Auteur : Jean-Michel Severino
Date : 06 mai 2008
J'ai eu envie d'écrire ces quelques lignes en sortant d'un de nos Conseils d'administration consacré, entre autres, à un nouvel apport très important en faveur d'une grande institution de microcrédit au Maroc, pays d'élection de cet instrument. Je suis depuis longtemps un fervent défenseur de la microfinance. Et je suis particulièrement fier et heureux de l'ampleur de l'accroissement des investissements que ma maison, l'AFD, a pu faire ces 20 dernières années dans le secteur : à travers 60 projets et environ 300 millions d'euros d'investissements, ce sont plus d'un million et demi de personnes que nous avons appuyées dans leur stratégie de sortie de la pauvreté. Nous voulons aujourd'hui faire encore plus, et nous y avons été encouragés par le CGAP, qui a fait une évaluation très positive de cet engagement. Tout ceci représente à mes yeux un formidable rempart contre l'exclusion, permettant un accès au crédit pour les populations qui sont traditionnellement exclues des systèmes financiers. Un grand hommage doit être rendu aux pionniers de cette approche révolutionnaire.
La microfinance a d'excellentes raisons : permettre d'échapper au cercle vicieux de l'usure, favoriser l'émancipation des femmes, pallier certaines défaillances des banques traditionnelles, fournir un filet de sécurité financier pour ceux qui souhaitent investir. Elle répond donc à un véritable besoin pour ses 130 millions de bénéficiaires dans le monde. Elle est par ailleurs la matrice d'un concept plus global, et également prometteur, celui du « bottom of the pyramid » : l'enjeu du « marché des plus pauvres ». Et surtout elle renverse un certain nombre d'idées reçues. Elle a ainsi démontré aux plus sceptiques que les pauvres avaient, parfois plus que les riches, la capacité de rembourser leurs emprunts. Et elle témoigne, notamment à travers le principe de la caution solidaire, du fait qu'un système financier peut reposer sur du lien social.
Mais ces considérations favorables sur les objectifs ne nous dispensent pas d'une analyse critique sur les impacts. Il est à mon sens l'heure d'un premier bilan sur la microfinance. C'est un sujet critique pour l'AFD, compte-tenu de son investissement dans ce secteur, qui en fait l'un des plus grands acteurs du monde en ce domaine. Quels enseignements tirer de cette longue expérience?
L'histoire de l'aide au développement a été ponctuée de modes, qui font régner l'illusion de recettes magiques. Lorsque la mode retombe, nécessairement, la tendance devient alors de jeter le bébé avec l'eau du bain. Or clairement, la microfinance est à la mode. Va-t-elle subir elle aussi ce cycle d'engouement puis de délaissement ? L'intérêt médiatique des années 1990 sur le sujet ne s'est depuis jamais démenti. Nous avons assisté à une multiplication des acteurs impliqués et des outils proposés : en moyenne 25% d'emprunts supplémentaires chaque année. De jeunes financiers brillants y démarrent des carrières, et les fonds d'investissement des pays du Nord se pressent pour financer le secteur. On entend dire que la microfinance va définitivement régler le problème de la pauvreté urbaine, de l'enclavement des populations rurales, et qu'elle va révéler en chacun la fibre entrepreneuriale. Elle permettrait même de contribuer à la paix : le choix de consacrer le prix Nobel de la Paix au Pr. Yunus, qui a donné une formidable visibilité au secteur, pourrait être ainsi interprété.
Peut-on réellement attribuer l'ensemble de ces mérites à la microfinance ? Il faut sans doute remettre cet outil à sa juste place : celle d'un instrument qui réduit efficacement la vulnérabilité financière mais qui ne peut à lui seul éradiquer la pauvreté, et dont l'emploi est parfois plus social que productif. Elle permet de soutenir la créativité et l'initiative des pauvres, et notamment des femmes, mais elle ne peut ni créer les conditions de cette initiative, ni fournir des opportunités d'investissement quand elles n'existent pas, ni à elle seule lever les immenses obstacles physiques, politiques et culturels que rencontrent souvent les pays en développement dans leur quête pour plus de prospérité. Si, comme le plaide le Pr. Yunus, elle peut contribuer à changer les structures du capitalisme, elle ne remplacera cependant pas les investissements dans des secteurs comme l'éducation ou la santé. Elle doit donc s'insérer dans une politique publique globale de développement de la finance, des services, des infrastructures, et plus largement de fourniture d'opportunités aux plus pauvres.
