DR MARGARET CHAN : Un engagement durable en faveur des OMD


Auteur : Invités d’ID4D

Date : 22 juillet 2010


Le Dr Margaret Chan est le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé depuis 2006. Lire la suite...

Dans deux mois, des dirigeants du monde entier se réuniront au siège des Nations Unies à New York pour faire le point sur les progrès des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les nombreux rapports qui me parviennent laissent penser que les OMD ont été bons pour le développement.

 

Ils ont certes insufflé un puissant élan à la lutte pour la réduction de la pauvreté et des inégalités au cours d’une décennie remplie de défis concurrents. Ils nous ont fait prendre conscience de l’importance de l’interdépendance – entre les économies riches, pauvres et émergentes ; entre l’éducation, les genres, la santé et l’environnement ; et entre la détermination des objectifs et l’obtention des ressources humaines, financières et matérielles nécessaires à leur réalisation. Ils nous ont obligés à réfléchir à ce qui fonctionne et pourquoi. Et un ensemble de cibles quantitatives assorties d’échéances nous a forcés à mieux mesurer ce que nous faisons.

 

Mais ces objectifs ont-ils changé la vie des gens ?

 

L’OMS publie chaque année des rapports sur les OMD relatifs à la santé, dont vous trouverez un bon résumé à l’adresse http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs290/index.html. Comme vous le constaterez, il y a eu de réels succès dans la réduction de la mortalité infantile, l’augmentation de la distribution des traitements du SIDA et la prévention de nouvelles infections au VIH, ainsi que dans la maîtrise du paludisme et de la tuberculose. Ces succès sont toutefois inégaux, certaines interventions progressant rapidement tandis que d’autres n’évoluent pratiquement pas. D’énormes inégalités persistent entre ou au sein des régions et des pays. Là où il y a eu des succès, les bénéfices peuvent être fragiles. Il reste donc encore beaucoup, beaucoup à faire si nous voulons atteindre les objectifs de 2015.

 

Cela me ramène au thème principal de ce papier. Comment soutenir notre élan vers la réalisation des OMD dans un monde où la lassitude engendrée par les problèmes de développement est réelle, et aussi où des appels concurrents distraient l’attention du public ? Voici donc ma propre liste.

 

Tout d’abord, nous devons clarifier les priorités et les domaines où il nous faut en faire plus. Les OMD quatre et cinq – l’amélioration de la santé des femmes et des enfants – sont des buts par rapport auxquels les progrès ont été les plus décevants. La réduction de la mortalité des femmes à l’accouchement reste le défi majeur.

 

Mais que signifie en faire plus ? Techniquement, nous savons ce qui fonctionne : l’accès au planning familial, des soins prénataux efficaces, l’accouchement dans des structures médicalement sûres, la vaccination systématique, ainsi que la prévention et le traitement des maladies infantiles. Nous savons que les programmes qui délivrent ces interventions doivent passer à l’échelle supérieure. Mais nous avons également appris que cela sera insuffisant sans des efforts pour renforcer les systèmes de santé liés à l’accouchement et pour s’attaquer d’une manière plus générale aux facteurs déterminant la santé des femmes. Nous devons donc être clairs sur le fait que c’est le résultat – moins de morts évitables de femmes et d’enfants – qui est la priorité et non pas un programme ou une intervention. C’est le réel souci de la survie et du bien-être des femmes et des enfants qui saura rallier et maintenir le soutien du public aux OMD relatifs à la santé.

 

Le point suivant de ma liste concerne les facteurs nécessaires au succès.

 

Nous ne pouvons obtenir de meilleurs résultats sans de meilleurs systèmes de santé. En pratique, cela implique un personnel bien formé et correctement rémunéré, des politiques de financement protégeant les personnes d’un appauvrissement en cas de maladie, une information sur laquelle baser les décisions en matière de politiques et de gestion, une logistique permettant de disposer des médicaments et des vaccins là où ils sont nécessaires, des installations bien entretenues et organisées au sein d’un réseau professionnel, ainsi qu’un leadership fixant des orientations claires et tirant parti des énergies de toutes les parties concernées, y compris les communautés.

