Auteur : Jean-Michel Severino
Date : 18 mars 2010
Bonjour à tous,
Je voudrais partager avec vous un projet qui me tient tout particulièrement à cœur en cette année 2010 marquée par le cinquantenaire des indépendances africaines. Il prend la forme d’un essai intitulé Le temps de l’Afrique, que je viens de publier avec Olivier Ray aux éditions Odile Jacob.
Ce livre est né d’une stupéfaction et d’une rencontre.
La stupéfaction, c’est de s’apercevoir que nous ne comprenons pas l’Afrique, et que nous sommes aveugles au formidable jeu de forces qui l’animent.
L’arrivée de la Chine sur le continent est-elle une bonne ou mauvaise nouvelle pour ses habitants ? L’Afrique sub-saharienne est-elle trop ou trop peu peuplée ? Sera-t-elle en mesure de nourrir sa population en forte croissance ? Quels seront les effets du changement climatique au Sud du Sahara ? Doit-on s’attendre à la multiplication de guerres civiles et génocides de grande ampleur, comme celui qui a meurtri le Rwanda en 1994 ? Ou la tendance à l’apaisement engagée au tournant du siècle a-t-elle des chances de se poursuivre ? L’Afrique est-elle mûre pour la démocratie ? Faut-il craindre des vagues de migrants africains ? La croissance économique de ces dernières années est-elle au contraire appelée à durer, faisant de l’Afrique la prochaine puissance émergente ? L’Afrique a-t-elle sa place dans un monde multipolaire ?
D’innombrables ouvrages traitent de l’Afrique. Mais ils parlent d’une autre Afrique – celle de l’histoire. Nos clés de lecture sont aujourd’hui dépassées. Nous ne parvenons pas à déchiffrer les événements qui secouent le sous-continent et le transforment sous nos yeux. Deux Subsahariens sur trois ont moins de vingt-cinq ans. A l’opposé de nos sociétés européennes engourdies, le dynamisme démographique africain impose une cadence effrénée aux mutations du sous-continent. Il y avait seulement onze habitants par kilomètre carré en Côte d’Ivoire en 1960. Il y en a près de soixante dix aujourd’hui, et il y en aura cent dix en 2050. Si la France avait connu la même croissance démographique que la Côte d’Ivoire entre 1960 et 2005, elle compterait aujourd’hui deux cent cinquante millions d’habitants – dont soixante millions d’étrangers !

L’Afrique change donc précipitamment d’échelle et de cap. Compte tenu de la vitesse et de l’ampleur de la métamorphose en cours, nous devrions scruter la route plusieurs kilomètres en avant. Or nous regardons ce bolide africain s’élancer à toute allure… à travers un rétroviseur. Comment s’étonner que nous ne parvenions pas à penser sa trajectoire ? Le décalage est frappant entre le regard que nous portons sur l’Afrique, restée comme figée au siècle dernier, et ses réalités contemporaines.
Dans le contingent des aveugles, le peloton européen figure au premier rang. Au fil des débats publics, l’espace au Sud du Sahara est présenté comme une terre maudite, marginalisée, à l’écart de la mondialisation. L’Afrique est perçue comme un objet de compassion, qui appelle – au mieux – la charité. Au pire, l’endiguement. Ses habitants sont promis à un avenir funeste dont la solidarité internationale, telle une perfusion d’antalgiques, devrait atténuer les souffrances ou réduire les convulsions. La charité a été largement sous-traitée à des organisations humanitaires et philanthropiques ; l’endiguement confié aux organisations onusiennes et aux Etats africains eux-mêmes. Ce regard, qu’il se veuille charitable ou « lucide », n’est certes pas sans rapport avec les réalités d’une Afrique qui émerge péniblement de plusieurs décennies de crises. Mais il ignore les bouleversements à l’œuvre sur le continent. Sans surprise, ce sont les acteurs les plus « jeunes » de notre société mondiale – Chinois, Indiens, Brésiliens – qui saisissent les opportunités de cette aventure inouïe. Savons-nous que les économies africaines connaissent, depuis le tournant du XXIème siècle, une croissance économique annuelle bien supérieure à celles des Etats-Unis ou de l’Europe ?