Entendons-nous : notre souci est bien d'éviter que la microfinance ne soit victime de son propre succès. En effet, survaloriser l'impact de la microfinance pourrait conduire à perdre de vue ses bénéfices réels. La mesure précise de ces résultats est donc essentielle : c'est pour cette raison que mon agence mène actuellement, dans les zones rurales isolées du Maroc, une évaluation des impacts économiques et sociaux produits par les programmes de microfinance que nous soutenons.
Cette approche équilibrée est donc aussi la condition du développement futur de la microfinance. Car malgré ses succès, le secteur n'a sans doute pas atteint la maturité. Et il demeure confronté à deux principaux défis.
Le premier est d'accroître la viabilité et la qualité des services financiers proposés afin d'augmenter leurs impacts sociaux. Ce qui nécessite une institutionnalisation et professionnalisation des institutions de microfinance. Dans un secteur plus complexe et multiple qu'on ne le dit souvent, il n'existe pas de système de gouvernance parfait, mais des adaptations aux différents contextes et cultures des pays concernés. Le développement qualitatif du secteur passera aussi par la promotion des systèmes bancaires locaux et la valorisation d'un environnement législatif et réglementaire adapté.
Le second défi est d'étendre ces services vers les plus pauvres et dans les régions les plus reculées, notamment les zones rurales. Cet objectif est rendu d'autant plus impératif compte-tenu de la crise alimentaire que traversent les pays en développement. Si l'on compare les 130 millions de bénéficiaires de la microfinance aux 3 milliards de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté dans le monde, il semble indispensable de favoriser un meilleur accès à ces services financiers, bref de les rendre plus « inclusifs ».
Déjà, de nouvelles potentialités intéressantes existent et se développent en parallèle, comme le « mobile banking » au Kenya ou en Afrique du Sud ou la micro-assurance (protection contre le risque climatique pour les agriculteurs, ou couverture santé pour les plus démunis). Mais toute nouvelle croissance devra être tournée vers la structuration et la régulation du secteur, avec des systèmes de contrôle et de garanties efficaces contre les risques. Les bailleurs se doivent d'assister les institutions de microfinance dans cette direction. Car la sécurisation et surtout la pérennité des structures de microfinance doit aujourd'hui être notre priorité. Il en va de notre responsabilité vis-à-vis de toutes celles et ceux qui ont placé leurs espoirs dans ce nouveau service.
Dès lors, la microfinance ne produit-t-elle que des micro-impacts ? Pas seulement, car le long cheminement du développement est justement constitué de l'accumulation de micro-changements à l'échelle de familles et de communautés. Mais tel serait le risque si la vision du développement se résumait à la seule promotion d'un instrument qui, aussi remarquable soit-t-il, ne peut, pas plus qu'un autre, constituer une baguette magique.
JMS
Lecture supplémentaire: La Revue Secteur privé et développement de PROPARCO de Septembre 2009 (Numéro 3) Quel équilibre entre soutenabilité financière et enjeux sociaux dans le secteur de la microfinance ?
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Date : 15 décembre 2009, 10:28
En effet, la microfinance s'adresse aux pop paupres mais pas pour les très pauvres; dans la mesure où ceux ci ne peuvent apporter de garantie pour avoir accès aux crédits.
Quelle solution pour cette limite de la microfinance?
Abdoulaye POUDIOUGOU
GESFINANCE MALI
Date : 06 septembre 2009, 04:48
MICRO FINANCE IS A 5.5 BILLION OPPORTUNITY:
Out of the total world population of 6.8 billion, 5.5 are estimated to be poor . As micro finance target the upliftment of the less privilaged, it is a 5.5 billion opportunity. Several Micro Finance Institutions (MFI) have cropped up particularly in 3rd world countries to take advantage of this multi billion opportunity.
Though several funding agencies, including world bank is actively supporting these MFI, no effort is being made to regulate the activities of MFI. Several monetary regulators of the world have not fixed any specific regulatory stipulations for their functioning, with the result that there are several opportunities that the purpose for which the funding is being made by international agencies, may not reach the really poor and that too with soft interest rates.
Its time for global financial regulator like BIS ( Bank for international settlement) to come forward with regulatory requirements for MFIs, the world over to ensure that the less privilaged are not subjected to exploitation, especially as regards the Rate of Interest Charged on micro-finance.
