Auteur : Blog administrator
Date : 22 octobre 2009
Compte-rendu de la session plénière "La réponse à la crise économique mondiale"
Je me suis rendue au Forum sur la politique de développement organisé par Friends of Europe, intitulé « Beyond aid : is our aid focus too narrow ?». Cette table-ronde avait pour objectif d’examiner le degré d’efficacité de l’actuel modèle d’aide au développement, et de débattre des pistes d’amélioration possibles.
Les débats furent passionnants, et les intervenants nombreux ; parmi eux : Koos Richelle (Europaid), Bernd Eisenblätter (GTZ), Jean-Michel Debrat (AFD), Huguette Labelle (Transparency International) et Shantayanan Devarajan (Banque Mondiale). Le débat était animé par Giles Merritt, Secrétaire général de Friends of Europe, qui a rappelé au public l’importance d’organiser des événements tels que les JED et de se rencontrer régulièrement, dans la mesure où les enjeux du développement sont de plus en plus importants dans le monde. Selon lui, les JED sont en voie de devenir un événement annuel majeur.
Au cours de ce débat, plusieurs problématiques ont été soulevées : quels volumes d’aide ? quelle doit-être la nature de l’aide ? Comment lui donner d’une structure efficace ? A quel point la crise économique mondiale a-t-elle changé la donne ?
Plusieurs points importants ont été soulevés par les intervenants et au cours du débat :
- Le thème central fut la question de l’appropriation par les pays bénéficiaires, et la nécessité pour les bailleurs de s’aligner sur les réalités locales, les conditions politiques et les priorités définies par les partenaires eux-mêmes. Pour Mme Labelle (TI), le développement ne peut être conçu « que par et pour les populations bénéficiaires ». A cela s’ajoute la nécessité, pour les bailleurs, d’une plus grande transparence dans l’utilisation des fonds secteur par secteur.
- Les intervenants ont également souligné la complexité croissante qui caractérise l’aide, aussi bien dans ses acteurs, ses instruments que ses objectifs. Si l’éradication de la pauvreté doit demeurer un objectif prioritaire, d’autres questions occupent une place croissante et se posent également à une échelle de temps très longue, en particulier la protection des biens communs de l’humanité, comme le climat. De ce fait l’APD semble devenu un instrument trop étroit. Jean-Michel Debrat, en particulier, a souligné qu’il était mesuré de manière universelle par un instrument qui avait ses limites. Plutôt que de le mesurer par des flux ne devrait-on le mesurer par son impact concret ? Et n’y a-t-il pas aujourd’hui besoin d’un nouveau paradigme pour l’aide au développement ? Il est temps d’avoir une approche autre que comptable de l’APD, car il s’agit moins d’un problème technique que d’un problème politique.
- Ainsi le développement fut définit comme « un phénomène de transformation des sociétés » (Eisenblatter). Ce n’est pas uniquement une question technique mais une question de société ; qui par conséquent doit faire appel, dans la réflexion, à la contribution des sciences sociales.
- Au final, s’il ne s’agit nullement de mettre un terme à l’aide, le problème réside peut-être dans l’utilisation du mot « aide » lui-même : un terme étroit qui crée des incompréhensions d’ordre culturelles, et qu’il conviendrait peut-être de changer, ou au moins d’expliciter. Car l’aide ne doit pas être conçue comme une charité, mais bien comme un investissement mutuel.
Dans la même veine nous avons interviewé Donald Kaberuka, Président de la Banque Africaine de Développement, pour l’interroger, notamment, sur la pertinence de l’aide au développement.
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