 

Certains soutiendront qu’une concentration sur l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants représente un changement radical d’orientation, la toute dernière tendance dans le monde versatile du développement international. Je reconnais que c’est un risque. Mais nous ne devons en aucun cas prendre à Pierre pour donner à Paul, autrement dit détourner des ressources d’un groupe de programmes au profit d’un autre.

 

Cela signifie qu’il est vital de respecter nos promesses en faveur de la lutte contre le VIH et le SIDA (à l’heure où je rédige ce papier, s’ouvre à Vienne la conférence internationale sur le SIDA). Le SIDA, la tuberculose et le paludisme sont des causes de décès et d’invalidité des femmes et des enfants. Mais ils sont aussi des priorités par eux-mêmes, en particulier là où les avancées sont fragiles et où apparaissent de nouvelles menaces (comme la tuberculose pharmacorésistante). Pour reprendre les termes du discours d’ouverture de la conférence : pas de recul dans nos engagements mais pas non plus de recul dans aucun des différents domaines. Synergie et intégration sont les mots d’ordre.

 

Le but des OMD est de faire reculer la pauvreté et, comme je l’ai dit ailleurs : rater la pauvreté, c’est rater la cible. La pauvreté est à la fois la cause et le résultat de toutes les formes de mauvaise santé. Je place donc haut sur ma liste le souci de voir les pays s’attaquer au fardeau croissant et aux facteurs de risques inhérents aux maladies non-transmissibles telles que le diabète, le cancer, les troubles mentaux et les maladies cardiovasculaires. Bien qu’elles ne figurent dans aucune cible particulière, leur impact humain et économique pourrait constituer un frein sérieux au développement si nous n’agissons pas dès aujourd’hui.

 

Pour poursuivre le thème de l’interdépendance, l’amélioration de la santé des femmes et des enfants ne pourra avoir lieu sans une attention particulière aux carences alimentaires et à la malnutrition, une prévention de toute exclusion des soins de santé pour des raisons liées au genre, à l’âge ou à l’ethnie, une prise en charge des impacts sur la santé dus à l’urbanisation et aux flux migratoires, une réduction de l’exposition à des substances toxiques, et un plus large accès à une eau salubre et à l’assainissement. La santé est le résultat de toutes les politiques. La liste est longue et les liens avec la santé sont connus. Le défi pour l’obtention de résultats réside dans une action soutenue et dans la redevabilité.

 

Ce qui nous amène au dernier point de cette liste. Le fil conducteur. Confrontés à des demandes croissantes et à des ressources limitées, les pays et leurs partenaires internationaux sont contraints à des décisions difficiles. Un soutien durable aux OMD requiert que les ministères des Finances, les parlements, les donateurs, et le public soient convaincus que des progrès sont possibles. L’élaboration d’une politique et d’une stratégie de santé solides permet de faire participer les différentes parties prenantes à la prise de décision, de montrer comment les choix ont été effectués, et d’exposer comment se combinent les éléments nécessaires à une amélioration de la santé. Dans les pays qui bénéficient d’une aide significative, les stratégies nationales sont le meilleur moyen d’assurer une cohérence entre les contributions extérieures et les priorités nationales.

 

S’assurer que chaque femme ait les meilleures chances de donner naissance à son enfant, en toute sécurité et dans la dignité est le plus grand défi du développement dans n’importe quel pays. Beaucoup de choses peuvent être faites mais il n’existe pas de solution technique unique et simple. Il faut en revanche que tout ce que nous entreprenons se combine : les systèmes de santé, les installations, les interventions techniques, le leadership politique, le personnel, les politiques sociales et économiques, l’argent et l’équipement. C’est bien entendu un vrai défi. Mais si nous pouvons garantir des accouchements sûrs aux femmes, nous pouvons être certains que d’autres avantages suivront.

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6 commentaires

Pradip Dey

Date : 18 septembre 2010, 11:20

Dear All,
Good day!
Thanks to the ID4D Guests to raise health related issues of MDGs. All the 8 issues of MDGs are interrelated and we need to have a holistic view to achieve our goal. However, as I have pointed out earlier in ID4D and other forum that things are far from rosy when we look closely towards MDGs Report Card. The achievement with respect to child health is significantly less. Under-five mortality increased in six Sub-Saharan African countries during the period under study, namely Central African Republic, Zambia, Chad, Cameroon, Congo and Kenya. Kenya regressed most strongly in absolute terms, with under-five mortality increasing from 97 to 121 per 1,000 live births between 1990 and 2007. The number of adults living with HIV/AIDS in Mozambique increased from 10% to 12% in seven years. In the CIS, the number of adults living with HIV has increased in three out of four countries (Moldova, Russia and Ukraine). Only one country in Latin America (Honduras) has recorded a reduction in HIV/AIDS prevalence, whereas eight countries have suffered an increase in infection rates. In South-Eastern Asia, infections have increased in Lao PDR, Indonesia, Malaysia and Viet Nam.
Thanks and regards,
Sincerely,
Pradip Dey