Date : 04 juillet 2009, 20:11
amigo mio, lamento decirle que las micro finanzas al menos en México carecen de ese carácter liberador del que habla su articulo. la realidad para mi país vivida demasiado de cerca por una servidora es que los recursos sacados por cuenta gotas resultan más costosos que los créditos regulares. Veamos-lo así, un potentado saca dos millones de pesos a crédito en mi país y paga en un año dos millones doscientos mil pesos, mientras que un pobre de la periferia pide un microcredito de micro negocios y saca treinta mil pesos como máximo lo regular son tres mil y paga entre tres y cuatro veces el valor, en un año, esto es por tres mil pesos pagará aproximada mente 12000 es catastrófico pero es el motivo para que aquí no funcionen los microcreditos, los concedidos por el gobierno federal son menos onerosos cobran un 25% anual pero tienen una devilidad, piden hasta el acta de defunción del perro para otorgarlos lo que debilita las verdaderas intenciones de emprendimiento. a esto aunado que al momento de solicitarlo quedas dado de alta en el servicio tributario y pagas entre un 20 y un 42% de tu ingreso en diferentes tipos de impuesto, por lo que a mi respecta queda uno curado de espanto, eso de los negocios con microcreditos no es muy útil a la mexicana.
Date : 23 juin 2009, 23:05
Je suis particulierement flaté des réalisations que votre Agence a pu effectuer dans ce secteur qu'est la microfinance au Maroc.
Le cas du Maroc ne pourrait se traduire dans tous les Pays en developpement, car il existe dans d'autres cieux des legislations ne facilitant pas l'activité; vous avez ci dessus mentionné les bien faits de cette activité qui exclu automatiquement l'usure.
Chez moi par exemple au CAMEROUN les structures de Microfinances n'ont pas le vent en poope; pour des raisons que leur financements s'adressent au secteur Informel dont moins de garanti de remboursement.
Votre experience et exemple effectué au Maroc pourrait nous aider à voir plus clair dans l'execution de cette activité dans notre commune , qui compte croyez-moi 88% de sa population constituée de Femmes et de Jeunes.
Date : 11 juin 2009, 08:47
Sachant qu'il n'y a pas de frontiere pour arreter la pollution, des organisations terroristes ou des tsunami financiers, toute solution de developpement doit etre globale pour etre reellement efficace pour l'avenir. Nous sommes partis de plusieurs constatations dont aussi les precedentes, pour creer notre ONG internationale, de droits américains. Nous avons aussi constaté le manque de puissance d'organismes internationaux pour imposer des regles elementaires à certains pays. Sachant apres une longue carriere dans le business international que les decisions d'achat de grandes solutions sont plus souvent generees par les "influencers" du "decison maker" que par lui meme. Les statistiques de consommations au niveau mondial demontrent que les decisions d'achats sont a plus de 80 % generees par des femmes.
Et enfin nous avons decide de faire de l'humanitaire au niveau global plutot que de la charite d'urgence ou de nombreux organismes super competents et super efficaces existent deja.
Le seul objectif de notre ONG, depuis sa creation en 2002 est de participer a donner a nos enfants plus de chance de vivre sur une planete plus sure et plus saine que celle prevue par les plus grands experts mondiaux (B. Obama annoncait pendant sa campagne que sa principale motivation etait de travailler pour permettre a nos enfants de mieux vivre a l'avenir qu'actuellement)
C'est donc pour cela que le moto de notre ONG est " The Global Soft Power of Change" cad nous faisons confiance aux femmes "role model" du monde entier pour influencer les "leader" de leur communauté.
Si le lecteur de ce bref texte est interesse par notre solution, n'hesitez pas a m'ecrire
gerard.stein@eve-olution.org
Une de nos specificites est que nous sommes tous des benevoles, nous sommes Global Member de l'UN Global Compact et aussi du Globe-Women..
Date : 27 janvier 2009, 17:38
It will be interesting to know more about the percentage of men and women in the micro credit business and this by countries if possible.
Following solme investigations I have done on site, we understood that micro credit is not enough, they need to be coach in order to understand what to product, how to sell, to whom to sell, etc...
Date : 19 janvier 2009, 13:44
L'intervention de J.M. Sévérino m'interpelle à plusieurs niveaux et j'aimerais ajouter un petit commentaire et une voix aux précédentes.
