Auteur : Margot Wallström
Date : 23 octobre 2009
Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de la communication
Avec en toile de fonds le Sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Copenhague au mois de décembre, les Journées européennes du développement 2009 sont pour nous l’occasion de manifester notre volonté de relever les défis à venir : notre responsabilité commune est d’élaborer une réponse globale à la crise économique et au changement climatique, mais aussi de poser les fondements de la démocratie et du développement. C’est pourquoi j’ai la conviction que nous devons profiter de cette tribune pour attirer l’attention sur une dimension du changement climatique, souvent négligée lors des débats sur l’équité dans l’effort de lutte contre ce dernier : le fait qu’il aggrave les inégalités sociales.
Les faits sont là. Il est bien connu que le changement climatique ne touche pas les pays et les régions de façon égale. Prenons pour exemple le continent africain : bien qu’il ne soit à l’origine que de 3,8 % des émissions mondiales de CO2, c’est l’une des régions qui souffrent le plus des effets dévastateurs du changement climatique. De même, sur le 1,3 milliard de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde, 70 % sont des femmes. Les effets du changement climatique appauvriront davantage les nations les plus défavorisées de la planète, tout en creusant les clivages sociaux entre les femmes et les hommes. Les difficultés d’accès des femmes à l’information et aux ressources, ainsi que leur faible participation aux processus de prise de décisions, les rend plus vulnérables aux effets du changement climatique.
C’est pourquoi j’espère que les Journées européennes du développement fourniront aux femmes une tribune leur permettant de se faire entendre. Non seulement en tant que victimes, ainsi qu’elles sont souvent présentées dans ce débat, mais surtout comme des acteurs de la lutte contre le changement climatique.
Les effets du changement climatique sur les femmes
Du fait de la division du travail et de la discrimination sociale existante, les femmes et les hommes ne sont pas exposés de la même manière aux effets du changement climatique. Illustrons ceci par deux exemples.
L’Afrique subsaharienne, tout d’abord. Les femmes y sont chargées de 70 à 80 % de la production alimentaire du ménage. Ce sont généralement elles qui ramassent le bois de feu et qui tirent l’eau des puits. Elles jouent également un rôle primordial dans le domaine de l’agriculture. En cas de pénurie des ressources naturelles suite à une sécheresse prolongée ou à une inondation, il est bien évident que dans certaines régions du monde, ces activités vont prendre beaucoup plus de temps. Dans l’état actuel des choses, les femmes doivent travailler davantage pour assurer l’approvisionnement alimentaire du ménage et leur accès à l’éducation s’en voit réduit. On a donc un cercle vicieux qui aggrave les inégalités sociales au détriment des femmes.
En second lieu, les femmes sont souvent confrontées à des limitations de leur participation à la sphère publique liées à la culture. Dans certains cas, elles ne sont pas autorisées à pénétrer dans les espaces publics si elles ne sont pas accompagnées d’un homme. Dans les cas de catastrophes naturelles causées par les températures extrêmes, leur accès à l’information s’en voit restreint, qu’il s’agisse des prévisions météorologiques ou des systèmes d’alerte précoce pour la prévention des catastrophes naturelles. Les études réalisées dans ce domaine montrent qu’en raison des inégalités économiques et sociales existantes entre les femmes et les hommes, les catastrophes naturelles font plus de victimes chez les femmes. Les femmes et les enfants ont 14 fois plus de risques que les hommes de mourir lors d’une catastrophe naturelle. 65 % des victimes du tsunami de 2004 en Indonésie étaient des femmes. À la différence des hommes, la plupart d’entre elles se trouvaient chez elles lorsque le tsunami s’est produit, et n’avaient donc pas été averties.
Les femmes doivent devenir un nouvel acteur dans la lutte contre le changement climatique
De même qu’il est important de reconnaître à quel point les femmes sont touchées par le changement climatique, nous devons également les aider à devenir de véritables acteurs de la lutte contre le changement climatique. Vu leur rôle dans la société ainsi que les tâches qu’elles accomplissent au sein de leur communauté et de leur famille, elles peuvent avoir une contribution unique au débat politique grâce à leur précieuse expérience. Leurs connaissances sont capitales si l’on veut s’adapter plus efficacement au changement climatique. Il est également indispensable de tenir compte des conditions de vie et des besoins spécifiques des femmes pour créer des politiques de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement.