L’époque n’est pourtant pas si lointaine où nous avions l’impression de « connaître » l’Afrique, où nos pays y décelaient des « intérêts ». Depuis la fin de la guerre froide cependant, l’Europe s’en est détournée : plombé par une histoire pesante et aveuglante, son grand voisin du Sud est tombé en bas de la pile de ses politiques publiques. En ce début de XXIème siècle, tandis que des acteurs émergents des relations internationales s’intéressent aux évolutions de l’Afrique et à leurs relations avec ce continent, l’Europe semble abdiquer. La société de la rive Nord de la Méditerranée, et en premier lieu ses acteurs économiques, lui tournent le dos. Elle n’a plus de pensée publique réfléchie, cohérente, prospective sur l’Afrique.
Il est maintenant temps de reconnaître l’Afrique.
Ce livre est une tentative de penser une matière complexe et mouvante, qui défie nos grilles de lecture traditionnelles. Cette pensée part du refus de se laisser piéger par les évidences du passé. Elle repose sur l’observation des changements qui se déroulent sous nos yeux. Elle s’arrime, enfin, aux quelques points de repère que nous avons dans l’avenir. Nous savons d’ores et déjà que la population du sous-continent doublera en l’espace de seulement quelques décennies. Nous savons aussi qu’elle sera alors majoritairement urbaine. Or la façon dont les Africains vivront, se déplaceront, se définiront et interagiront avec leur environnement déterminera la trajectoire de leurs sociétés – mais aussi des nôtres.
Il ne s’agit pas ici de prédire si l’Afrique de demain ira « bien » ou ira « mal », ni de déterminer qui il conviendra alors de louer ou de blâmer. Les pages qui suivent ne se situent pas dans les débats stériles entre « afro-optimistes » et « afro-pessimistes », qui ont longtemps monopolisé les discussions sur le sujet. Le moment est venu de penser les conséquences de ces mutations d’intensité sismique sur l’Afrique, sur ses voisins et sur le monde. Ce que nous percevons, en interrogeant le présent et l’avenir, est la réémergence stratégique de l’Afrique – dans les risques comme dans les opportunités qui y sont liés.
L’Afrique est complexe. Jamais, peut-être, ne l’a-t-elle autant été qu’à l’heure de sa métamorphose. Toute analyse prospective d’un sujet en mouvement est condamnée à livrer des diagnostics frustes et des prévisions erronées. Nous assumons ces imprécisions et ces erreurs, convaincus que la complexité ne doit pas paralyser la réflexion. Il importe d’être en phase avec ce moment de l’histoire auquel nous nous situons, sans quoi nous risquons le chaos à nos portes – qu’aucune perfusion humanitaire ne saurait endiguer. L’Afrique du milliard et demi d’habitants s’imposera rapidement dans la mondialisation. Faute de s’engager dans des politiques cohérentes et adaptées, nous risquons de la voir s’inviter brusquement dans nos politiques intérieures. Le grand chambardement africain implique des choix radicaux de politique publique.
Nous avons rencontré Ibrahim dans un taxi à Johannesburg. La route était longue et encombrée pour arriver au centre-ville depuis l’aéroport. Nous avons sympathisé avec ce chauffeur, un Malien d’une trentaine d’années. Interrogé sur les raisons de son immigration en Afrique du Sud, il nous a raconté son périple. Le départ de son village natal, dans le Nord-est du pays. Après plusieurs saisons de mauvaises pluies, les céréales s’étaient faites rares sur le marché. Les spéculateurs quadruplaient les prix à la saison de « soudure ». Son père avait beau être l’un des hommes les plus riches du village, les portions avaient tout de même commencé à diminuer pour Ibrahim et ses six frères et sœurs. Ibrahim avait refusé de partir, comme ses cousins, se battre aux côtés de la rébellion. Par manque de rage contre son gouvernement. « Que voulez-vous qu’il fasse, le gouvernement ? Il n’a pas un franc dans ses tiroirs, il n’est même pas capable de payer l’instituteur du village. » Le récit d’Ibrahim collait : le Mali traversait à cette époque les années noires des ajustements structurels, et prenait la crise du coton de plein fouet.
