restaurer l'environnement de nombreux pays du sud .
Loin de nous opposer au stratégie de la main mise sur les terres du Sud pour la culture des agrocarburants avec des contrats très avantageux pour leurs promoteurs. Nous voudrions suggérer quelques propositions intéressantes pour les pays qui accueillent ces promoteurs et pour santé de notre planète.
Le PNUE (Organisation des Nations Unies pour l'Environnement) ne pourrait-elle pas organiser à Nairobi une grande rencontre avec les grands investisseurs en agrocarburants pour réfléchir à des modèles innovants en matière de création de plantations d'agrocarburants tout en restaurant les écosystèmes des lieux où ils veulent les implanter. Nous évoquons ici deux espèces qui aujourd'hui, ont le vent en poupe : le jatropha curcas et le palmier à huile.
Il ne serait pas raisonnable de reproduire à l'identique les dévastations de l'environnement de la période coloniale avec la suppression de surfaces importantes de forêts pour la culture du café et du cacao encore actuellement du soja ou celles des savanes pour la production du coton et de l'arachide.
Les cicatrices de ces blessures sur ces terroirs perdurent avec des retentissements incalculables sur le climat et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants de ces pays.
Nous pensons qu'il est encore temps de réunir les responsables de ces grands groupes afin les mettre en face de leurs responsabilités et de les inviter à inventer un futur dont ils pourront être fiers. Les modèles de grandes plantations de milliers d'hectares de jatrophas curcas ou de palmiers à huile ne sont pas respectueux de l'environnement, de la biodiversité et encore moins des hommes qui devront y vivre et y travailler.
Ne pourrait-on pas créer des plantations fonctionnelles, en aménageant les espaces pour restaurer les sols, conserver l'eau, ou le palmier pourrait vivre en symbiose avec les autres arbres et plantes de son biotope. Recréer des forêts viables productives et agréables à vivre voici un challenge que devrait se donner les promoteurs de ces programmes de production d'agrocarburants.
Les paysans de ces régions devraient être les premiers concernés par cette proposition et nous pensons que la sagesse des vieux pourrait être mise à contribution pour inventer l'avenir en s'appuyant sur le passé.
Sur les espaces arides que veulent aussi investir les promoteurs de plantations de jatropha curcas, la démarche devrait être la même. Ceci afin de reconquérir et restaurer des terres qui aujourd'hui sont devenues marginales. Les plantations de jatropha curcas en haies vives et courbes de niveaux avec des espaces réservés à l'élevage, à l'agriculture et à la régénération naturelle d'espèces en voie de disparition permettraient la reconstitution des écosystèmes de régions entières des pays du sud.
Les investisseurs devraient être conscients des enjeux environnementaux à long terme pour les pays d'accueil de leurs projets et aussi pour la santé de notre planète.
Cette proposition est une bouteille à la mer. En espérant qu'elle arrive dans les mains des personnes responsables et que fort de ces propositions elles puisent prendre les bonnes décisions en faveur des hommes et de la biodiversité.
Nous savions déjà que la femme est l'avenir de l'homme et nous pourrions certainement à jouter que l'arbre est l'avenir de la Terre. Alors plantons des jatrophas, des palmiers à huile et avec eux beaucoup d'arbres.
Jean Yves CLAVREUL
Jean-Yves CLAVREUL
2 Rue du Garage
14 460 Colombelles
France
Tél 00 33 (0) 2 31 34 99 26
Courriel jean-yves.clavreul@wanadoo.fr
FUDAN [Guest Commentator - Commentateur Invité]
Date : 09 septembre 2008, 03:08
Dear Mr. Steiner,
I agree with you. I can feel from your remarks your understanding of the Chinese efforts and your sense of mission.
I think the Beijing Olympics has set an example for beneficial interactions between China and international institutions. By linking the environmental situation to China's national image, the event became an opportunity to encourage the Chinese government to take environment-improving measures. This has proved to be effective. It also has implications for other international organizations besides the International Olympic Committee.
