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	<title>Idées pour le développement</title>
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	<description>Blog about the development</description>
	<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 10:52:50 +0000</pubDate>
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		<title>De l’architecture aux réseaux: L’aide dans un monde à géométrie variable</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 12:31:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Minouche Shafik</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé: Malgré le ralentissement économique, le secteur du développement est en train de s’accroître et de se fragmenter tandis qu’un plus grand nombre  et une grande diversité d’acteurs apparaissent dans ce secteur. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de changements de plus grande ampleur en matière de gouvernance mondiale caractérisés par l’émergence de nouvelles alliances [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="small;"><span style="Arial;"><strong><em><span style="FR;" lang="FR">Résumé: </span></em></strong><em><span style="FR;" lang="FR">Malgré le ralentissement économique, le secteur du développement est en train de s’accroître et de se fragmenter tandis qu’un plus grand nombre<span style="yes;">  </span>et une grande diversité d’acteurs apparaissent dans ce secteur. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de changements de plus grande ampleur en matière de gouvernance mondiale caractérisés par l’émergence de nouvelles alliances visant à résoudre divers défis mondiaux telle la pauvreté ou le changement climatique. Toutes les organisations de développement doivent trouver leur créneau au sein de cette architecture plus complexe, et les pays en développement doivent faire preuve de plus d’autorité pour aligner l’aide sur les stratégies et les systèmes de leurs pays. Étant donné l’absence de forces du marché ou de toute réglementation ayant force de loi, ces tendances dans le secteur de l’aide accordent une grande importance à la transparence, à l’analyse comparative et à l’évaluation indépendante. <a name="_ftnref1" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><strong><span style="AR-SA;" lang="FR">[1]</span></strong></span></span></span></a></span></em></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Un secteur de l’aide plus fragmenté et plus diversifié</span></span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"></span></strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="Arial;">Le secteur du développement connaît une mutation rapide, avec un nombre croissant d’acteurs et une plus grande fragmentation dans leur manière d’opérer. Il existe actuellement plus de 40 donateurs bilatéraux et plus de 200 agences multilatérales. L’aide officielle au développement, telle qu’elle est communiquée au Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, s’est élevée à 120 milliards de dollars en 2008. Plusieurs acteurs du développement sont nouveaux ou en expansion, allant des poids lourds comme la Chine et la Fondation Bill Gates, aux millions d’ONG et organisations caritatives opérant dans le monde entier, en passant par les nouveaux fonds internationaux. Si l’ampleur de la philanthropie privée internationale est difficile à mesurer, une étude récente a toutefois estimé que 49,1 milliards de dollars allaient des pays développés vers les pays en développement chaque année.</span><a name="_ftnref2" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;" lang="FR">[2]</span></span></span></span></a><span style="small;"><span style="Arial;"> Bien que cette croissance ait apporté des ressources et un dynamisme supplémentaires, l’échelle même de la croissance des acteurs du développement rend les mécanismes actuels de coordination de plus en plus difficiles à gérer.<span style="yes;">  </span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="Arial;">La fragmentation se traduit également par des projets et des programmes plus modestes. Le nombre d’activités d’aide inscrites au CAD est passé de 17 000 en 1996 à 81 000 en 2006.<span style="yes;">  </span>Toutefois, leur taille moyenne a baissé, passant de 3,2 millions de dollars à 1,6 million au cours de la même période. En raison de la prolifération de petits projets émanant de nouveaux acteurs, la taille moyenne d’un nouveau projet est en réalité tombée à 67 000 dollars.</span><a name="_ftnref3" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;" lang="FR">[3]</span></span></span></span></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="Arial;">Outre une plus grande fragmentation, le secteur de l’aide est en train de devenir plus bilatéral. La part multilatérale de l’aide officielle au développement (AOD) stagne en termes nominaux et baisse en tant que part du total, tandis qu’un nombre croissant de pays choisissent de ne pas voir leurs objectifs dilués par des structures de gouvernance multilatérales.</span><a name="_ftnref4" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn4"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;" lang="FR">[4]</span></span></span></span></a><span style="small;"><span style="Arial;"> À mesure que les objectifs des pays divergent, les compromis sont plus difficiles à atteindre par le biais des structures multilatérales, et la capacité de ces institutions à s’adapter et à innover diminue. En conséquence, la récente croissance de l’aide est stimulée par des accords bilatéraux, des fonds internationaux et des organismes de bienfaisance privés qui répondent à des problèmes précis (le VIH ou l’éducation, par exemple) sans que des compromis soient nécessaires dans le cadre d’un programme de développement plus large.</span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">En dépit des importantes retombées de la crise mondiale sur tous les flux en direction des pays en développement, cette tendance à la multiplicité croissante dans l’aide officielle au développement, la philanthropie et les capitaux privés, va probablement se poursuivre. Cette croissance et cette fragmentation simultanées du secteur du développement ne constituent pas seulement un phénomène intéressant pour les observateurs. Elles ont un impact réel sur les pays en développement, dans la mesure où ceux-ci traitent avec plus d’acteurs, et posent un défi à l’atteinte d’une plus grande cohérence politique. Les acteurs du développement devraient s’adapter à ce nouvel environnement de trois manières : premièrement, en établissant des réseaux appropriés pour coordonner les solutions aux problèmes mondiaux ; deuxièmement, en se concentrant sur leur propre avantage comparatif ; et, troisièmement, en établissant une responsabilité mutuelle plus claire entre donateurs et bénéficiaires. