JON LOMØY: Vers un partenariat plus intelligent en faveur de l’efficacité de l’aide au développement


Auteur : Invités d’ID4D

Date : 30 août 2010


Jon Lomøy est le Directeur de la Direction de la coopération pour le développement de l'OCDE depuis avril 2010. Lire la suite...

 

Pour construire un partenariat plus intelligent en faveur du développement, disposer d’un forum de rencontre permettant de débattre avec honnêteté des avancées réalisées à ce jour et de la manière dont nous devrions travailler ensemble pour couvrir la distance restante d’ici 2015, il nous faut nous débarrasser de trois fausses dichotomies :

  • Entre aide et autres sources de financement du développement : nous sommes unanimes à reconnaître que si l’aide n’est que l’une des mesures de financement du développement, elle n’en reste pas moins importante, et que la différence entre les engagements pris et les versements effectués est importante.
  • Entre quantité et qualité de l’aide : nous qui sommes favorables à l’aide, nous devons reprendre le débat sur son efficacité et ses résultats – il faut plus d’aide, parce que nous pouvons produire des résultats plus nombreux et meilleurs.
  • Entre ressources extérieures et politiques nationales : nous savons que les politiques nationales sont plus importantes pour le développement que les ressources extérieures, mais nous savons aussi que sans ressources extérieures supplémentaires, le processus sera trop long et nous ne pourront pas atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

 

La mise en place d’un partenariat mondial pour le développement, objet du huitième OMD, concerne la prise en compte de la totalité du financement pour le développement, mais également le suivi de la réalisation des engagements pris au titre de cette aide, son meilleur fonctionnement, l’utilisation de cette aide pour appuyer les pays qui ont réussi à ajuster leurs politiques, et la façon d’aider les pays qui doivent encore ajuster leurs politiques en partageant avec eux les expériences acquises

 

Il s’agit ici de permettre une parfaite articulation des différentes traditions de la coopération pour le développement. Le CAD s’appuie sur une tradition d’aide vieille d’un demi-siècle, et la Déclaration de Paris est, à de nombreux égards, l’expression des leçons apprises durant ces cinquante années. Mais il existe aussi une tradition parallèle, également riche, de coopération Sud-Sud, dans le cadre de laquelle les pays en développement ont trouvé les moyens innovants de s’aider mutuellement et de partager leurs expériences. La réunion de Bogota a ainsi permis de préciser les leçons tirées de cette tradition. Nous devons permettre à ces deux traditions de s’enrichir mutuellement, de manière à pouvoir construire un partenariat pour le développement futur élargi, fondé sur les expériences des deux.

 

Il concerne également la promotion du développement par le biais de partenariats réels, efficaces et égalitaires, non seulement entre les gouvernements, mais entre les sociétés, incluant le secteur privé, la société civile, les parlements et les autorités locales, pour s’assurer qu’ils sont parfaitement intégrés dans le processus de décision sur le développement.

 

Enfin, il concerne les partenariats fondés sur des constats, sur des statistiques et sur le partage des meilleures pratiques. Nous sommes-là au cœur de l’approche de l’OCDE dans tous les domaines, y compris celui du développement.  En résumé, il est question des résultats. Non pas ceux rendus possible par l’aide, sorte de « propriété » des bailleurs de fonds, mais bien ceux résultant de l’effort des pays en développement, leurs résultats propres, rendus possibles par l’aide et d’autres types de financement des partenaires au développement, et facilités également par un partage des expériences qui permet aux pays d’en apprendre plus les uns des autres, de faire des choix plus judicieux et moins d’erreurs.

 

L’OCDE, qui encourage le développement de réseaux dans un grand nombre de domaines, allant de l’efficacité de l’aide aux politiques fiscales et aux moyens de répondre aux changements climatiques, a fondé son soutien sur des principes bien établis :  

  • Veiller à ce que des partenariats soient mis en place au niveau des pays et déterminés par les pays en développement, en facilitant la prise de décision politique de haut niveau et inclusive.
  • Proposer à tous les acteurs une large plateforme de dialogue, en veillant notamment à faire entendre la voix des pays partenaires et de la société civile.
  • Recueillir des constats, des faits et des chiffres pour informer la politique et appuyer les solutions techniques.
  • Promouvoir l’examen par les pairs pour assurer un suivi des engagements et analyser les pratiques.
  • Fournir des instruments de dialogue sur le développement au niveau des pays.
  • Renforcer la redevabilité mutuelle entre tous les acteurs et l’articuler autour d’objectifs communs.
  • Travailler au niveau mondial pour construire des liens forts avec les Nations unies, la Banque mondiale, les institutions régionales et les processus. 