Anna Moyewoh Bih Titamoh

Date : 04 septembre 2010, 18:37

I strongly belief that, Ensuring equal opportunities at all levels for women,will go a long way to meet the first six goals of the Millenium Development Goals. Women would have the finances to take care of their most basic needs, there by achieving MDGs 1-6 as illustrated below;

- With their little incomes/ finance, women would be able to pay for household food, achieving (gaol 1, Half hunger by 2015) at the household level.
- Pay for their children's education, (goal 2, Universal basic eduction ) to some extend
- With their income/finance, women will be able to pay for both ante-natal and post-natal drugs, hence ensuring long life expectancy for both mother and child, thus ensuring immunity for killer diseases such as malaria, HIV/AIDS and other diseases which disrupt a normal healthy life.
- With this in mind/ action, the MDGs would be achieved to a larger extend.

Che Thuy Nhu

Date : 11 août 2010, 11:01

Dear Mrs M CHAN and participants in the FORUM
We hear in Televsion and read in newspapers that WHO announces : FLU EPIDEMIC A/H1 N1 - STOP
So many epidemic in hot , wet country like Vietnam .
Conglatulation .

Che Thuy Nhu

Date : 31 juillet 2010, 15:32

To Dear Mrs M Chan and participants in the FORUM
I agree that MGDs for health is nice idea for development .
We now facing the hot development and environment is polluted + climate change .
Fish died in the river .
Draght in the field .
Forest is destroyed .
All this badly impact to the health .Specialy to child and mother's health .
To day I am ill because the epidemic caugh , fever and headache .
I alway remember my child time when the water in river is clean , sun sight throught window , blue sky the soud of leafts under win ,fresh air .
I think environment protection is basic problem should receive priority .
In our country the campaign immunization for children is good .Less children died
We worry now about price for medical treatment can be increasing 5 to 10 times .
We worry about price for medicine inceasing day after day
We worry about dirty food and vegetable .
So many work left to future
Thank you

.J. Kelvyn Richards

Date : 29 juillet 2010, 13:20

The recent rush of World Wealth Reports by CapGemini, IMF, World Bank, Sunday Times, Forbes 500 has revealed yet again that the rich are getting richer and the poor poorer, whatever the UN goals are.
June 2010, a report indicated that out of a total global GDP of $58 trillion, $38 trillion were owned by 10 million HNWI. The vast bulk of global wealth is owned by 10 million people out of an estimated global population of 6.83 billion. For the first time, it was calculated that 3 million $millionaires in Asia/Pacific owned $9.7 trillion.
At the same time, the Global Credit Crisis 20007/2008 caused many people to lose their savings and the collapse of credit and debt markets. But the G20 were much more concerned with the possible bankruptcy of Central Banks, Investment Funds, Hedge Funds, Insurance groups. The G20 made available
$8.42 trillion to bailout those finance groups who had taken risks and lost! Nothing was made available to the poor to raise their wages, nor to sponsor microfinance schemes nor to improve health and social services .
Go to www.kelvynrichards.com / Discourse: Social Ecology

Beatrice Nkundwa

Date : 27 juillet 2010, 05:23

Mrs. Chan your article is very powerful when you inform about the measures that should be reinforced to help young mothers deliver their children in safe conditions. In this matter, Africa is a good example of what has to be done to help populations live longer. Remember about the oral tradition which was more important to inform about the past.

Therefore, the aging population deserves more attention than ever. It is by knowing the health history of the aging patients that it will be possible to know how to cope with some diseases. When you talk about poverty there also you touch a very sensitive issue. Senior citizens should not be considered as disabled populations as well as mothers to be. They should be able to work when they want to do some work. Like this they can increase their income and probably live a life which is less dangerous.

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