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Gouvernance mondiale et géométrie variable: la forme suit la fonction </span></span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Il est devenu de plus en plus apparent que les structures actuelles de gouvernance mondiale et l’architecture de l‘aide sont mal adaptées aux besoins d’un environnement de développement en mutation. Le CAD est en train d’examiner sa liste de membres et se tourne vers les donateurs en expansion comme l’Inde et la Chine afin de faire participer ces acteurs aux forums multilatéraux qui établissent des normes, partagent les bonnes pratiques et contrôlent l’évolution. Les organismes privés de bienfaisance et les ONG disposent de réseaux étendus leur permettant de collaborer avec leurs pairs, qui devront devenir toujours plus efficaces. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="small;"><span style="Arial;"><span style="FR;" lang="FR">L’émergence du G20+ comme forum principal pour répondre à la crise économique mondiale constitue un exemple important où la forme suit la fonction. Elle reflète une approche plus pragmatique à la résolution de problèmes mondiaux qui réunit autour de la table les principaux représentants afin de résoudre un énorme problème d’action collective. Il est intéressant de noter qu’une formulation similaire avait été suggérée en 2006 par le</span><span lang="FR"> </span><span style="FR;" lang="FR">Groupe de travail international sur les biens publics mondiaux qui avait proposé un “Global 25” ou G-25 – un groupe représentatif de chefs d’États et de gouvernements ayant des liens solides avec les instances internationales officielles – afin de fournir des impulsions sur des questions telles que le changement climatique, les maladies infectieuses, la stabilité financière, le commerce et la paix, et la sécurité.<a name="_ftnref5" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn5"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;" lang="FR">[5]</span></span></span></span></a> Il semble vraisemblable que nous entrions dans un monde à « géométrie variable » – plus de groupes de contact, plus de « G » (G7/8/20/25/77), plus de fonds mondiaux, plus de coalitions et de partenariats entre le secteur privé, les ONG et les gouvernements autour de questions précises de développement ou autour de thèmes tels que les normes internationales pour les entreprises ou l’environnement. Rischard (2002) affirme que ces « réseaux relatifs aux questions mondiales » constituent un important supplément à la gouvernance et à la résolution de problèmes qui ont l’avantage d’être rapides, souples et légitimes.<a name="_ftnref6" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftn6"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;" lang="FR">[6]</span></span></span></span></a> À mesure que la forme suivra la fonction, nous aurons certes un monde plus compliqué, mais un monde où les perspectives d’influencer les résultats seront considérables pour les organismes souples et interconnectés. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Tous les acteurs doivent trouver leur créneau</span></span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Ces changements impliquent que tous les acteurs du développement devront savoir clairement quel est leur créneau, d’autant plus que la surveillance augmente dans les périodes économiques plus difficiles. Les donateurs d’aide bilatérale devront définir leur avantage comparatif – par rapport aux États fragiles ou aux pays à faibles revenus, par région ou par secteur. Le DFID, par exemple, concentrera de plus en plus son programme bilatéral sur les États fragiles et ses contributions multilatérales sur les institutions qui prennent en main de la manière la plus efficace les besoins des plus démunis. Les puissances émergentes comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud n’aiment pas se voir qualifier de « donateurs » et préfèrent parler de « partenariats » ; sans doute apporteront-elles de nouveaux modèles au programme de développement bilatéral et multilatéral.</span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Les institutions financières internationales demeureront importantes en tant que fournisseurs de financements contre-cycliques (comme cela est devenu apparent dans cette crise économique) et fournisseurs de financement de gros pour les investissements à plus grande échelle tels que les infrastructures et l’aide-programme. Le rôle du système onusien consistant à fixer des normes et de faciliter l’action et les normes mondiales deviendra encore plus important. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Les organismes de bienfaisance et fondations privés sont eux bien placés pour être les investisseurs de capital-risque du secteur du développement, étant capables de prendre davantage de risques que les bailleurs de fonds publics et de créer des innovations qui peuvent plus tard être intégrées au financement public. Les ONG continueront à être d’importants fournisseurs de services humanitaires et de développement, mais joueront aussi un rôle clé en rendant les gouvernements et le secteur privé responsables de leurs actes. Cependant, leurs rôles grandissant, il sera impératif que les organismes de bienfaisance<span style="yes;">  </span>et les ONG deviennent plus transparents et plus responsables. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Une plus grande responsabilité mutuelle</span></span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">S’il faut se réjouir du plus grand choix offert aux pays pauvres, il deviendra cependant encore plus impératif que les pays pauvres soient mieux équipés pour gérer stratégiquement leurs flux d’aide. S’agissant des bénéficiaires de l’aide, ils devront faire preuve de plus d’autorité concernant une plus grande efficacité de l’aide, inscrite dans les accords de Paris et d’Accra, afin d’obtenir plus de cohérence, une meilleure division du travail et un plus grand alignement avec la planification et les systèmes des pays en développement. S’agissant des donateurs, le débat devrait se recentrer de plus en plus sur l’alignement derrière les priorités des pays et sur une responsabilité mutuelle claire avec les pays en développement partenaires. En raison de l’accroissement du nombre d’acteurs, les organismes de surveillance, les ONG et les évaluateurs ont un plus grand rôle à jouer en tant que dénonciateurs de faibles résultats, dans le cadre de leur mission de contrôle et d’intercession en faveur de meilleures performances de la part des donateurs et des bénéficiaires.