Il existe une autre bonne raison de faire participer les femmes au débat : non seulement elles subviennent aux besoins de leur famille et sont des acteurs essentiels dans le domaine de l’agriculture, mais elles vont également devoir avoir recours aux formes d’énergie renouvelables comme la biomasse, le biogaz et l’énergie solaire, qui toutes sont nécessaires à la lutte contre le changement climatique. Enfin et surtout, en tant que mères et éducatrices, elles ont un rôle capital à jouer pour favoriser le changement des comportements dans le cadre des activités économiques et sociales.
Relever le défi
Malgré leurs précieuses connaissances et leur rôle essentiel dans la société, les femmes ne sont pas suffisamment représentées dans les processus de prise de décisions concernant le changement climatique. Leur expérience et leurs besoins sont donc totalement absents du débat politique. C’est une situation qui doit changer. Afin d’inscrire la dimension du genre à l’agenda des politiques environnementales, les femmes doivent être consultées, informées et intégrées au débat sur le changement climatique, à l’échelle locale, nationale et internationale. L’Union européenne s’est faite depuis longtemps le promoteur de l’égalité entre les femmes et les hommes, et joue un rôle capital sur le plan international dans le domaine des politiques de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement. Mais si l’on veut relier ces deux dimensions, il faut aller plus loin.
Le changement climatique est un sujet capital, au cœur du débat lors des Journées européennes du développement. N’oublions pas d’y écouter la voix des femmes, et profitons de cette occasion pour inscrire la sensibilité de genre à l’ordre du jour lors de l’adoption de mesures de lutte contre le changement climatique.
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Date : 08 avril 2010, 18:20
Dear Christopher,
I understand your argument but think we need to distinguish between climate change mitigation and adaptation. “If women became equal to men tomorrow, it still would not solve the problem that the developed world emits the vast majority of greenhouse gases”. I think women’s role in climate change mitigation might indeed be limited, but that their role in adaptation could be quite substantial.
On the first point of mitigation, I do think gender equality can help to reduce future emissions. Even though politically and legally binding commitments will be made at global level, practical changes will be made at local level. It is exactly at this local level, that women will be able to make a difference if they get a chance to become agents: they are “vital actors in agriculture” and “the ones who will have to work with the renewable forms of energy […] in order to tackle climate change”.
This is a long term perspective, however, and perhaps the role of women is more clearly visible in climate change adaptation. “Due to […] the tasks they fulfill in their community and family, women can contribute to the political debate with valuable experience. Their knowledge is crucial to adapting more effectively to climate change”. Secondly, “as mothers and educators they have a crucial role to play in the promotion of behavioural change in economic and societal activities.” Gender equality will allow us to benefit from the above more greatly. While some may scoff at this, studies of spending patterns in sub-Saharan Africa show a distinct difference between men and women’s spending behaviour; women usually responding to increased disposable income more conscientiously, by buying necessities for their families; men being more prone to spending it on luxuries. Similarly, women are less likely to provoke conflict and can be instrumental in conflict prevention and mediation. Gender equality can transfer above qualities from the private to the public sphere, and at the level of local government they would be invaluable to adapting to climate change, especially so if climate change becomes a securitized issue.
Lastly, while you say that gender equality is an issue ‘regardless’ of state development level, this of course does not mean it necessarily ought to be disconnected from development or that it is an issue that does not merit our attention in this context. In the same way that we should address inequalities of payment in the developed world; we should address the fact climate change will disproportionally affect women. Focusing on ‘much larger and relevant issues’, you are creating a hierarchy of problems related to climate change, which implies a perceived necessity of limiting our focus to the most stringent ones. Yet solutions to these problems are by no means a ‘zero-sum game’.
Date : 04 novembre 2009, 16:09
It’s creative to connect climate change with gender inequality. I think it’s sort of reasonable. Since women run the household and are the “vital actors in agriculture”, if they are taught how to use renewable energy, that would be helpful to ease the impact of climate change to some extent. And as the article points out women should be educated about the climate change, and then they can spread the basic knowledge to their children. However, the women’s role in ease the effect of climate change is limited. It is still important to call on major emitters to be responsible for their acts by controlling emission and developing clean energy.