En tant qu'adhérente d'une association de co-développement avec le Mali, et responsable du dossier genre & développement, je me permets d'ajouter:
Oui, les femmes sont majoritairement représentées dans la demande et l'attributions des micro-crédits (G.E. Stein).
Oui, les banques commerciales devraient avoir un esprit plus solidaire dans les conditions d'ouverture à ses services (H. de Beaumont).
Oui, il est préférable de proposer un micro-crédit à titre collectif qu'individuel (Hamon Michel).
Oui, le micro-crédit n'est qu'un pis aller à la lutte contre la précarité et la pauvreté (L.Mimpiya).
Cependant, le micro-crédit est très utile, surtout en zone rurale. Toutefois, nous considérons dans notre association, que pour aborder cette étape il faut commencer par alphabétiser les femmes, les filles, puisque ce sont elles qui le réclament davantage et très souvent pour une création d'activité. Cela leur confère l'autonomie dans la gestion de leur activité, leur auto-financement et surtout la possibilité de se saisir de la parole au cours des réunions de conseils locaux. En deux mots, l'alphabétisation leur confére une visibilité économique, politique et citoyenne. L'accès au micro-crédit n'en sera que facilité, au même titre que l'accès aux services des banques commerciales. L'alphabétisation ayant toujours pour objectif l'autonomie citoyenne, les femmes sont mieux outillées pour argumenter, pour exposer une demande, se faire comprendre et négocier. Et soutenir leur famille; sans oublier qu'un certain nombre de femmes sont "chefe de famille".
Qui parle de micro-crédit ne doit pas écarter l'alphabétisation.
Merci.
Date : 09 octobre 2008, 15:16
une petite idée pour participer à l' aide au développement:
On reproche à nombreuses de ces petites ou grandes associations humanitaires qui finalement maintiennent les pays que l'on veut aider dans l'assistanat (c'est ce que l'on reproche parfois aux associations qui par exemple financent et envoient des experts étrangers pour construire des puits dans un village ou autre projets...au lieu de former la population locale et la faire participer aux actions de développement de leur pays.
Existe t-il des associations qui fonctionnent également sur le système de dons mais qui utiliseraient ces dons pour aider les personnes dans ces pays à réaliser leur projet utile au développement du pays??
Cela pourrait aider les mêmes types de personnes que celles qui ont recours à la microfinance, à la différence qu'ils n'auraient pas à rembourser de prêt..
cela existe t-il déjà et si non cela vous paraitrait-il possible?
Date : 10 juillet 2008, 18:46
il faut noter cependant que les institutions de microfinance tendent de plus en plus devenir comme les banques classiques; en effet les garanties demandées isolent de plus en plus les démunies.
Date : 03 juin 2008, 19:10
L'écrit de M. JMS est fort intéressant, comme l'ont signalé mes prédecesseurs. Je voudrais là y ajouter une contribution.
Il est effectivement établi que la microfinance n'est pas un phénomène de mode ni la panacée pour bouster le développement des pays à faibles revenus.
A mon avis, la forme des institutions de microfinance joue un rôle important. Quelle est la forme prédominante? C'est la forme mutualiste ou coopérative. Cette forme ne dispose pas d'une capacité endogène propre à générer les fonds propres.
Toutefois, on observe en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest l'émergence de société anonyme ou de SARL en microfinance. Ces sociétés vont certainement accroître l'offre de services financiers mais l'objectif de maximiser le profit est le plus évident. Les travers du système classique risquent d'apparaître de ce fait et freiner l'efficacité sociale et économique de la microfinance tant recherchée.
Date : 01 juin 2008, 14:13
Bonjour,
Avant de lancer notre Fondation Action, nous avions voulu mieux comprendre l'impact a terme de la strategie "microcredit".
Nous avons interwieve de nombreux responsables terrain et nous sommes arrives a ces 3 constats qui nous semblent importants;
- pour un gros pourcentqage c'est du credit a la consommation.
- pour un tres gros pourcentage, ce sont des femmes
- mais, a chaque fois on nous a dit qu'elles avaient surtout besoin de "coaching" pour les aider a exporter.
Notre action: augmenter la rentabilite economique des femmes entrepreneurs dans les pays emergents et en developpement.
Nous sommes une ONG internationale dont le siege est a NYC.