Alors Ibrahim a préféré partir. Commença pour lui une période d’errance à travers des grandes villes d’Afrique de l’Ouest. Il était à Abidjan quand la crise ivoirienne éclata. Il ne faisait pas bon y être étranger. Mais alors que la plupart de ses compagnons de route décidaient de se lancer dans le long périple en direction de Paris ou Londres, lui a préféré faire cap vers le Sud. On lui avait parlé de la nouvelle Afrique de Mandela, en plein décollage après l’Apartheid. Ce ne fut pas facile tout de suite : installé dans un Township, il traversa une nouvelle période de galère et de petits boulots. Voyant que nous regardions le petit chapelet qui pendait au rétroviseur, Ibrahim nous expliqua qu’il s’était converti. Une petite communauté évangéliste du township l’avait beaucoup aidé à son arrivée. Grâce à de l’argent emprunté à des fidèles et à une organisation caritative américaine, il a pu lancer son business. Il avait aujourd’hui cinq taxis à lui, reliés par un système radio dernier cri. Il prévoyait d’acheter un mini-van, pour relier les aéroports aux hôtels. « Comme les Chinois », qui ont aussi investi ce secteur. Encore quelques mois et il devrait pouvoir arrêter de conduire, pour se concentrer sur la gestion de son entreprise. Un petit bureau tout équipé l’attend. Et après ? Ibrahim a de grands projets. Il voudrait se marier et avoir des enfants. Mais d’abord changer de quartier : sa priorité est de sortir du township pour acheter un appartement en centre ville. Rentrer au pays ? Non : « mon pays c’est l’Afrique. Je suis chez moi ici. Et puis, business is good in South Africa. » Interrogé sur les violences anti-immigrés qui ont ensanglanté les townships à l’hiver 2008, il préféra changer de sujet.
Il nous est apparu que l’histoire d’Ibrahim était celle d’une Afrique en marche – tout sauf statique ou en marge du monde. Peut-être, aussi, de l’Afrique qui marche. L’histoire d’une grande migration, unique dans l’histoire de l’humanité. Ce livre s’attache à conter cette mutation africaine, riche d’opportunités et de défis d’un nouvel ordre. Une métamorphose qui marquera la planète dans son ensemble – et ne saurait laisser aucun de ses habitants indifférent.
J’espère que ces quelques réflexions vous donneront l’envie de découvrir ce livre, et de rejoindre les discussions sur l’Afrique au XXIe siècle qui accompagneront le cinquantenaire des indépendances africaines. Nous vous invitons chaleureusement à venir débattre des thèses avancées dans l’ouvrage, ou de partager votre vision de l’Afrique subsaharienne, des défis et des espoirs que suscitent sa métamorphose dans les colonnes d’ID4D et sur le forum du site www.letempsdelafrique.com.
Jean-Michel
Plus d'éléments sur ce thème :
- Conference au Collège de France: "L’Afrique milliardaire : défis et opportunités de la métamorphose africaine"
Cliquez ici pour voir les autres vidéos de la conférence
- Rencontre Fnac - Le Monde : "Afrique, le temps du rebond?" 27 Mai 2010
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Date : 20 septembre 2010, 04:06
Je ne peux qu'avoir envie d'acheter votre livre. Votre point de vue a le mérite d'être novateur. Je ne fais pas partie de ces gens qui voient le monde et notamment l'Afrique comme un territoire à se partager.
Ce que je veux dire par là c'est que: bien sûr j'abonde dans votre sens, et nous sommes très nombreux à respecter l'Afrique et les Africains. Aussi je ne pense pas être défaitiste mais réaliste en disant que ceux qui veulent utiliser l'Afrique pour leurs propres intérêts sont beaucoup plus nombreux et beaucoup plus motivés (par leur intérêt personnel) que nous.