Date : 03 novembre 2009, 03:20
I think the focus on gender inequality among the climate change victims of the global poor is misguided because even if you could fix all the gender inequality issues in the global poor societies it would not change the fact that all of the global poor will suffer from climate change's consequences and have little to no power to change that fact. Gender inequality is a global issue regardless of state development level. The United States still has a significant earnings gap between men and women who perform the same work. To focus on the misery of women of the global poor is just an exercise in quantifying degrees of misery. Everyone in the society will be miserable and will suffer from the effects of climate change. I am sure women will suffer more than men and that is a terrible thing, but climate change power relationships are much larger and relevant issues. If women became equal to men tomorrow, it still would not solve the problem that the developed emits the vast majority of greenhouse gases, yet will not suffer consequences as severe as the developing states of the global South. How are poor states going to get major emitters like the US and China to curb their emission for their benefit? If desertification for sub-Saharan Africa and Central America continues there will not be any farms left to exploit gender inequalities.
Date : 02 novembre 2009, 03:20
I would like to thank Margot Wallstrom for bringing this issue to the front end. I will start my comment with the title which I disagree with. I will consider women to be both: victims -- as the article stated the causes and agents. I think the former has to be stressed because most people do not necessarily see women or consider women as victims of climate change since the gendered argument is lacking in many debates. As to the latter, there is more than ever a need to integrate women in all aspects of societal life and to increase their participation in policy and political debates, debates in which outcomes that affect their lives are coming out. Aside from participation, there is a need to education for women. As we all know, with education more opportunities are found and more access is given to women in society. Lastly, I will finish by saying that practical training needs to be given to these women alongside formal literacy programs on issues such as climate change, natural/ environmental disasters, emergency response and so forth. More often than not, international organizations design their literacy programs around reading and writing but no practical training on how to respond to emergency and natural crisis being given, or their curriculum does not fit the needs of the people, in that case women.
Date : 27 octobre 2009, 11:05
Et n'oublions pas que la moitié des hommes sont des femmes dans ce monde !! Elles ne sont donc pas juste une minorité de plus affectée par les effets des changements climatiques. Je rejoins Mme Wallström quand elle dit que les femmes ne sont pas assez représentées dans les systèmes de décision. Et ce n'est que le jour où elles le seront que l'on arrêtera de les considérer comme une minorité.
Date : 25 octobre 2009, 20:45
In areas of the developing world where women are the primary care takers and are responsible for cultivating and preparing food and day-to-day essentials, I agree that it is absolutely necessary that they truly understand the state of the global environment. It is very disheartening to know that there are families suffering from the extreme cases of environmental degradation that are unaware of HOW or WHY such a phenomenon exists. They exist as the losers of globalization without being players in this imbalanced game. These women need to be educated regarding climate change, natural disasters, water sanitation and irrigation in order to give them strength. It blatantly unfair that developed countries are destroying the earth’s environment and letting developing poor nations suffering the consequences of such actions. While education may not solve their problems, it will give them the capacity to make decisions that might better suit their needs. Once these women are educated, I agree that their input will be priceless in terms of reversing the negative affects of globalization.
However, one must ask his or herself this question: it is possible that developed countries choose not to educate these individuals so that the truth about environmental degradation may further be repressed? Is it possible that various aid organizations and foreign governments purposely withhold pertinent information in order to limit the knowledge obtained, that is necessary to speak out, so that these women and their families will not have the strength to be heard?
Date : 25 octobre 2009, 12:12
Dears friends in the Forum
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I am women .
I plant the tree in door and out door around living place .I understand that it made house better for living .
I dream about Solar energy and I will pay less than electricity .
We buy the good equiment for family so it will be use less energy.
We try to use more natural light in the house ,and less use the lamps use electricity .
We keep reserve water and and pour water in the grounds in the hot day ( high temperature day ) .it made temperature reduces around living place .
Date : 24 octobre 2009, 16:28
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