Après Copenhague, on manque de visionnaires


Auteur : Rajendra Kumar Pachauri

Date : 04 juin 2010


La Conférence des Parties à Copenhague n’a pas produit les résultats espérés lors de la 13e Conférence des Parties à Bali (décembre 2007), et durant les mois qui la suivirent.

 

Les réalités du changement climatique, énoncées dans le Quatrième Rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), imposaient l’adoption d’un accord fort à Copenhague. Ce rapport avait permis une large prise de conscience à travers le monde, à la fois sur les impacts du changement climatique (malgré les controverses récentes sur la question du rôle des émissions de gaz à effet de serre et sur les bénéfices tirés de la réduction de ces émissions). Pour tous, l’adoption d’un accord mondial aurait pu constituer une étape décisive, essentielle pour aller plus loin. Quoi qu’il en soit, Copenhague a abouti à un document désormais appelé Accord de Copenhague, signé par un nombre restreint de pays et qui n’est rien d’autre qu’une déclaration d’intention commune des signataires. Toutefois, l’accord en lui-même contient quelques éléments utiles.

 

Il reconnaît par exemple la nécessité de limiter l’augmentation de la température à 2°C1. Plusieurs acteurs de la société civile et l’opinion publique insistaient sur cet objectif depuis un certain temps. Copenhague a également chiffré à 30 milliards de dollars, pour la période 2010-12, l’aide financière nécessaire pour que les pays en développement puissent s’adapter aux conséquences du changement climatique, et adopter des mesures de réduction des émissions. De plus, longtemps débattues, les actions de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts ont été citées comme des outils efficaces de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre à travers la mise en œuvre de mesures adaptées dans plusieurs pays où la déforestation est un véritable problème - comme au Brésil où les énormes réserves de forêt amazonienne sont en train de disparaître à une vitesse considérable.

 

Voici la question que l’on doit se poser aujourd’hui : comment le monde pourrait-il avancer désormais, alors qu’il n’y a pas eu d’engagement ferme à Copenhague et qu’il nous reste moins d’un an pour obtenir des résultats concrets à Mexico, lors de la prochaine Conférence des Parties fin 2010 ?

 

Pour réussir au niveau mondial, il faut un engagement sans précédent de plusieurs pays. Il est évident qu’un grand nombre de résistances se manifestent et s’organisent à plusieurs échelons, notamment aux États-Unis où le Sénat tarde à voter la législation proposée par l’administration américaine. Il est essentiel dans les démocraties que les citoyens comprennent la nécessité, en particulier sur le changement climatique, d’une décision rapide et anticipée, dont nos sociétés tireraient un grand bénéfice. C’est pourquoi nous avons besoin d’une capacité de décision visionnaire pour lancer et voir au-delà de la nécessaire transition de notre système économique. Il faut passer des énergies fossiles à un système qui non seulement utilise mieux l’énergie, mais optimise aussi les sources d’énergies renouvelables. L’actuelle crise économique, loin d’être un frein pour cette transition, est une opportunité que doivent saisir et comprendre les dirigeants et l’opinion publique mondiale si nous voulons un accord global. C’est à cette condition que nous pourrons agir à la Conférence des Parties à Mexico.

 

R. K. Pachauri

 

Cet article a été publié dans le rapport d’activité 2008-2010 de la Fondation Chirac

Traduction : Fondation Chirac

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4 commentaires

Richard

Date : 28 août 2010, 11:22

Really your content is interesting and thought provoking,Good information with formal narration which reaches all mind and create changes. I'm not much knowledgeable to comment on you but still I'm much impressed.

J.Kelvyn Richards

Date : 07 juillet 2010, 16:16

What is required is leadership based on reality not visions.
For example, the credit crises of 2007/8/9 led to a change in the balance of power. China has lots of cash, the USA has lots of debt; the East has cash, the West has debt. Free market capitalism has generated debt, sovereign capitalism has accumulated cash.
At the moment the free market capitalists are busy telling everyone else that spending and development has to be regulated. The countries with lots of cash, and ready to spend, are not going to take this without a fight.
The developed world is telling the undeveloped world that the benefits of development are not for them! The future is going to be conflict, unless the leaders face up to reality and abandone their visions of dominance and unregulated spending.
see: www.kelvynrichards.com......Discourse: Social Ecology - a new morality - alternative choices?

Che Thuy Nhu

Date : 10 juin 2010, 06:58

Dear Mr. Pachauri and participants in the forum .
In the past we are very poor, but the environment is good for health
Now under competition, urbanization and hot development the environment became bad for us .
This is price for development ?
Some time., we dream about past time .
Every day we see in television fish died in the river, forest destroyed ,black water going to river .
Rubbish,noise ,smell of petrol,transport jam in the streets , transport accident
Quick urbanization, some rural habits import to the city life .
We need to do so much to over the situation .
Where start from ?
This is our question .


Pradip Dey

Date : 07 juin 2010, 14:09

Dear All,
Good day!
A close look at Copenhagen Climate Change Conference proceeding will indicate the following areas of disagreements:
1. Before inviting the US to indicate how their views might be better reflected, Chair Zammit Cutajar said he had attempted to indicate areas of disagreement by bracketing parts of the text but that these indications of divergence were “not sufficient” and consultations had therefore taken place in the past few hours on this issue.
2. Under the AWG-LCA, the negotiating text evolved into the most complex document in the history of the UNFCCC, with nearly 200 pages reflecting various proposals by all UNFCCC parties and thousands of brackets indicating areas of disagreement.
3. On the flexibility mechanisms, Facilitator Dovland noted disagreement on: carbon capture and storage (CCS) under the Clean Development Mechanism (CDM); standardized baselines; share of proceeds;
supplementarity; and regional distribution of CDM projects.
I think working on these areas ,will give precursor for further negotiation.
Thanks and regards.
Pradip Dey

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