Alors oui je vais acheter votre livre, et ne pensez pas que je veuille décourager les initiatives, mais je pense que ceux qui peuvent le plus pour l'Afrique ce sont les Africains eux mêmes.
La plupart des Africains qui seraient inspirés par ce que j'imagine être votre livre n'auront malheureusement pas les moyens le l'acheter. Quand à ceux qui l'achèteront, ils sont certainement déjà acquis à votre, devrais-je dire à notre cause.
Comme je l'ai dit, même si j'ai l'air défaitiste je n'essaie que d'être réaliste. Et il est vrai que le changement qu'attend l'Afrique dans les 50 prochaines années dépasse notre entendement.
Alors merci d'éclairer ma petite lanterne.
Date : 19 avril 2010, 16:13
Risques et opportunités
Jean-Michel Severino et Olivier Ray déploient toutes leurs verves littéraires et leurs expertises d’économistes du développement dans un livre regorgeant de données. Cet ouvrage pourrait s’intituler « Afrique : risques et opportunités » ; il n’est pas sans nous rappeler, en effet, les sommaires imposés des rapports des bailleurs de fonds. Reconnaissons cependant que peu de ces rapports citent Tolstoï et Malraux !
Ne boudons pas notre plaisir : un livre agréable à lire donc et tellement optimiste sur l’Afrique subsaharienne : enfin ! Oui, celle-ci se métamorphose, et les indicateurs démographiques, économiques et financiers sont encourageants. Ils ne surprendront pas ceux qui connaissent ces pays et qui savent que l’esprit d’entreprise y est extrêmement développé. Que ce soit au Tchad ou au Ghana, pour réparer un véhicule en pleine brousse, ou pour créer et gérer une entreprise dans des conditions logistiques et politiques très sensibles, les femmes et les hommes de ce continent sont admirables.
Mais le Tchad n’est pas le Ghana et c’est peut-être là que nous aurions souhaité un distinguo plus subtil entre ces multiples Afriques. L’exemple du « bar branché » de N’Djaména au chapitre 8 paraît particulièrement choquant lorsque l’on connaît ces quartiers. Il y règne de fait une grande pauvreté, décrite en détail, par exemple, dans la thèse de Yemadji N’Diekhor, géographe tchadien (1). Alors certes il y a des bars où l’on se distrait joyeusement à N’Djaména comme partout. Mais ce quartier, cette ville, ce pays, peut-être plus que d’autres, ne constituent pas encore, même en 2010, un « marché » viable. Le Ghana, qui a connu ces cinquante dernières années une histoire politique et économique totalement différente, semble effectivement beaucoup mieux parti aujourd’hui. Le Président Rawlings a en effet privilégié la satisfaction des besoins essentiels pendant plus de 15 ans dans un pays en paix : le Ghana peut maintenant connaître une forte croissance en s’appuyant sur des infrastructures eau et énergie durables. Les besoins et la demande pour ces deux pays sont donc différents et on ne peut les confondre.
L’objectif affiché de l’ouvrage est de promouvoir un partenariat renouvelé entre Europe et Afrique ; pour ce faire, deux fondamentaux devraient être rappelés :
La bonne gouvernance locale : les « bassins » de développement à privilégier sont des territoires locaux à l’échelle d’une commune au Sénégal ou d’un District au Kenya. Une gouvernance locale compétente et dotée de moyens y est indispensable. Pourquoi par exemple les banques internationales de développement, et en première ligne l’AFD, peinent-elles autant à appuyer par divers outils financiers - prêts « non-souverains », fonds de garantie - les collectivités territoriales et les organismes de la société civile, clés du développement local?
La satisfaction des besoins essentiels - éducation, eau et santé- : le livre s’attarde peu sur ce sujet ; leur satisfaction ne peut reposer sur le seul développement économique. Sur chaque territoire, en tenant compte de sa propre spécificité, il s’agit de trouver la bonne dose d’une aide extérieure nécessaire pour la satisfaction de ces besoins essentiels et, partant, la création de richesses endogènes qui permettront d’enclencher le cycle vertueux de la croissance durable.