Date : 25 mai 2008, 10:35
I am not sure about the idilliac situation of the microfinance in Morocco. Indeed the strong development of the sector has been realized by four organisations out of eleven. The successful Associations lend to people in urban areas; agriculture is neglected; they do lend at very high interest and "pour cause", because the Associations havent' their own resources and have to borrow at 7.5% from a newly established funding agency; there is a diaspora between the big four and the others Associations, which main problem is governance.
Above is in some way to balance the successful story of the microfinance in Morocco.
Date : 22 mai 2008, 16:39
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre analyse de l'outil micro finance qui effectivement représente un formidable levier pour accompagner la sortie de la pauvreté au Nord comme au Sud.
Cependant, comme tout dispositif, il a ses limites et je voudrai mettre en exergue la problématique de ces petites entreprises productives qui sortant "par le haut" du dispositif micro crédit sont encore dans l'incapacité d'accéder aux guichets des banques commerciales ; il s'agit du champ de la "mésofinance" pour lequel beaucoup d'études sont entreprises mais encore trop peu de dispositifs sont effectivement opérationnels dans ce domaine ; la solidarité internationale doit s' y investir en s'appuyant notamment sur la dynamique de la finance solidaire dans nos pays au "Nord" ; c'est dans cet esprit qu'avec GARRIGUE, nous mettons en oeuvre le "fonds Afrique" qui investit en fonds propres et en quasi fonds propres dans des très petites et petites entreprises africaines.
Date : 22 mai 2008, 13:08
Par rapport à une expérience à Madagascar, je pense que le micro-crédit est avant tout l'un des moyens permettant le développement d'une région où plus modestement d'un quartier. Déjà distribuer de l'argent en octroyant un micro-crédit est tout à fait insuisant, il faut prévoir avant l'octroi la formation des bénéficiaires. Je renvoie pour plus de précision sur ce point à notre site "DIEGO-DEVELOPPEMENT"
Ensuite il faut au minimum 2 autres actions pour permettre le développement d'un quartier : scolariser les enfants pour les sortir du niveau d'analphébétisme (il faut pour cela l'intégralité du cycle de l'école primaire), et créer un marché localement. Sinon pas de marché, pas de commerce, donc l'outil de travail financé par le micro-crédit ne pourra pas être utilisé. L'achat d'une amchine à coudre n'a de sens que si les vêtements fabriqués peuvent être vendus.
Je veux aussi préciser que le micro-crédit doit avoir pour bénéficiaire un groupe de personnes solidaires et non un individu. Cet aspect me semble insufisamment étudié. Pourquoi ? Parce le groupe aura une attitude infiniment plus dynamique pour la mise en commun des sommes et sera tenu solidarairement pour les remboursements. On créé ainsi un vétritable contrat de mini société et un effort commun, qui sont des moteurs de la croissance. Et l'impact de réussite est décisif dans un quartier.
Date : 22 mai 2008, 12:16
Le temps de dresser un bilan de l'impact de la microfinance? Peut-étre aussi difficile que le bilan des plans d'ajustements structurels de l'époque! Et puis impact, c'est bien compliqué à démontrer. Mais c'est effectivement nécessaire pour avoir des outils afin de piloter l'activité. Je ne pense pas que le mouvement s'essoufle. Une panacée certainement pas. Un avenir? Surtout pour ceux qui en bénéficie.
Date : 21 mai 2008, 17:29
J'ai lu l'article de Jean Michel SEVERINO sur l'impact de la microfinance avec une grande satisfaction. Son point de vue est juste. Je l'expérimente depuis quelques années à la direction du département microfinance d'une banque commerciale. Ce ne sont pas les micros crédits que nous accordons à nos clients qui peuvent avoir un impact significatif et surtout durable sur leur situation de précarité et de pauvreté. C'est plutôt un programme d'ensemble qui vise toutes les causes à l'origine de la pauvreté qui seul peut donner des résultats significatifs.
Ses réflexions vont dans le sens d'un article que je viens d'envoyer pour publication à la revue CONGO AFRIQUE qui parâit à Kinshasa. Je m'en réjouis.
J'apprécie d'autant plus son point de vue qu'il appartient à une institution qui soutient le développement de la microfinance à travers le monde. La crainte de la plupart d'entre nous est que les bailleurs de fonds s'engoufrent dans l'appui de la microfinance au détriment des autres secteurs qui ont, peut être, plus que la microfinance besoin d'aide.