Beijing is only a small part of China. It has benefited from its status as China's showcase and the large amount of investment from the central government. Given the large population, China as a whole looks more concerned about employment than about environment. Over 24 millions new jobs need to be created every year to meet the demands of a growing labor force and the economic transition. The economic growth can only meet half of the demand for new jobs. Given the level of education of its labor force, China has not many choices but to try to become the largest factory in the world, if not the "factory of the world." This is the basic constraint on China's efforts to improve its environment. If our world is a house, it will take us much more efforts to clean the kitchen than the living room. I believe this is also a challenge for many developing countries like China.
-Chengqiu Wu from SIRPA
Date : 03 septembre 2008, 10:44
Dear Achim,
Welcome to our blogger community! I am delighted that you are taking part to our exchanges. Debates will be all the richer. This first post is very interesting. Yes indeed, with an eye to the Olympics Games, China initiated significant changes, including environmental changes. We need to keep on working along with this great country in its development. Hopefully eyes attracted by the Olympics won't turn away too quickly.
Hoping reading you and exchange soon!
Date : 26 août 2008, 06:40
I agree that we have to pay attention to the air pollution .
It seem increasing every day .
Hanoi have 4 times poluted than standard allow .
People don't understand the value of green tree, forest for environment .They cut up the tree ( even tree has hundres years ), they destroy the forest, they cry for flood .
When I was a child , we learned about value of tree and how to growth it .But now it seem very few teachers teach children about this value .
We don't know how to stop them cut the trees on the streets.They cut the tree , sell the wood and share money ...
Date : 25 août 2008, 18:33
Dear Mr. Steiner,
I found your piece excellent, and very much agree with the thrust of its argument: China has done a lot over the past years for Beijing to be part of the "Green Team" in this summer of 2008. These efforts cost millions to a nation still struggling on the path of economic development; it shows how powerful incentives such as hosting the Olympics (and thus being at the centre of world attention) can be. Moreover, the Chinese government seems to have realized that its efforts should go beyond the Olympics and the capital. All of this is rather good news.
But as you suggest, the fight against climate change is a race, and I am not convinced that the international community as a whole has quite picked up the speed it would need to win it.
The Green Team just won't be able to do without India, China, Indonesia, Brazil and central African countries. In the difficult negotiations ahead on the post-Kyoto mechanism, we will need a clever set of incentives to convince developing nations to joing the race, fast. What are, according to your experience, the most efficient incentives the international community could develop for all of the major stakeholders to be onboard? Should these be economic, technological, political, symbolic? Summer Olympics only happen every 4 years... will we have to wait for them to be hosted by New Delhi, Brazilia, Jakarta, Brazzaville?
Date : 22 août 2008, 18:12
Su artículo es muy interesante. Cada día recibimos un montón de noticias sobre los Juegos de Beijing, pero su punto de vista es verdaderamente diferente. Con respecto a las preocupaciones medioambientales es cierto que se han realizado unos progresos, pero aún queda mucho por hacer. Los daños ecológicos no se detienen a ningunas fronteras. China es un inmenso país, entonces los progresos realizados en Beijing no deben ocultar los problemas existentes en el resto del país.
Tanto los países ricos como los grandes países en desarrollo deben hacer grandes esfuerzos para buscar soluciones. Debemos reflexionar y actuar junto con los países pobres para solucionar un problema que involucra toda la humanidad.
Date : 19 août 2008, 19:32
Je trouve totalement hallucinant que l'on puisse écrire cet article sur ce blog. Quelle est l'origine des données ? Le gouvernement chinois? Quand on parle de 90% de eaux de ville traitées, cela prend il en compte les centaines de quartiers sans système d'évacuation... Oui il y a des initiatives encourageantes en Chine mais il ne faut pas s'aveugler avec une ville nouvelle écologique de 300 000 habitants dans un pays qui compte des dizaines de villes nouvelles de plus d'un million d'habitants.
Non, il ne faut pas oublier la pollution de Los Angeles en 84, non, il ne faut pas oublier que les pays dit développés n'ont pas été de bons élèves dans le passé (et dans le présent) mais non, il ne faut pas applaudir les autorités de Pékin pour les travaux accomplis en matière de lutte contre la pollution.
La lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de nos écosystèmes
doit se poursuivre sans hypocrisie et sans naïveté.