Un meilleur avenir que celui auquel nous croyons communément est possible pour l’Afrique sub-saharienne. La solidarité entre Europe et Afrique est pour cela indispensable. Une attitude volontariste des gouvernants des banques de développement, dont l’AFD, est un indicateur important de confiance pour les populations de ces deux continents qui attendent que ceux-ci s’engagent plus pour un monde mieux régulé et plus solidaire.
Antoine Malafosse
Délégué Général
CCFD-Terre solidaire
(1)« L’eau et la vie urbaine à N’Djaména » thèse de doctorat, Institut de géographie tropicale, centre universitaire de Cocody, République de Côte d’Ivoire. 1996.
Date : 13 avril 2010, 09:04
Dear Jean-Michel,
Good day! First of all, I must congratulate for this thought provoking book review. Recently, I am trying to propagate the idea of Seed- a new alternative currency (for details kindly refer http://www.urgentevoke.com/profiles/blogs/seed-a-new-alternative). I believe it will open up a chain reaction for food sovereignty and yield many billions in Africa too. Eagerly waiting for your esteemed opinion.
With warm regards,
Sincerely yours,
Pradip Dey
Date : 09 avril 2010, 08:41
Dear Mr. Severino,
I appreciate the renewed interest on the african continent that you and others authors have shown recently.
Despite the adverse effects of the economic crisis, there is a visible trend of growth in the african continent. It represents hope for this part of the world which means success and failure at the same time. Hope because of its young population and the positive perspectives that the 1st-world countries and the so called emergent economies are putting on it, in terms of aid and FDI. But it is also the worst proof of the mistakes that the developed countries have made in the post-colonialist times.
Evidence shows that systematic aid given through governments or international institutions such as the World Bank have not only been innefective, but I would say that it has had a negative effect on the continents’ progress; although it has affected some countries more than others. The pattern of aid has created a two fold dependence: on the devoloped countries’side it has become the easiest way to relieve their sense of guilt, and has become a kind of business. From the African countries point of view, it has created an aid dependence in many african countries, not giving them the opportunity to become competitive.
However, the trend is changing and the EU and the US are actually negotiating trade agreements which would almost imply a total liberalization of the african products in those markets. This alternative, although egalitarian in its intention, won’t have benefitial consequences on african economies, at least in a close future. Intra-regional trade must be encouraged at african level. For this purpose, the EU could be a reference.
Also the monetary union that Europe has set up successfully could be a good example for the african economy. In order to become more competitive, the number of currencies must decrease significantly.
Corruption must also be rooted out the political system. The EU imposes hard conditions for these countries in terms of democratic standards and human rights compliance. Although good governance is believed to be the cornerstone of development, some asiatic examples of rapid economic growth show that this is not an essential condition. Economic growth fosters stability, and consequently general welfare as the chinese example shows. Precisely this country is investing a lot in Africa and somehow presents an alternative to the model of aid delivery led by the EU and the US. Its contribution is based on FDI and unconditioned aid (or at least another type of condition, less visible than the european one) whose benefits are felt more directly by african population. Is China in a better position to deliver effective aid then? Is it competing with the western (european) model, as in many other areas?
Africa has its own particularities and therefore should chose its own growth pattern.
In any case Africa has lots of potential to exploite and would play a crucial role in a multilateral world. Therefore developed countries have to give this continent the possibility to find and decide it by itself.
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Date : 01 avril 2010, 19:38
Enfin voilà ce que les Africains attendaient peut-être afin de savoir qu’ils peuvent eux-mêmes sortir des ténèbres !
Jean Michel ! Ce livre, sans nul doute retrace en projetant une lumière très dense aux Africains. Plein d’enseignements, il permettra aux intellectuels de notre continent de savoir qu’il n’y a rien de diabolique pour faire avancer ce bateau. Il suffit simplement d’avoir la volonté de progresser pour aller.
Oui il faut voir un bébé dans ses premiers mois, il ne peut pas marcher, il commence d’abord par ramper en marchant par quatre pattes, ensuite il commence par se mettre debout en s’appuyant ou s’accrochant à un objet et pour l’apprendre à marcher rapidement dans certaines familles son frère ou sœur lui prend l’une des mains en marchant devant lui par petits pas quelques séances après, il commence à le faire seul.