 

En quoi ces principes de partenariat, qui se fondent sur le "soft power" (puissance douce) que peut avoir le dialogue, les faits et  la pression des pairs, modifient-ils l’approche au développement ?

 

Au départ, il était manifeste que les problèmes ne pouvaient se résoudre par une simple discussion des bailleurs de fonds entre eux. D’autres partenaires devaient se joindre à la réflexion. Le Groupe de travail sur l’efficacité de l’aide est né de cette prise de conscience. Ce Groupe de travail n’est pas un « club des bailleurs de fonds » ; il compte 80 membres, et est coprésidé par un représentant d’une institution de financement et un représentant d’un pays en développement. En son sein, un large consensus s’est fait jour sur ce qui devait être fait pour donner de meilleurs résultats, en respectant les engagements souscrits dans la Déclaration de Paris (2005) et l’Agenda d’Accra pour l’action (2008). Aujourd’hui, le Groupe de travail sur l’efficacité de l’aide est le cadre international d’amélioration de la qualité de l’aide. Ce partenariat s’attache à voir comment fournir l’aide de manière plus harmonisée, plus alignée et plus redevable.

 

Mettre les pays en développement aux commandes est le principe de partenariat essentiel promu par ce groupe de travail. Et des exemples de plus en plus nombreux sont là pour témoigner de la manière dont les partenaires ont réduit de manière significative des coûts de transaction en suivant les procédures des gouvernements locaux plutôt qu’une multiplicité de procédures imposées par les bailleurs de fonds, l’un des principes essentiels de la Déclaration de Paris. La recette est la suivante : s’attacher non seulement à savoir combien est dépensé, mais aussi comment cela est dépensé.

 

Le groupe de travail est également une plateforme où se renforce la redevabilité mutuelle. Bien qu’ils n’aient aucun caractère juridiquement contraignant, les engagements de redevabilité promus par la Déclaration de Paris ont affiché toute leur pertinence et leur efficacité, en incitant à de nouvelles pratiques dans la communauté des bailleurs de fonds, des pays partenaires et d’autres acteurs. Le mandat de ce groupe de travail consiste à veiller à ce que les bailleurs de fonds et les pays en développement « accordent leurs violons » lorsqu’il s’agit de répondre à leurs engagements. L’un des outils qu’il utilise à cette fin est l’enquête sur le suivi de la Déclaration de Paris, qui suit la mise en œuvre des engagements de Paris au niveau des pays. Or, cette enquête montre que si des changements sont en cours, ils restent trop lents. Les bailleurs de fonds utilisent les systèmes nationaux, réduisent les cellules parallèles d’exécution de projets, et se coordonnent entre eux pour l’organisation des missions. Quant aux pays, ils renforcent leurs propres systèmes pour prendre leur développement en main et élargissent le discours national sur le développement. Mais cette enquête ne se contente pas de fournir des informations ; elle encourage également au dialogue pour améliorer les pratiques d’aide au niveau des pays et renforcer la redevabilité réciproque. Cette pratique de suivi a attiré 34 pays en 2006 et 55 en 2008 ; entre 65 et 70 pays devraient participer en 2011.

 

Ce partenariat a également pour objet d’améliorer les pratiques et de suivre la concrétisation des engagements par le biais d’examens par les pairs et d’une discussion ouverte et franche. Le Comité d’aide au développement de l’OCDE constitue à cet égard un forum d’échange d’expériences et d’examen par les pairs, tout en suivant attentivement les progrès dans le décaissement de l’aide financière promise. Il reste le principal groupe mondial de bailleurs de fonds, ayant apporté quelque 120 milliards de dollars E.U. en 2009, soit une augmentation de 6,8 % en termes réels par rapport à 2008.  Et l’OCDE étend son champ d’action pour suivre les engagements financiers dans d’autres domaines, notamment budgétaire et de développement, de financement innovant et de financement en matière de changement climatique.