<span style="yes;">  </span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">De l’architecture aux réseaux</span></span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><strong><span style="FR;" lang="FR"></span></strong><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">L’architecture de l’aide internationale à venir donnera moins l’impression d’une architecture au sens où elle est appliquée à des bâtiments (lignes ininterrompues et structures aux divisions et responsabilités clairement définies) et plus celle d’une architecture telle qu’on l’utilise pour décrire l’Internet (un endroit où des connexions s’effectuent et où les parties ayant des intérêts communs se rencontrent et mènent des transactions commerciales). De plus en plus, les questions seront dirigées vers les forums où elles pourront être résolues de la manière la plus efficace. Les systèmes basés sur des réseaux présentent de réels avantages – ils ont tendance à être plus résistants et plus innovateurs. Les organisations de développement vont devoir trouver leur créneau dans ce monde nouveau et plus complexe. </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Ce nouveau réseau de fourniture de l’aide sera-t-il plus efficace ? Il existe des risques bien réels d’une augmentation de mauvais projets et de coûts accrus en transactions et en coordination. Pour autant, il se peut également que des ressources accrues, de plus grandes innovations, et des progrès plus rapides dans la lutte contre la pauvreté mondiale soient obtenus. Une façon d’augmenter l’efficacité dans ce nouveau monde d’aide est d’accorder une importance encore plus grande à la transparence, à l’analyse comparative et à l’évaluation indépendante. Il est peu probable que la réglementation et la coordination soient efficaces.</span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="justify;"><span style="FR;" lang="FR"><span style="small;"><span style="Arial;">Les efforts de nombreuses ONG, cellules de réflexion et agences d’aide visant à mettre en valeur les organismes qui fournissent un développement efficace sont déterminants. Il existe peut-être un argument en faveur d’une certification « bonne aide » qui, à l’instar du label « commerce équitable », renseignerait le public sur les efforts de développement (publics et privés) qui produisent de bons résultats. La certification peut être au niveau mondial (tel le classement du Centre pour le développement mondial des performances en matière de développement des pays donateurs), régional (telles les nombreuses ONG qui surveillent les engagements de Gleneagles envers l’Afrique), ou au niveau du pays (telle l’évaluation indépendante récente des performances des donateurs au Mozambique).<span style="yes;">  </span>Tout comme l’utilisation par Google des réponses positives pour mesurer l’utilité de divers sites Internet, ce type d’information comparative permettra aux contribuables et aux pays en développement de savoir où obtenir le meilleur rapport qualité-prix dans le secteur de l’aide. </span></span></span></p>
<div style="footnote-list;"><span style="Arial;"></span></p>
<div style="footnote;">
<p class="MsoNormal" style="18.0pt;"><a name="_ftn1" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[1]</span></span></span></span></a><span style="Arial;"><span style="small;"> </span><span style="FR;" lang="FR">Je remercie Marco Petracco-Giudici et Cecilie Rogenaes-Panxha pour leur excellente (et immédiate) assistance de recherche. Je suis également reconnaissante à Suma Chakrabarti, Richard Manning, Nancy Birdsall, Denis DeTray, Lael Brainard, Colin Bradford, Owen Barder, Pete Lewis et aux<span style="yes;">  </span>participants aux séminaires au Département du Développement international, à la Brookings Institution, à l’université d’Harvard, à l’université d’Oxford et à la London School of Economics pour leurs commentaires utiles sur les versions initiales. Les points de vue exprimés sont les miens et ne reflètent pas forcément la politique officielle</span><span style="9pt;">.<em></em></span></span></p>
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><span style="Arial;"> </span></p>
</div>
<div style="footnote;">
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn2" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[2]</span></span></span></span></a><span style="x-small;"><span style="Arial;"> Kharas, Homi (2009), “Action on Aid,” Wolfensohn Center on Development, Brookings Institution, avril.<em></em></span></span></p>
</div>
<div style="footnote;">
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn3" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref3"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[3]</span></span></span></span></a><span style="Arial;"> Kharas (2009).</span></p>
</div>
<div style="footnote;">
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn4" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref4"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[4]</span></span></span></span></a><span style="Arial;"> Andrew Powell (IDB et UTDT) et Matteo Bobba (IDB), “Multilateral Intermediation of Development Assistance: what is the trade-off for donor countries?”, document de travail IDB, juin 2006</span></p>
</div>
<div style="footnote;">
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn5" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref5"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[5]</span></span></span></span></a><span style="Arial;"> International Task Force on Global Public Goods, <span style="underline;">Meeting Global Challenges</span>, Stockholm: Suède, 2006.</span></p>
</div>
<div style="footnote;">
<p class="MsoFootnoteText" style="0cm 0cm 0pt;"><a name="_ftn6" href="http://www.ideas4development.org/wp-admin/#_ftnref6"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="footnote;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="AR-SA;">[6]</span></span></span></span></a><span style="x-small;"><span style="Arial;"> Jean-Francois Rischard (2002), <span style="underline;">Vingt défis pour la planète, vingt ans pour y faire face. </span>Paris: Acte Sud.</span></span></p>
</div>
</div>
<hr size="1" />
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		<title>Humaniser le Développement</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 17:02:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmaster</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Populations]]></category>