Les Africains depuis des décennies apprennent et je crois qu’il est temps qu’ils essaient de mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris et voir comment gérer les insuffisances qui se présenteront c’est sur qu’il y’en aura, mais c’est comme disait l’autre que c’est en apprenant qu’on devient savant.
Date : 31 mars 2010, 19:39
To the author, I must sincerely thank you for been able to see Africa away from what is represented by international news media. I watch these stations daily really to catch up on the happens world wide and when Africa is shown I always wonder, is this all there is to Africa if only they know? As if such poverty does not exist in developed countries. This I have seen myself.
Africa is dynamic as you have righty mentioned, it is a continent waiting to burst open. Filled with riches beyond words. Its people, so thirsty for knowlegde and the need to excel. We know why we be seen to be clothed in poverty. Weak institutions, very weak ones. However parallel to these is a very vibrant private sector they are slowly but surely reinventing teh financial sector, telecommunications, educaton (private schools), international trade etc. I believe the strength of Africa would emerge from the private sector. The people have great ingenuity. Where an infrastructure is lacking they improvise. Our ability to survive is beyong words.
As you rightly mentioned, the Asian, that is the Indians and Lebanese have for decades come to Africa to make wealth and then they move to the developed countries. They know Africa holds the pot of gold. Now its the turn of the chinese.
Africa has a high number of its Diaspora also out of the continent, engaged in the all professions with the highest expertise possible. They are equipped and willing to pass on these skills. Some of them are waiting to come back home. Africa is evolving, if more people could look beyong the news media, they would probably see what you have seen.
Date : 29 mars 2010, 23:01
Cher jean michel,
j'ai terminé la lecture de votre excellent travail,un caviar en somme,je n'ai pas eu la chance de vous voir à bruxelles afin d'en discuter peut-être serais-je à vincennes le 5 avril?
Félicitations,je suis persuadé que ce chef d'oeuvre fera parler de lui comme celui de réné Dumont qui croyait l'afrique mal partie.
j'ai bien suivi votre passage sur france ô,j'ai retenu et suis d'avis avec vous qu'il vaudrait mieux apprendre à quelu'un à pêcher du poisson que de lui en donner tous les temps!
d'autre part que c'est le moment de s'orienter vers des investissements productifs(dans le secteur privé,infrastructures,bref ce qui contribue à créer des richesses) ce qui revient à donner aux finances publiques africaines et aux habitants de ce continent de se donner les moyens pour payer eux-même leurs services dont ils ont besoin(education ,santé,eau etc;;;).l'on evitera ainsi l'assistanat et l'on pendra un peu de distance vis à vis de l'action sociale.
Quant à ce qui concerne l'aide chinoise aux pays africains, je suis moins convaincu que vous,je reste dubitatif,l'avenir nous dira ,j'ai ma petite experience actuellement dans le domaine de l'audiovisuelle.
Une fois encore félicitations pour ce travail,j'espére avoir un jour l'honneur et le plaisir de faire votre connaissance et bien des encouragements à Monsieur Olivier ray
Sam Mbende
Homme de culture
Date : 29 mars 2010, 15:38
Cher Jean Michel
Je vous remercie pour un tel point de vue sur l'Afrique
je suis de la COTE D'IVOIRE et je me rends compte qu'apres ces 50 ans d'independance nos pays africain ne m'heritent vraiment pas d'etre cités dans le développement social du monde d'aujourd'hui tant à l'incapacite mirobolente de nos dirigeants. La COTE D'IVOIRE est un tres bel exemple de cet échec
Merci pour votre contribution au débat sur le développement économique
Bien à vous
Date : 28 mars 2010, 13:33
Africa's past and present experience, with European involvement in the region, has been to the best knowledge of most on the continent---negative. The relationships between Europe and Africa, unlike the region's emerging ties with Asia--which are based on pragmatic and mutual interests---have always been structurally skewed, towards the dominance one entity by the other.
