Copenhague : Requiem pour un sommet ?


Auteur : Fondation Chirac

Date : 08 décembre 2009


Avant même son ouverture, tout un chacun prédit l'échec du futur sommet danois de Copenhague sur l'environnement. Certes les raisons de craindre une réunion internationale aux faibles résultats existent. Il n'empêche, les enjeux sont trop graves pour qu'on accepte une philosophie de l'échec avant même d'avoir essayé.

 

Il semble de bon ton, à quelques semaines du sommet de Copenhague, de prédire un enlisement des négociations internationales et d’énoncer toutes les raisons pour lesquelles il est vain d’espérer un accord de principe sur une future feuille de route mondiale, ouvrant la voie à une économie fondée sur un nouveau paradigme énergétique.


En effet, il est d’ores et déjà acquis que les engagements de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixés par le protocole de Kyoto, ne seront pas respectés lorsque l’on arrêtera les comptes en 2012. Pour noircir davantage le tableau, les derniers travaux du GIEC, ont démontré que ces premiers objectifs, sont beaucoup trop limités si nous souhaitons contenir la dérive climatique dans une fourchette « raisonnable ».  


Trouver un accord, et si tenir entre des acteurs aux intérêts si divergents, parait à l’évidence une illusion. L’histoire de la diplomatie internationale est en effet pavée d’échecs et de compromissions, dans tous les domaines : l’aide au développement, l’agriculture, le commerce, les droits de l’homme, la lutte contre la corruption. Pourquoi en serait-il autrement pour le climat ?  Laissons la technologie accomplir des miracles et la main invisible du marché verdir doucement.


Cette posture est intenable et irresponsable. Il parait particulièrement dangereux de renoncer à notre seul espace et instrument de négociation internationale prenant prétexte de nos éternelles rivalités et de notre incapacité à partager équitablement les ressources de cette planète. Nous sommes arrivés à un point de non retour menaçant tous les fondamentaux de nos sociétés, l’équilibre fragile de nos organisations sociales, économiques et politiques.  Nous ne pouvons plus nous accommoder de cette tiédeur, de ces petits marchandages opportunistes.  Grandissons, apprenons à vivre et à parler ensemble autrement.


En effet, nous devons inventer un nouveau modèle économique plus équitable, intégrant pleinement les contraintes environnementales pour 7 milliards d’êtres humains d’ici 10 ans. Nous sommes démunis et incapables de trouver les déterminants de cette croissance verte que nous appelons de nos vœux, telle une pensée magique.  Avant de recueillir les fruits de ce nouvel âge d’or, il faudra  d’abord s’engager dans une longue et délicate période de transition. A y regarder de plus près, ce passage ressemble fortement à un chas d’aiguille face auquel, nous avons le choix suivant : passer à l’intérieur ou échouer. Ce passage nécessite donc une prise de conscience immédiate et collective des enjeux climatiques et énergétiques. Passer ensemble le chas de l’aiguille impose d’adopter, de façon concertée, la bonne trajectoire, au degré près et de se donner les moyens d’agir considérablement sur sa souplesse et sa corpulence.


Ces deux questions sont exactement au cœur des négociations de Copenhague et nous devons collectivement y répondre, au plus vite. N’enterrons pas trop vite les rudiments du seul alphabet vert dont nous disposons et sur lequel reposera à l’avenir notre langue commune.

 

Geneviève Ferone

Membre du Conseil d'administration de la fondation Chirac, Directrice du développement durable chez Veolia Environnement



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3 commentaires

sys enr panneaux solaires

Date : 06 janvier 2010, 14:43

Ce que vous dites est vrai et d'ailleurs s'est produit, il ne fallait pas s'en étonner. Mais, malgré tout, il y a eu des progrès d'après ce que j'ai pu lire dans un autre article.

Malgré tout, comme vous le soulignez, mettre en place un nouveau modèle prend du temps et un sommet ne peut suffire à lui seul. Quand on voit l'évolution des pratiques en France sur les 20 dernières années, on est impressionné et pourtant beaucoup disent que c'est encore pire.

Plus que le sommet de Copenhague, je soutiens personnellement l'amélioration des pratiques de chacun et une utilisation raisonnée des ressources plutôt qu'une consommation sans limites.