 

Pourrions-nous souhaitez que ces changement fussent été plus rapides ?  Oui, certainement.  Existe-t-il d’autres processus plus adaptés susceptibles d’engendrer des progrès plus rapides ? Pas à notre connaissance.  S’ils existent, nous devons les identifier et en tirer les leçons ! Nous sommes parvenus à la croisée des chemins en 2010, date fixée pour les résultats des engagements pris dans la Déclaration de Paris, en offrant la possibilité d’étudier la qualité de nos partenariats pour le développement de manière honnête et constructive. Et c’est précisément ce que nous avons l’intention de faire lors de la Réunion de haut niveau sur l’efficacité de l’aide (HLF-4) en Corée, en décembre 2011. Mais cette réunion nous donnera également l’occasion d’approfondir et d’élargir le partenariat, et de diriger nos efforts là où ils sont susceptibles de faire la plus grande différence.

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5 commentaires

Beatrice Nkundwa

Date : 07 septembre 2010, 07:40

A better partnership in development is a real concept that needs to be worked on. Yes, the United Nations is still viewed as an idealistic organization. This is not so bad because most of the time you have to estimate the demands in relief. The fact that the UN organization is located in the United States of America instead of Switzerland like during the first UN called at that time League of Nations shows that it helps to promote a dream of a United World that will become one day true. For this writers can do a great job in inventing situations or writing about experiences, so that we can share our knowledge on the problems of this world and how to solve them. This leads us to reflect on the problems of communications because the acquisition of a language always depends on the level of education for example a doctor will like to have more terminology. Therefore, partnership in development can be achieved by promoting native languages, which sometimes can help understand some situations, due to the fact that they give you a better understanding because of the fact that they are untouched by influences. We are all part of one world and the money spent in Europe can also be spent in Africa for example. It is a question on how to manage money wisely by contributing to common causes and making a good living.

Yernar

Date : 06 septembre 2010, 20:26

ach country will pursue a path rooted in the culture of its people and in its past traditions. First, in order to develop a global partnership for development Windowon.me (WWW.WINDOWON.ME) project helps people to know more about each other, their history, culture, traditions and so on. People all over the world dream about the future, where they can live their lives, raise their families, and resolve their differences peacefully. Equally important for our future: a global economy that advances opportunity for all people. And that means that developed nations must open their «Windows» and extend a hand to those who need help. Now we are working on building a new coalitions that bridge old divides -- coalitions of different faiths and creeds; of north and south, east, west, black, white, and brown, and together we will move forward, and work with others to bring MDG into force. This is what we have already done. But this is just a beginning. Some of our actions have yielded progress. Some have laid the groundwork for progress in the future.
And so, with confidence in our cause, our team supports the Millennium Development Goals. It is our duty to make our world a better place for all. It cannot happen without you. We call on all nations and their leaders to join us and keep the «Windows» open for all.

Thank you very much, everybody.


Yernar Alippek

Master of International Relations

CEO for Windowon.me

yalippek@gmail.com tel: + 7 777 777 2608 www.windowon.me

http://www.youtube.com/user/yalippek

Téléchargez le(s) fichier(s) associé(s):

1283797561_YAlippek.jpg(197 Ko)

J.Kelvyn Richards

Date : 06 septembre 2010, 17:24

Resources and Minerals
It is becoming increasingly clear that as the global use of resources and minerals increases so they become exhausted, and their prices increase.
Last week [Sept 1, 2010] the New York Times announced that ‘rare earth elements’, essential for new technologies, are entering political consideration for the world economy.
The rare earth elements include dysprosium; terbium; neodymium, which are necessary for the development of wind turbines, and electric cars.
93% of these elements are mined and prepared in China.
China’s government is now aware that it has the 2nd biggest economy in the world, and too many of its people live below the poverty line.
In order to ensure revenue, and not waste supplies, China has been placing tighter limits on the export and production of the elements. If International companies want to use the elements, they are being asked to set up their factories in China. At the same time, cash rich China is buying up companies and their mines all over the world.
At the same time the CONGO in Africa is well known as another country in which all rare elements and valuable minerals are available for mining. In theory the DRC should be one of the richest countries in the world. It is true that it is ‘resource rich’, and that its people live among some of the poorest communities, each living on $1 a day. It has been announced that the mines and the minerals and the revenues are controlled by the rebel armies that over run large areas of the Congo Basin.
These findings confirm that development and aid must be used to help the local peoples , not just further enrich the rich.
go to www.kelvynrichards.com
"Social Ecology: a new morality? alternative choices?"