The new and emergent Africa, is brave, focused and fully aware of the challenges facing the region and how to deal with them. What Africa needs--as the story above illustrates--is investment in the ideals, aspirations and energies of her people--especially the youth and women. The young African of today, is innovative, enterprising and forward looking. The youth know what is good for them and this explains the exponential growth in the adoption of new ICT technologies in the region.
To help promote these young entrepreneurs and enterprises---I propose that an internet based e-bank of enterprising development and small business ideas and projects--submitted by young people and communities in the region be created. A volunteer panel of development and business experts based in Africa and globally, would annually review and select the most viable project ideas for support by Wiling contributors (corporations, foundations and individuals) from developed countries and Africa itself.
Corporations that make the most Africa, contribute the least to the continent's development. Such an initiative would lobby for substantial contributions form MNC'S based in Africa. This approach would democratize the access to development aid by enterprising communities, and individuals as opposed to the prevailing opaque and highly subjective--individual donor to recipient approach. Thank you all.
Date : 22 mars 2010, 18:18
Cher Jean-Michel,
J'ail lu votre article avec beaucoup d'interet. Je vais d'ailleurs acheter votre livre, que j'aurais personnellement aime ecrire. Je suis presidente d'une petite ASBL au Senegal et nous tentons tant bien que mal d'ameliorer la qualite de vie des habitants d'un petit village de brousse, a leur demande et avec l'assentiment des autorites de la communaute rurale dont ce village depend. C'est donc main dans la main que nous essayons de developper ce projet commun. Je dois avouer que ce n'est pas facile.
Ce village est confronte, comme tant d'autres a:
1. Un manque d’eau qui demeure le facteur limitant au développement rural pendant les mois que dure la saison sèche. La construction d’un bassin de rétention d’eau d’une contenance d’un million de litres permettrait aux villageois (180 familles) d’assurer leurs besoins quotidiens en eau, de faire de la culture maraîchère, d’irriguer leurs champs et de nourrir le bétail. Cela leur permettrait d’alimenter leur famille plus décemment et leur assurerait des rentrées financières par la vente de leurs produits.
2. Une scolarité interrompue par manque de moyens financiers. Le village dispose d’une école primaire de cinq classes (250 élèves). Les cours y sont dispensés par des enseignants volontaires qui dorment dans leur classe par manque de logement. Les enfants qui atteignent le secondaire doivent s’expatrier vers les villes pour poursuivre leurs études, ce qui est pratiquement impossible pour tous par manque d’argent. Résultat : ils doivent abandonner l’école. Une ecole secondaire dans le village permettrait aux enfants de poursuivre leurs etudes.
3. L’agriculture sous-équipée. Le village est exclusivement composé d’agriculteurs et d’éleveurs qui n’ont que très peu d’équipements pour labourer leurs champs et procéder aux récoltes. De plus, ils sont confrontés à une longue sécheresse. Dans l'impossibilité de faire vivre les familles du fait de leurs maigres récoltes ou des bêtes qui meurent par manque d’eau, une frange importante de cette population est condamnée à l'exode vers les villes surpeuplées, voire même jusqu’à nos portes après un long périple souvent meurtrier. Des équipements adéquats leurs permettraient de travailler moins durement pour un meilleur rendement.
4. Le manque de communication. Le village, par sa situation géographique, se situe à l’intérieur des terres, loin des zones urbaines. Le centre médical le plus proche se situe à 15km du centre du village. Les habitants, du moins ceux qui ont les moyens d’avoir un cheval, se déplacent à cheval ou en charrette. Les routes en terre sont souvent impraticables durant la saison des pluies, ce qui isole le village et rend tout approvisionnement impossible. Les soins médicaux sont également rendus inaccessibles. Les cas d’urgence, pour les personnes âgées, les enfants qui se blessent ou les femmes enceinte par exemple sont très difficilement administrés du fait qu’il est impossible pour les villageois d’effectuer 30 km en charrette, à travers pistes à l’allure qu’il faudrait pour traiter ce genre de cas.