		<category><![CDATA[Reactions to current events]]></category>

		<category><![CDATA[Développement]]></category>

		<category><![CDATA[photos]]></category>

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		<description><![CDATA[
Comment voir le développement ? Comment présenter le visage humain des processus de développement ? Comment les initiatives et les programmes de développement améliorent-ils les conditions de vie des populations ?
Le développement est souvent représenté par des images de désolation et de désespoir, en dépit d&#8217;innombrables initiatives, programmes, idées et partenariats qui changent les vies de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.ipc-undp.org" target="_blank"><img class="alignnone size-medium wp-image-1107" style="border: black 1px solid;" title="logofrench" src="http://www.ideas4development.org/wp-content/uploads/2009/06/logofrench-300x86.jpg" alt="logo_fr" width="300" height="86" /></a></p>
<p><strong>Comment <em>voir </em>le développement<em> </em>? Comment présenter le <em>visage humain </em>des processus de développement ? Comment les initiatives et les programmes de développement <em>améliorent-ils les conditions de vie </em>des populations ?</strong></p>
<p>Le développement est souvent représenté par des images de désolation et de désespoir, en dépit d&#8217;innombrables initiatives, programmes, idées et partenariats qui changent les vies de millions de personnes dans le monde en développement et en transition. Pour accroître la sensibilisation aux succès que rencontre le processus de développement et partager des actions innovantes, le Centre international de stratégies pour une croissance pour tous (IPC-IG), en coopération avec de nombreux partenaires, lance la Campagne Mondiale de Photographie <strong>« Humaniser le Développement ».</strong><span id="more-1076"></span></p>
<p><em>La Campagne, lancée le 1er juin, vise à </em><em>présenter et promouvoir des exemples de communautés qui <a>remportent</a></em><em> la bataille contre la pauvreté, l&#8217;exclusion sociale et la marginalisation, en mettant l&#8217;accent sur les questions exposées ci-dessus.</em></p>
<p><strong><em></em></strong></p>
<p align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong>&gt;&gt; Le blog ID4D s&#8217;associe à cette campagne et vous donne la parole &lt;&lt;</strong></span><strong> </strong></p>
<p>Les médias sont souvent accusés de véhiculer une image misérabiliste des populations vivant dans les pays pauvres et en développement. Pensez-vous qu&#8217;une telle initiative puisse permettre de changer ce regard ?</p>
<p><strong>Comme certaines réussites ne peuvent s&#8217;immortaliser sur une photo, le blog vous ouvre ses colonnes pour vous permettre de partager vos expériences ! Racontez nous ici les projets de développement réussis que vous avez menés ou dont vous avez été témoin. </strong></p>
<p>Pour illustrer votre propos, vous pouvez en parallèle nous envoyer une photo (libre de droit ou vous appartenant) que nous publierons avec votre commentaire. (<a href="mailto:contactblog.id4d@gmail.com" target="_blank">contactblog.id4d@gmail.com</a>)</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">&gt;&gt; <a href="http://www.ipc-undp.org/photo/" target="_blank">Pour en savoir plus sur cette campagne</a></span> &lt;&lt;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.ipc-undp.org/photo/" target="_blank"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1124" title="posterfrench" src="http://www.ideas4development.org/wp-content/uploads/2009/06/posterfrench-300x212.jpg" alt="" width="300" height="212" /></a></p>
<p>Des partenaires répartis sur tous les continents soutiennent cette campagne : du Brésil au Kazakhstan ; du Sri Lanka à Haïti ; de la Companhia do Metropolitano de São Paulo - Metrô à la Calvary School de Singapour. Un groupe de Volontaires des Nations Unies - Service Volontariat en Ligne coopère avec l&#8217;IPC-IG à l&#8217;organisation de cette campagne.</p>
<p><strong>Chacun peut participer à cet effort global et y contribuer avec une photographie : </strong>il vous suffit d&#8217;enregistrer votre photo sur le site Internet de la campagne : <strong><a href="http://www.ipc-undp.org/photo/" target="_blank">http://www.ipc-undp.org/photo/</a></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>Les photographies doivent illustrer l&#8217;un des 14 différents domaines thématiques de la campagne liés aux objectifs du Millénaire pour le développement, tels que <em>Lutter contre le manque et améliorer l&#8217;accès à la nourriture, à l&#8217;eau, au traitement des déchets, à l&#8217;éducation et aux services de santés pour les plus démunis </em>et <em>Promouvoir la capacité de gestion des femmes et des opportunités égales pour développer les talents</em>.</p>
<p>A l&#8217;issue de cette campagne une <strong>galerie photo</strong>, aménagée de façon permanente au siège de l&#8217;IPC-IG et ouverte au public ; une série d&#8217;<strong>expositions photographiques<em> </em></strong>dans plusieurs villes du monde ; et une <strong>banque de données photographiques<em> </em></strong>qui sera partagée avec les partenaires de cette campagne et plusieurs agences et départements des Nations Unies seront mises en place.</p>
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		<title>Le capitalisme peut-il résoudre le problème des externalités ?</title>
		<link>http://www.ideas4development.org/le-capitalisme-peut-il-resoudre-le-probleme-des-externalites/fr/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2009 07:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dr Pachauri</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Environmental sustainability]]></category>

		<category><![CDATA[Reactions to current events]]></category>

		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>

		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>

		<category><![CDATA[crise]]></category>

		<category><![CDATA[démocratie]]></category>

		<category><![CDATA[externalités]]></category>

		<category><![CDATA[marché]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis le récent ralentissement économique, plusieurs voix se sont élevées à travers le monde pour remettre en question les mérites du capitalisme en tant que système économique et son efficacité à promouvoir le bien-être général de la société humaine. Nombreux sont celles et ceux qui trouvent dérangeant le fait que certains haut dirigeants d’entreprises (en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"><span style="FR;">Depuis le récent ralentissement économique, plusieurs voix se sont élevées à travers le monde pour remettre en question les mérites du capitalisme en tant que système économique et son efficacité à promouvoir le bien-être général de la société humaine. <span id="more-975"></span>Nombreux sont celles et ceux qui trouvent dérangeant le fait que certains haut dirigeants d’entreprises (en particulier dans le bastion du capitalisme, les Etats-Unis) se sont prétendument accordés de larges salaires alors que leur entreprise était en perte de vitesse, et ont même souvent fini en faillite. S’y est ajoutée la triste expérience de ces milliers de personnes dont le rêve de posséder leur propre maison a été détruit par un système d’hypothèques non régulé et géré par des opérateurs incompétents et sans scrupules. Nombreux sont ceux qui cherchent désormais à identifier les racines de la crise économique actuelle, qui a touché le monde entier et a laissé tant de gens vulnérables dans la précarité et le désarroi.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"><span style="FR;">Ces questions sont tout à fait pertinentes et justifiées, mais, à mon avis, la manière avec laquelle la croissance économique et les politiques visant à la promouvoir ont été menées comporte une faille bien plus importante, liée à un problème beaucoup plus fondamental. Les marchés à eux seuls sont incapables de combler le fossé qui existe entre les coûts et les bénéfices privés et les coûts et les bénéfices sociaux, étant donné que le système capitaliste a été construit sur la maximisation des profits et les gains privés des propriétaires du capital. Résultat, les externalités telles que la dégradation environnementale restent inaperçus et laissés pour compte dans notre système de coûts et de prix. Le changement climatique peut être considéré comme le résultat progressif et l’effet cumulé de cette forme d’insuffisance du marché.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"><span style="FR;">Au moment où nous cherchons des moyens de nous adapter aux impacts du changement climatique et de stabiliser efficacement le climat planétaire, une discussion plus fondamentale doit être engagée, en particulier dans la sphère de l’analyse économique et politique, afin de définir comment les pouvoirs publics peuvent être motivés, voire contraints à adopter des politiques permettant de combler ce fossé et résoudre avec efficacité le problème des insuffisances du marché. Cependant, ceci ne pourra être envisagé qu’à partir du moment où, dans les sociétés démocratiques, les citoyens appelleront à des politiques qui puissent résorber l’écart entre les bénéfices privés et sociaux, en prenant en compte les coûts réels qui leurs sont associés. Ainsi, je pense que la société civile doit aller au-delà de son rôle et de son image de simple sonneur d’alarme sur les violations économiques qui affectent la vie de ceux qui sont privés de pouvoir ou d’influence. La société civile et les médias doivent se pencher sur les solutions aux dysfonctionnements fondamentaux sur lesquels s’est construit le capitalisme. En d’autres termes, cela permettrait de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais de nettoyer complètement l’eau du bain. Je regrette toutefois que les économistes n’aient pas lancé une discussion ou un débat majeur sur cette question qui demeure à mon sens essentielle, et qui aurait due être abordée depuis bien longtemps.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="0cm 0cm 0pt;"><span style="FR;" lang="EN-US">RK Pachauri</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>De l’aide publique au développement au financement de politiques publiques globales</title>
		<link>http://www.ideas4development.org/de-l-aide-publique-au-developpement-au-financement-de-politiques-publiques-globales/fr/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 09:50:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Severino</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Financing for development]]></category>

