« Climategate » A qui profite le crime ?


Auteur : Fondation Chirac

Date : 14 décembre 2009


Face à la montée en puissance de ceux qui se présentent sous le terme « climato-sceptiques », l’indifférence parait être une posture dangereuse ; cette communauté existe bel et bien, apparaît puissante, organisée et pratique l’art de la subversion avec des moyens que certaines ONG environnementales, un peu musclées, ne renieraient pas elles mêmes. Certains peuvent exprimer des inquiétudes légitimes sur son influence auprès d’une opinion internationale fraîchement sensibilisée et faiblement mobilisée sur le sujet du réchauffement climatique.

 

Une menace pour les revenus de certains

De fait, il est toujours précieux de conserver de l’humilité, surtout dans le domaine scientifique, et de s’assurer que toutes les voix puissent être entendues dans un exercice, exigent et sans complaisance, de peer review, tel que le pratique les membres du GIEC entre eux. La question est ailleurs, la violence de la charge contre les climatologues, les accusant de complot et de falsification, donne plutôt à penser que certains auront donc beaucoup à perdre si la communauté internationale avançait sur la voie d’un accord global à Copenhague.

 

Si on y regarde de plus près, ces attaques ont surtout un caractère très prévisible. Ceux qui vivent – très bien – de la rente des énergies fossiles ne sont pas les chantres d’une économie décarbonée. Ils sont capables de faire leurs calculs et de s’apercevoir que le monde qui se dessine grignotera lentement mais inexorablement leurs privilèges. Paradoxalement, en ayant recours à de telles méthodes d’intimidation et en jetant le trouble et le discrédit à l’ouverture du sommet le plus médiatisé de la décennie, ces détracteurs montrent très clairement que oui, le changement climatique est bien une menace réelle pour eux et leurs fonds de commerce.

 

L’immaturité d’une partie des acteurs économiques et politiques

Ces procédés ne sont donc pas nouveaux et ont été promus largement, parfois avec succès par d’autres industries qui se sentaient menacées. Ils sont surtout la preuve de l’immaturité d’une partie des acteurs économiques et politiques qui refuse tout simplement de considérer avec lucidité et courage l’immense enjeu qui attend l’humanité en ce début de siècle. La ressource la plus rare n’est ni le pétrole, ni l’intelligence collective que nous pouvons déployer ensemble, la ressource la plus rare est tout simplement le temps. Le temps ne s’achète pas, ne dispersons pas nos forces, ne nous trompons pas de combat. Oui, il existe bien évidemment des marges d’incertitudes, oui, personne n’est capable de prédire exactement quelle sera la température de la terre en 2032.

 

Nous disposons cependant d’une somme d’informations considérables étayant la contribution des hommes au réchauffement de la planète. A l’image d’une dépression, plusieurs fronts d’une rare violence sont en train de converger à très grande vitesse sur nous. Ces fronts, un par un, constituent des événements majeurs d’instabilité et de rupture de nos modèles sociaux, économiques et écologiques. Ensemble, ils constituent un défi inédit, associant une multitude d’acteurs aux intérêts divergents, devant impérativement trouver une solution unique, dans une fenêtre temporelle très étroite.

 

Combien de temps allons-nous encore attendre pour savoir s’il est trop tard ?

 

Geneviève Ferone

Membre du Conseil d'administration de la fondation Chirac, Directrice du développement durable chez Veolia Environnement

 

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4 commentaires

sys enr panneaux solaires

Date : 06 janvier 2010, 14:49

Tout d'abord, je m'oppose dans une certaine limite à l'article qui incite à l'humilité face à la science car la communauté scientifique n'est pas uninaminement d'accord sur le phénomène et je constate à l'inverse un phénomène qui fait que les plus ardents défenseurs de la protection utilise toute publication, même fallacieuse, pour appuyer leur argumentation.

Mais, hors de ces considérations, inhérentes à la plupart des débats, il est plus que clair aujourd'hui que nous devons agir en faveur de l'environnement car, sans parler du climat, la propension aux allergies ou cancer constatée dans les villes vient évidemment de la pollution.

De plus, nous ne pouvons nous opposer à cette question du climat, tout simplement car si cela est vrai, cela aura des conséquences catastrophiques sur notre Terre et nous ne pouvons nous permettre de prendre ce risque.

Che Thuy Nhu

Date : 24 décembre 2009, 03:48

Without discussion we know that fossil fuels create Co2.It bad for the health of human, animal.
We feel good heath in the green area with forest or garden .We feel bad when we live near factories and burning place.
And the resource of Oil, coat is limited .In future it can’t meet the life requirement.
Even they want or not want; the renewable energy should be developed. It not only depends to global warming earth .It because we can’t avoid.
1- Develop green economy .Develop forest.
2- Apply the energy economy in all activities .Teach people use equipment with energy economy
3- Study and apply the Win, solar and nuclear energy are necessary
Thank you

Rasika Gokhale Athawale

Date : 22 décembre 2009, 06:58

Accusations are bound to happen - specially for someone who takes the lead in matters of interest for the masses; and not for the wealthy few.

The winning mantra is to share knowledge as vast as possible and involve all stakeholders in the decision-making process.

London Guru

Date : 16 décembre 2009, 23:49

We should not mix politics with science, and rush into conclusions based on political or commerical agenda of major players

http://sensit.wordpress.com/2009/11/28/science-is-a-business-for-profit/

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