Nous estimons a moins de €100,000 la construction d'un bassin d'eau et l'amenagement d'une ecole secondaire qui permettrait a tous les habitants d'etre autonomes et de vivre decemment. Est-ce vraiment une somme enorme? Et si on repercutait ces actions dans d'autres villages?
Ce qui me desole et m'etourdit le plus est de voir toutes ces sommes folles que nos pays versent aveuglement et qui atteignent rarement les populations necessiteuses. Y aurait-il une entente non dite afin de maintenir toutes ces populations dans cet etat primitif?
Aujourd'hui, c'est la journee de l'eau!
Date : 22 mars 2010, 07:13
To Mr Severino and participants in FORUM
Many persons ask me “Why you active in the Information area: national and, regional and global information?”
One of the reasons is: I see in television very poor African country : died by disease, by hungry and low education level and bad cultural habits “
I read that “many Consultants work in Africa .The International Aids to Africa is so big “
I agree with you that “one of the reasons is the way to invest to Africa? “ How it could be better.
After war 32 years (because of Natural resources and Petrol) Vietnam became WTO member and members of other International organizations.
This is a change for us to study and turn the way for investment.
Information is the way for self training and regular the human behaviors.
This is the reason I spend money, time for taking information from Regional, Global area to our society.
We have to be active in the development process; do not wait only the help from out side .This is the experience we see from Africa.
Active and more active.
Very good study the development of Africa and avoid the mistakes.
We request the investors to Vietnam use in this Forum for discussion: We will inform to you necessary requirements and our dream .The Investment will be benefit for both you and us .The investment will be suitable.
Thank you.
Date : 21 mars 2010, 23:02
Dear Jean-Michel,
Thank you for this profound and inspiring review of the book. My contribution to this debate is another tale of Africa in motion, of the young Africa in motion, the story of Romano, 24, a dweller of Kibera, Nairobi’s largest slum. In January 2008, when Kenya precipitated into unprecedented post-electoral violence, Romano saved his life, but his shelter was incinerated. Romano is a talented and charming orator as well as an excellent writer, under the rusty roof of his new house, you can always find a second-hand Oxford English Dictionary recently consulted next to one of his handwritten compositions. Since 2008, while continuing his studies, Romano has employed his skills, facilitating workshops on conflict handling and peace dialogue, to set up a community-based organisation called CFSDA (Community Free of Substance and Drug Abuse) which, among other things, trains other young slum-dwellers on Hiv/Aids prevention. Today, CFSDA takes dozens of young Kenyans away from idleness and drugs, but Romano’s real dream is to make a change in his rural hometown, the village of Malaba, Teso District, in Western Kenya. His idea is to create an IT centre, a “cyber centre” as people call it there, with four or five computers, a connection to the internet, and IT trainers. When I went up country with him, we estimated that the whole project would cost around 10,000 euros (including purchasing a venue, 5 computers, a printer, a power generator, a photocopier machine, paper, pens and promotional T-shirts). What I could offer to this idea is a bunch of young active Europeans, who through facebook and gmail, are IT experts from cradle. Romano’s idea is per se revolutionary if we consider the background. In July 2009, an event I would define “historic” unfolded, the first broadband internet cable was laid across the Indian Ocean connecting Kenya (and Africa as a whole) to the world. This presents revolutionary economic perspectives for the English speaking youth of Kenya. From 2002 to 2007 the number of internet users per 100 people in sub-saharian Africa went from 1 to a modest 4 (compared to 64 in developed regions), this could change drastically if affordable and reliable access to the net became a reality. Kenyans have shown a high preparedness to employ at its best another recent innovation, mobile phones, by developing the world’s most advanced system of phone banking, Mpesa. The idea of transferring your money, getting your wage, or make any kind of transaction via your mobile phone is something unthinkable back in Europe.
My appeal to the author of this book and to all readers of this blog is a simple one. How could young people get the material support for such an initiative? What course of action do you recommend? Private donors? A call for proposals? Or an institution or organisation to which we could present this project idea? We welcome any advice.