		<category><![CDATA[Global governance]]></category>

		<category><![CDATA[Theory of development]]></category>

		<category><![CDATA[aide publique au développement]]></category>

		<category><![CDATA[APD]]></category>

		<category><![CDATA[CAD]]></category>

		<category><![CDATA[financements innovants]]></category>

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		<description><![CDATA[Chers bloggeurs,
Je souhaite partager avec vous les réflexions d&#8217;un papier que je viens de publier avec un jeune collègue, Olivier Ray, dans la collection working papers du centre de réflexion « Center for Global Development » (accessible ici), car elles entrent bien dans le mandat de ce blog - « échanger librement informations, points de vue et visions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chers bloggeurs,</p>
<p>Je souhaite partager avec vous les réflexions d&#8217;un papier que je viens de publier avec un jeune collègue, Olivier Ray, dans la collection <em>working papers</em> du centre de réflexion « Center for Global Development » (accessible <a href="http://www.cgdev.org/content/publications/detail/1421419/" target="_blank">ici</a>), car elles entrent bien dans le mandat de ce blog - « échanger librement informations, points de vue et visions de l&#8217;avenir pour faire progresser la cause du développement ». Ce papier se penche sur les évolutions du monde de l&#8217;aide au développement. Il décrit le processus de transformation de la politique d&#8217;aide publique au développement en une politique publique globale dont les objectifs, les instruments et les acteurs sont profondément différents de ceux qui caractérisaient l&#8217;aide au développement il y a seulement dix ou quinze ans.</p>
<p>Le monde de l&#8217;aide vit en effet trois révolutions simultanées<span id="more-923"></span>, qui conduisent à l&#8217;émergence d&#8217;une véritable politique globale. On constate tout d&#8217;abord une diversification des objectifs attendus d&#8217;elle : à la mission première de créer une convergence économique entre les pays en développement et les pays développés, sont venus s&#8217;ajouter progressivement le financement de l&#8217;accès aux services essentiels et la protection des biens publics mondiaux. Ensuite, face à cette nouvelle série de défis, le monde de l&#8217;aide au développement a fait preuve d&#8217;une étonnante capacité à multiplier et à diversifier les acteurs intervenant dans ce domaine, ce qui complique sérieusement la question de la gouvernance d&#8217;une politique globale déjà extrêmement fragmentée. Enfin, les instruments utilisés par des acteurs de plus en plus nombreux, en vue d&#8217;atteindre des objectifs politiques de plus en plus variés, se sont eux-mêmes multipliés suite aux transformations initiées sur les marchés financiers.</p>
<p>Or, chose étonnante, cette triple révolution des objectifs, des acteurs et des instruments n&#8217;a pas encore impacté la façon dont nous mesurons à la fois les volumes financiers consacrés à cette nouvelle politique mondiale, et ses effets concrets. L&#8217;article, que nous avons intitulé « <a href="http://www.cgdev.org/content/publications/detail/1421419/" target="_blank"><em>La fin de l&#8217;APD, mort et renaissance d&#8217;une politique publique globale</em></a> », montre que ce changement radical d&#8217;approche appelle à passer des critères utilisés jusqu&#8217;à présent pour mesurer l&#8217;aide publique au développement (APD) à des instruments de référence plus transparents et plus pertinents par rapport aux véritables priorités : l&#8217;estimation des ressources et les résultats qui participent au développement international en ce XXI<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Je vous livre ci-dessous l&#8217;introduction du papier, tout en espérant que vous serez tentés de lire l&#8217;article lui-même. Et je vous invite chaleureusement à débattre des idées que nous développons au fil de ses pages. J&#8217;utiliserai les colonnes de ce blog pour répondre à toutes les interrogations, suggestions ou critiques que vous souhaiterez partager à l&#8217;égard de cette réflexion en cours sur les outils de notre politique.</p>
<p>JMS</p>
<p>************</p>
<p><a href="http://www.cgdev.org/files/1421419_file_End_of_ODA_FINAL.pdf"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-931" title="logo-pdf1" src="http://www.ideas4development.org/wp-content/uploads/2009/03/logo-pdf1.png" alt="" width="62" height="62" /></a><em><a href="http://www.cgdev.org/files/1421419_file_End_of_ODA_FINAL.pdf" target="_blank">Télécharger l&#8217;article complet</a></em></p>
<p><strong><em>Introduction</em></strong></p>
<p>L&#8217;Aide Publique au Développement (APD) est en voie de disparition. Peut-être d&#8217;ailleurs n&#8217;a-t-elle jamais réellement existé, tout du moins sous la forme clairement définie d&#8217;une lutte mondiale contre la pauvreté, dotée d&#8217;objectifs et de moyens consensuels. Cela ne signifie pas que la solidarité internationale ait diminué : au contraire, les fonds investis chaque année dans ce que l&#8217;on peut appeler « les politiques publiques internationales » <em>augmentent</em><a name="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>. Nous assistons en réalité à la disparition d&#8217;un concept dépassé, fondé sur des illusions révolues concernant l&#8217;unité, la clarté et la pureté des fins de la « communauté internationale », au profit d&#8217;un nouveau type de politiques publiques qui tentent de faire face aux défis de la mondialisation. Une triple révolution des objectifs, des acteurs et des instruments est en train de bouleverser les règles du jeu, dynamitant les anciennes pratiques et les vieilles habitudes. L&#8217;effervescence créative du financement pour le développement précipite un changement d&#8217;ère : un nouveau phénix renaît des cendres d&#8217;une politique vieille d&#8217;un demi-siècle.</p>
<p>Cette brusque métamorphose du monde de l&#8217;aide au développement nous conduit à une question délicate. Les normes mondiales telles que le fameux objectif consistant à affecter 0,7 % du PIB des pays donateurs à l&#8217;APD sont-elles toujours valables ? Nous tâcherons de démontrer que l&#8217;inefficacité de ces instruments de mesure peut nous éclairer sur les raisons pour lesquelles cet objectif n&#8217;est pas atteint. L&#8217;heure est venue de changer de « thermomètre » et de dire la vérité. Car derrière la question apparemment technique de la mesure des volumes d&#8217;aide se cachent des problèmes politiques complexes - que l&#8217;absence de mesures précises rend encore plus épineux. En somme, la communauté internationale est un peu dans la situation d&#8217;un promeneur qui marcherait au bord d&#8217;un précipice les yeux bandés.</p>
<p>Cet article expose les préoccupations globales grandissantes auxquelles est actuellement confrontée la communauté internationale. Il décrit la masse et la diversité croissantes des acteurs de la politique mondiale chargée de faire face à ces défis. Il illustre également l&#8217;extraordinaire transformation des instruments utilisés à cette fin : ce que l&#8217;on a nommé (à tort) « l&#8217;innovation financière pour le développement ». Enfin, il montre comment, du fait de cette triple révolution des objectifs, des acteurs et des instruments, la définition actuelle de l&#8217;Aide Publique au Développement n&#8217;est pas un instrument adéquat ou suffisant pour l&#8217;action. Cette analyse nous conduit à proposer des améliorations, fondées sur le bon sens, à nos méthodes de mesure afin d&#8217;évaluer les paramètres qui importent réellement. Car la façon dont on mesure les choses compte.</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> L&#8217;expression « politiques publiques internationales » est employée dans cet article pour désigner les actions internationales menées à des fins publiques faisant l&#8217;objet d&#8217;un large consensus. Selon l&#8217;une des thèses que nous défendons, l&#8217;aide internationale au développement constitue une forme de politique publique mondiale pour les relations Nord/Sud. Cette politique poursuit actuellement trois types d&#8217;objectifs différents : la convergence économique des nations en développement, la fourniture des services de base à tous les êtres humains et la protection des biens publics mondiaux.</p>
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		<title>Chers amis, militons pour une relance verte et solidaire</title>
		<link>http://www.ideas4development.org/chers-amis-militons-pour-une-relance-verte-et-solidaire/fr/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 16:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Severino</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Environmental sustainability]]></category>