J'en profite pour vous féliciter pour la qualité de votre blog. Il est très intéressant et surtout très utile aux chercheurs comme aux praticiens de tous les secteurs que vous abordez.
Date : 20 mai 2008, 11:21
Voilà bien que l'on s'intéresse à la précision dans la mesure des impacts de la microfinance.
Mais nous devons équilibré les investissements dans le secteur de la microfinance c'est-à-dire d'une part dans la recherche et d'autre part dans l'accessibilité d'un plus grand nombre aux finances.
Combien on investi dans la formation et la recherche, combien de personne on forme comme de véritable microfinancier? je pense que nous devons véritablement chercher la précision dans la mesure d'une rentabilité sociale. Partons tout simplement que chaque être doit satisfaire ses cinq besoins fondamentaux sociaux (se nourir, se vertir, se loger, s'éduquer, se soigner).A côté du service financier pourquoi ne peut-on pas associer un service social?
L'approche des services intégrés aux produits financiers auraient pu donner à COMPORTAMOS une facette sociale.
Date : 10 mai 2008, 18:13
Microfinance is in effect, the solution to building a 3rd-world "middle class", but it cannot go beyond this mandate without outside assistance. First world banks are finally starting to participate in Microfinance. This is very good. The credit search space was missed by big banks because the administrative costs of the model only work when MIcrofinance employees are paid low wages; there was a difficulty in getting 1st world banking experts (such as M.Yunus) to train 3rd world prospective bankers.
In terms of foreign aid, I suppose the training of microfinance bankers, the type that go from town to town, door-to-door, could be accelerated. Perhaps they could use more cellphones. But the real key will be to take actions that increase the 3rd population suitable to form a microfinanced "middle class". Not everyone has the skills to become entrepreneurs. In the first world there are social nets and low-skilled jobs to soak up this population set, but in the 3rd world, there is a need for foreign aid to render the poorest of the poor, microfinance suitable. Perhaps foreign-aided small business skills training for farm labourers? IDK.
Date : 10 mai 2008, 05:17
Very interesting points. I read an article, although I cannot remember where, in which I have a recollection of Muhammad Yunus actually saying that if private banks started offering micro loans, that would be a success, as it showed that banks had developed a level of trust in the entrepreneurs. Has anyone heard this argument? or have any opinions on it?
I can see either side, as Chris outlined in his comment; I think I tend to agree with him, that I am somewhat more leery of the privatization of micro loans than I am of the benefits.
-Dan
Date : 07 mai 2008, 11:06
An evolution that frightens me in this microfinance 'trend' is that major private international banks are engaging in microfinance activities with purely profit-seeking objectives. Microfinance can be a very lucrative business.
Optimists will say that these actors' presence in the system may progressively reduce interest rates for the benefit of the poorest. But an alternative scenario is that they will start asking for the kind of rates of return that they expect of other sectors. The subprime crisis shows the kind of excesses major financial institutions can engage in if they are not properly regulated. As you say, we have a collective responsibility toward those whose lives depend on these credits. Let them not fall prey to the next financial crisis - unlike Citibank or UBS, they would not be able to recover.
Chris
Date : 07 mai 2008, 10:03
Votre synthèse est intéressante mais trop prudente. Surtout dans une chronique dont le tag est "évaluation". Les excès d'une partie très américanisée de la MF devraient vous permettre de prendre des positions plus fermes. Vous avez entendu parler de Compartamos, bien entendu. Cet énorme scandale devient encore pire quand on apprend que le CGAP a tenté de le justifier !
En outre, les mesures d'impact ne suffisent pas à définir la bonne évaluation. Je me permets d'attirer votre attention sur la prochaine réunion des équipes qui travaillent sur les performances sociales : 17 juin et la suite au... CGAP ! (banque mondiale à Pais) Qui, prudemment, est tout de même obligé d'y faire attention !
Date : 06 mai 2008, 17:57
Voilà qui nous montre que si la micro-finance n'est pas la solution à tous les problèmes du monde, c'est un excellent outil, qui fonctionne même à grande échelle (le chiffre du million et demi de personnes aidées est très intéressant).
Et puis surtout, la micro-finance est la meilleure réponse à apporter à l'argument "oui, le monde va mal, mais qu'est-ce que moi, simple individu, peut y faire?"