Che Thuy Nhu

Date : 10 décembre 2009, 11:06

Bonjour monsieur Geneviève Ferone,
Membre du Conseil d'administration de la fondation Chirac, Directrice du développement durable chez Veolia Environnement

D’ accord ,
“Il semble de bon ton, à quelques semaines du sommet de Copenhague, de prédire un enlisement des négociations internationales et d’énoncer toutes les raisons pour lesquelles
il est vain d’espérer un accord de principe sur une future feuille de route mondiale, ouvrant la voie à une économie fondée sur un nouveau paradigme énergétique.”
Merci

Clavreul

Date : 09 décembre 2009, 11:56

Bonjour ,
Je partage votre point de vue. Pourquoi aller à Copenhague alors que tous les experts ont rendu leur copie et que les conseillers des grands de ce monde ont déjà fait prendre les décisions avant la conférence. Le changement ne peut s'opérer qu'avec les acteurs de la base. Et nous avons besoins d'un plan de communication pour chaque pays . Ceci afin de donner la parole à ceux qui agissent déjà d'une manière positive. Les Etats du Sud n'utilisent pas assez les réseaux de communication au service de la sécurité alimentaire et de la lutte contre les gaz à effet de serre.
Malgré tout voici ci-après mes propositions pour la conférence de Conférence de Copenhague.

LUTTER CONTRE LES GAZ AEFFET DE SERRE ET AMELIORER
LA PRODUCTION AGRICOLE DES PAYS DU SUD : C’EST POSSIBLE

Au moment où de nombreux appels se font ici et là pour alerter les responsables du monde entier qui se retrouveront à Copenhague, il est possible de communiquer un message d’espoir.
C’est le moment de lancer quelques propositions réalistes et peu onéreuses au regard de leurs impacts sur l’avenir de la planète.

Quand nous parlons de production de gaz à effet de serre nous pensons en premier lieu à la combustion des énergies fossiles, à la destruction des forêts, à la production de méthane par les herbivores et notamment des bovins et nous oublions la production du méthane dans les rizières irriguées du monde entier. (les rizières irriguées sont à l’origine de 60 millions de tonnes de méthane par an)

Dans ce contexte, nous nous devons de faire des propositions constructives et innovantes à ceux qui prendront des décisions lors de la conférence de Copenhague. Là, nous pensons particulièrement aux pays du Sud. La réplique au problème du réchauffement climatique devrait permette de développer une gestion positive de l’environnement et de répondre à la Souveraineté alimentaire de ces pays. Par exemple :

 faciliter et soutenir le développement d’une riziculture familiale qui ne produit pas de gaz à effet de serre. Cette méthode le Système de Riziculture Intensive mise au point à Madagascar par l’agronome et Jésuite Henri de Laulanié permet des rendements multipliés par quatre avec moins d’eau et sans production de méthane. Elle permettrait de diminuer la production d’1.200.000.000 de tonnes de méthane en 20 ans. Ce n’est pas négligeable.

 Proposer des modèles de plantations de familiales de palmiers à huile qui permettent de restaurer les écosystèmes tout en permettant à des familles de bien vivre de leur exploitation. Le WWF et d’autres organisations comme le PNUE devraient être les promoteurs de telles réalisations pilotes et imposer ce modèle à tous ceux qui veulent cultiver du palmier et/ou le jatropha curcas. L’UE devrait être aussi associée à ce type de proposition puisqu’elle prône l’incorporation de 10% de biocarburant dans les carburants.

 Lutter contre la désertification en restaurant les sols par la création de haies vives et la plantation d’arbres à usages multiples en vue de la production d’énergie et améliorer la fertilité des sols. Ces plantations permettraient de mieux gérer l’eau et de stocker de grande quantité de carbone. Voir l’expérience de la ferme de Guié au Burkina Faso.

 Installer des brise-vent autour des grands périmètres irrigués afin de produire du bois, des fruits, de l’énergie sur place, d’économiser l’eau et de lutter contre les pollutions chimiques des nappes phréatiques et des fleuves…La création de brise-vent permettraient de planter des milliards d’arbres et de combattre efficacement contre les gaz à effet de serre.

 Soutenir l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte qui vise une à la mise en place d’une vaste zone agro-syvo-pastorale de 7.775 Km de long sur 15 Km de large partant du Sénégal pour aller jusqu’à Djibouti. Je suis personnellement impliqué dans cette réalisation.

Voici quelques propositions originales qui pourraient être faites lors de la Conférence de Copenhague afin de soutenir l’agriculture familiale en luttant contre les gaz à effet de serre.


Jean Yves CLAVREUL Consultant en communication pour le développement durable.

jean-yves.clavreul@wanadoo.fr
2 Rue du Garage
14 460 COLOMBELLES
France
00 33 (0)2 31 34 99 26



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