		<category><![CDATA[Theory of development]]></category>

		<category><![CDATA[crise énergétique]]></category>

		<category><![CDATA[développement économique]]></category>

		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>

		<category><![CDATA[responsabilité sociale et environnementale]]></category>

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		<description><![CDATA[Je tenais à réagir à plusieurs propos très forts -doublés de propositions concrètes- que nous venons de lire dans les colonnes de notre blog, quant à la gestion de la crise que nous traversons actuellement. Achim Steiner a démontré qu&#8217;un Green New Deal constituait non pas une réponse additionnelle à la crise, mais devait se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je tenais à réagir à plusieurs propos très forts -doublés de propositions concrètes- que nous venons de lire dans les colonnes de notre blog, quant à la gestion de la crise que nous traversons actuellement. Achim Steiner a démontré qu&#8217;un <a href="../../../../../towards-a-green-economy-elements-of-a-global-green-new-deal/en/" target="_blank">Green New Deal</a> constituait non pas une réponse additionnelle à la crise, mais devait se trouver au cœur des stratégies déterminées pour y faire face. Kemal Dervis nous a également appelés à ne pas relâcher nos efforts dans <a href="../../../../../pendant-la-lutte-mondiale-contre-la-recession-n%E2%80%99oublions-pas-les-changements-climatiques/fr/" target="_blank">la lutte contre le changement climatique</a>, et au contraire à saisir l&#8217;occasion de la relance pour renforcer notre action dans ce sens. Minouche Shafik nous a en outre rappelé que le dramatique impact que ne manquerait pas de générer le ralentissement économique actuel sur les plus pauvres appelait <a href="../../../../../cette-crise-peut-elle-etre-geree-differemment-en-aidant-les-pauvres-et-pas-seulement-les-banques/fr/" target="_blank">des mécanismes renforcés en matière de protection sociale</a>. Je saisis d&#8217;ailleurs cette opportunité pour souhaiter la bienvenue à Minouche au sein de notre petite communauté de bloggeurs ! Enfin, à partir du cas du PAM, Josette Sheeran a ciblé un sujet fondamental : <a href="../../../../../les-bonnes-solutions-au-bon-moment/fr/" target="_blank">celui de la demande de biens issus des pays en développement</a>.<span id="more-857"></span></p>
<p>En fait, ces quatre posts se soutiennent mutuellement, mais leur coexistence appelle à faire de nouveaux pas en avant. Je suis en effet convaincu que la relance dont l&#8217;économie mondiale a tant besoin devra être à la fois verte et solidaire : chacun des pas que la communauté internationale aura à faire dans les mois qui viennent devront traiter toutes ces dimensions simultanément, pour des raisons qui ne tiennent que marginalement à l&#8217;éthique.</p>
<p>La <em>relance devra être globale</em>. Car effectivement, sans une action rapide, la pauvreté s&#8217;accentuera de façon dramatique, massive et durable.</p>
<p>Or nos pays pourraient être tentés de faire passer cet agenda de solidarité internationale au second plan, alors qu&#8217;eux-mêmes subissent l&#8217;impact du ralentissement actuel. Nous avons donc un devoir de pédagogie envers nos concitoyens quant à la nécessité de cette relance globale. Les chiffres parlent d&#8217;eux-mêmes, tant les prévisions de croissance pour 2009 sont tranchées : les seuls pays où les feux de la croissance, même fébriles, resteront allumés, sont les pays émergents et en développement. Le FMI prévoit ainsi une croissance mondiale de 0,5 % en 2009 : - 2 % dans les pays développés et + 3,3 % dans les pays émergents et en développement. Il est donc impératif, pour le monde dans son ensemble, que ce moteur de croissance continue de tourner : le maintien de la croissance dans les pays en développement conditionne la relance dans les nôtres.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi il est essentiel que les organisations de financement bilatérales et multilatérales mobilisent toute la force de leurs bilans et de leurs fonds propres pour se substituer aux marchés défaillants. Celle-ci est en effet considérable. Mais pour frapper efficacement il faut que le cadre stratégique et la règle du jeu dans lesquels elles opèrent soient centrées sur l&#8217;essentiel. C&#8217;est tout l&#8217;enjeu des travaux conduits au sein du G20, dont j&#8217;espère qu&#8217;ils aboutiront rapidement. C&#8217;est aussi le moment opportun pour soutenir la demande adressée aux pays en développement : préserver les marchés, et donc les opportunités d&#8217;investissement, constitue l&#8217;action la plus utile et à effet immédiat. Les actions du type de celles entreprises au PAM doivent donc se multiplier. Sécuriser la demande adressée aux pays en développement -notamment en matière agricole- par le biais de contrats de moyen terme, constitue un instrument très efficace de promotion de l&#8217;offre. Et surtout, il serait aujourd&#8217;hui extrêmement contre-productif pour les pays de l&#8217;OCDE de fermer les frontières ou de lutter contre les investissements en direction des pays en développement : ces derniers peuvent en effet contribuer de manière efficace à la baisse des prix sur les marchés des pays industrialisés grâce à leurs exportations.</p>