Che Thuy Nhu

Date : 05 septembre 2010, 03:56

To Mr. Jon Lomøy and Participants in the FORUM
Yours speech informs idea about cooperation between governments, nations.
It appropriated to high official level in our country .I say about political designers in our country. We agree that strategy and national programme play important role in development of nation.
In our country without National programme for action we can’t take aid from state budget and call support from donors ( International and external )
So why we have National programme for many area: Poverty Alleviation, for ITC, for Health care, for HIV/AIDS prevention …
Those programme are putting to Government –Website and call comments from citizens. This is very good impact of E- Government (we starts since 2004)
The weakness are: The National progamme often separated from others actions and ODA.
For example in one commune the officials working for National programme do not know about others resources will be putting in commune in future .It lead to result waste money.
So why when consultants came to Vietnam : please ask question : how many resource were In community , are in community and will be in community .It should be written in documents . And take report with stamp from Vietnamese management agency.
When you do feasibility study does not forget ask: how many persons qualify to this work, how long time they will work?
Supply information related national programme to grass root levels: how it act in other countries. To help them I often download films of ADB, WB, UNICEF, and WTO and send the links with translation to fields.
To find the news, the goods technology solution send to grassroots levels .They will select: what information appropriated to them .They will decide what to do: cheaper and effectiveness.
Because of bad financial management and rules, we lost educated persons in corruption.
Very good you raise the idea cooperation for effectiveness work.
I think: 1- Information create needs and competition in society.
2- Training persons base on the their needs
3- Aid came with clear rules
In Vietnam they often said on behalf others: aid first.
Thank you for attention

Pradip Dey

Date : 01 septembre 2010, 07:58

Dear All,
Good day!
First of all, let me thank the guest bolggers of ID4D Jon Lomøy, Michel Kazatchkine, Margaret Chan, Eckhard Deutscher and Anders Nordström for raising the importance of global development partnership of the MDG 8. Essentially the Millennium Declaration in 2000 was a milestone in international cooperation wherein world leaders pledged to forge a wide-ranging global partnership for development to improve living standard of millions of people around the world. In fact all eight points of UN Millennium Development Goals are important and interrelated. A close look at ‘The Millennium Development Goals Report 2010’ also stressed upon the MDG framework for accountability derived from the Declaration that has generated an unprecedented level of commitment and partnership in building decent, healthier lives for billions of people and in creating an environment that contributes to peace and security. However, the economic slowdown has put pressure on government budgets in the developed countries. Although the majority of the initial commitments are still in force, some of the big donors have reduced or postponed the pledges they made for 2010. The shortfall in aid affects Africa in particular. At the 2005 Gleneagles Summit, G-8 members projected that their commitments, combined with those of other donors, would double ODA to Africa by 2010. Preliminary data for 2009 show that bilateral ODA to Africa as a whole rose by 3 per cent in real terms. For sub-Saharan Africa, bilateral aid increased by 5.1 per cent in real terms over 2008. It is estimated that Africa will receive only about $11 billion out of the $25 billion increase envisaged at Gleneagles, due mainly to the underperformance of some European donors who earmark large shares of their aid to Africa. Aid remains well below the United Nations target of 0.7 per cent of gross national income for most donors. In 2009, the only countries to reach or exceed the target were Denmark, Luxembourg, the Netherlands, Norway and Sweden.
Another issue that I have raised time and again in different forum including ID4D is proper governance; it is the key not only to achieve MDGs but is a solution to many ill effects of the society including food security and livelihood. Many of the African problems may be ascribed to poor governance. Transparency, opening of trade and proper synergy of different governmental schemes is also essential which again can only stems from good governance.
Public-private partnerships, efforts for reducing digital divide are some other areas also important for MDG.
I think working on above areas will give precursor for further negotiation and global partnership for realizing MDGs.
Thanks and regards,
Pradip Dey

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