<p>Cette relance globale devra aussi être <em>verte</em>. Alors que tous les indicateurs environnementaux sont au rouge, les grands rendez-vous du développement durable cette année- au premier rang desquels Copenhague en décembre- viendront rappeler que chacune de nos actions doit dorénavant être pensée en cohérence avec l&#8217;enjeu climatique. Elle devra également prendre en compte le nouveau paradigme de la rareté de <em>toutes</em> les ressources naturelles. Le PNUE travaille actuellement sur cette question du « Green New deal ». Mais la relance passera beaucoup par des investissements en infrastructures, et l&#8217;énergie devra en être le cœur. Serons-nous alors capables de faire les bons choix- ceux orientés vers l&#8217;accès à l&#8217;énergie, l&#8217;efficacité énergétique et les énergies renouvelables? La baisse- conjoncturelle- des prix de l&#8217;énergie ne doit pas nous faire « rater le coche » en matière d&#8217;adaptation énergétique. Dès lors, pourquoi ne pas faire de l&#8217;énergie le 9<sup>ème</sup> Objectif du Millénaire pour le Développement ? Nous pourrions par exemple viser à doubler au niveau global d&#8217;ici 2015 l&#8217;accès à l&#8217;énergie grâce aux renouvelables, tout en améliorant l&#8217;efficacité énergétique de la croissance de 100%.</p>
<p>Notre monde a besoin de nouveaux grands défis, qui lient le sort du Nord et du Sud. Celui-ci remplit ce dessein et peut être le moteur d&#8217;une nouvelle révolution technologique : plusieurs pays industrialisés font d&#8217;ailleurs actuellement par eux-mêmes le pari de la croissance verte- perceptible dans un certain « verdissement »<a name="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a> de leurs plans de relance. Barack Obama s&#8217;est inspiré du programme <em>Repower America</em> élaboré par Al Gore pour proposer un nouveau modèle énergétique. En France, une partie des investissements prévus par le plan de relance s&#8217;attache à anticiper les mesures du <em>Grenelle de l&#8217;Environnement</em>.</p>
<p>Enfin, la relance devra être<em> solidaire</em>. Notre vigilance doit être constante face à l&#8217;accroissement des inégalités engendrées par la crise dans les pays les plus pauvres. Il est urgent de penser la gestion des conséquences sociales de la crise et l&#8217;adaptation des sociétés en développement à ces bouleversements. Car il y va d&#8217;abord de l&#8217;efficacité de l&#8217;ensemble des plans de relance. Comme nous l&#8217;ont appris par exemple les travaux conduits au début des années 2000 avec la Banque  Mondiale sur « la croissance contre la pauvreté » (pro-poor growth), auxquels l&#8217;AFD a beaucoup contribué, l&#8217;efficacité de la croissance économique et sa solidité sont démultipliées par la réduction des inégalités. Cela est vrai localement, mais c&#8217;est aussi vrai globalement : une meilleure répartition des richesses rend le monde globalement plus prospère.</p>
<p>Des mécanismes de redistributions devront donc être mis en place à l&#8217;attention des pays les plus vulnérables. L&#8217;idée de Bob Zoellick de réserver 0,7% du plan de relance américain à un fond de vulnérabilité pour les PED<a name="_ftnref2" href="#_ftn2">[2]</a> va dans ce sens.</p>
<p>Il nous faudra aussi trouver les « courroies de transmission sociales » permettant d&#8217;assurer la protection des plus démunis. Il est de notre rôle en tant que développeurs de renforcer ces secteurs permettant d&#8217;avoir un impact social immédiat face aux effets de la crise. C&#8217;est pourquoi il nous faudra notamment faire remonter l&#8217;agenda alimentaire dans la hiérarchie de nos préoccupations. Il est nécessaire, au sein de notre effort de relance, de maintenir et de poursuivre notre soutien aux agriculteurs au sud, et de participer à la construction de l&#8217;avenir alimentaire.</p>
<p>Il en va de même des secteurs permettant d&#8217;étendre les services sociaux au plus grand nombre, et de les protéger des effets immédiats de la dégradation de leur situation socio-économique, tels que la microfinance ou encore la santé.</p>
<p>Chaque pays doit bien sûr recevoir l&#8217;appui sectoriel correspondant à ses besoins propres, mais il semble possible d&#8217;identifier quelques grands chantiers génériques permettant d&#8217;atténuer les effets de la crise.</p>
<p>Si nous devons cette année déterminer les mesures qui auront des résultats concrets à court terme, nous devrons aussi garder à l&#8217;esprit notre souci de construire le futur. Face à cette crise, nous devons penser simultanément l&#8217;impact de notre action à court et à long terme. Car le temps de la réponse aux dérèglements actuels ne rejoint pas nécessairement celui de la gestion des grands problèmes structurels (tels que l&#8217;énergie ou l&#8217;agriculture). A nous de faire converger efficacement ce triple agenda d&#8217;une relance économique globale, verte et solidaire.</p>
<p>JMS</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Le Monde Economie, 3 février 2009.</p>
<p><a name="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> <em>A stimulus package for the world, </em>NY Times, 22 janvier 2009.</p>
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		<item>
		<title>Pendant la lutte mondiale contre la récession, n’oublions pas les changements climatiques</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Feb 2009 15:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Kemal Dervis</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Environmental sustainability]]></category>

		<category><![CDATA[Global governance]]></category>

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		<description><![CDATA[Le lien qui existe entre les activités humaines et les changements climatique a lui aussi été établi. S&#8217;il existe des incertitudes, c&#8217;est sur les processus physiques par lesquels les émissions de gaz à effet de serre influent sur le climat de notre planète. Ces processus ne sont pas faciles à inverser et ils sont même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le lien qui existe entre les activités humaines et les changements climatique a lui aussi été établi. S&#8217;il existe des incertitudes, c&#8217;est sur les processus physiques par lesquels les émissions de gaz à effet de serre influent sur le climat de notre planète. Ces processus ne sont pas faciles à inverser et ils sont même peut-être irréversibles. Ils peuvent avoir des effets catastrophiques dans le long terme, et plus nous attendons, plus grands sont les risques. Nous devons redoubler d&#8217;efforts pour atténuer les changements climatiques dès à présent, en tant que forme d&#8217;assurance contre ces risques croissants. <span id="more-860"></span>Par ailleurs, nous savons aujourd&#8217;hui avec certitude que les changements climatiques auront un impact plus important et plus immédiat sur un grand nombre de pauvres du monde. Notre souci d&#8217;assurer le développement et la réduction de la pauvreté, reflété dans les objectifs du Millénaire pour le développement, exige que nous atténuions les changements climatiques d&#8217;urgence, de manière à réduire les menaces que ces changements font peser sur les perspectives de développement pour les populations les plus vulnérables, et que nous agissions pour aider les populations déjà touchées à s&#8217;adapter.</p>
<p>Nous devons, pour atténuer les changements climatiques, réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre au cours des deux ou trois décennies à venir, en commençant dès à présent. Il s&#8217;agit pour cela de transformer fondamentalement notre économie fondée sur le carbone. Cette tâche peut paraître particulièrement difficile aujourd&#8217;hui, au moment où le monde fait face à une crise économique telle qu&#8217;il n&#8217;en a pas connu depuis plusieurs générations, mais je pense toutefois que les difficultés actuelles de la conjoncture économique ne sont pas une raison de remettre à plus tard l&#8217;application de mesures visant les changements climatiques. En fait, la situation actuelle nous offre une occasion toute particulière de renforcer notre riposte.</p>
<p>Pour parer à la récession et relancer la croissance, d&#8217;importantes expansions financières sont soit envisagées, soit appliquées. L&#8217;emploi d&#8217;une part de l&#8217;accroissement des dépenses publiques pour effectuer des investissements et créer des emplois écologiques est payant dans le court terme et vient compenser la réduction de la consommation et de l&#8217;investissement privés, mais il contribue aussi à la transition qui mènera à l&#8217;instauration d&#8217;une économie à faible taux de carbone. Nombreux sont ceux qui partagent cette idée et celle-ci a d&#8217;ores et déjà trouvé sa place dans certains plans de stimulation économique. C&#8217;est ainsi, par exemple, que le plan actuellement envisagé aux États-Unis prévoit d&#8217;allouer des ressources pour la réfection du réseau énergétique, l&#8217;amélioration de l&#8217;efficacité énergétique des bâtiments publics et des logements, l&#8217;accroissement de la production à base d&#8217;énergies renouvelables, et l&#8217;amélioration des transports en commun et ferroviaires pour réduire la consommation d&#8217;essence. La proposition de plan de stimulation de la Commission européenne relative contient des dispositions analogues. Le plan de stimulation de la Chine attribue également des ressources en vue de l&#8217;accroissement de l&#8217;efficacité énergétique et de la modernisation du réseau énergétique.</p>
<p>Cela indique, encore que ces initiatives pourraient être plus ambitieuses et mieux coordonnées au plan international, que l&#8217;on tire effectivement parti de la nécessité de faire face à la crise économique pour donner un coup de pouce aux efforts de réduction des émissions.</p>
<p>Mais ces mesures, à elles seules, ne suffisent pas. Les décideurs politiques doivent s&#8217;assurer à la 15e Conférence des Parties à Copenhague que ces investissements publics effectués en des temps difficiles ne soient pas gaspillés et s&#8217;assurer à cette fin d&#8217;un engagement à long terme en faveur de l&#8217;atténuation des changements climatiques.</p>
<p>Une impulsion financière contre-cyclique ne saurait à elle seule assurer l&#8217;efficacité et la profitabilité à long terme de ces investissements d&#8217;atténuation des changements climatiques. Nos économies ne continueront de favoriser une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre dans le long terme que si nous mettons en place des politiques qui offrent des encouragements et des financements forts et prévisibles en vue de l&#8217;atténuation des changements climatiques. Pour y parvenir, les prix doivent envoyer les signaux voulus aux ménages et aux entreprises et guider leurs décisions en matière de consommation et d&#8217;investissements en faveur de la réduction des gaz à effet de serre. Ils doivent donc commencer à refléter intégralement les coûts sociaux de l&#8217;émission de gaz à effet de serre ainsi que les avantages des options technologiques sans carbone.</p>
<p>Le monde attend de la 15e Conférence des Parties qu&#8217;elle parvienne à un accord mondial global, ambitieux, équitable et durable en termes d&#8217;applications techniques et de processus politiques dans les États souverains. Si certains arrangements d&#8217;échange de carbone sont déjà en place, notamment dans le contexte du Protocole de Kyoto et au niveau de l&#8217;Union européenne (UE), il est essentiel de déployer des efforts supplémentaires pour intégrer le prix du carbone de manière efficace et juste (conformément au principe des responsabilités communes mais différenciées dont il a été convenu dans la CCNUCC).</p>
<p>Il y a plusieurs façons de prendre en considération le prix du carbone. Les mécanismes de permis d&#8217;émission, les taxes sur le carbone, ou une combinaison de ces deux options, peuvent être opérantes. Les formules qui tiennent compte du prix du carbone et qui réduisent simultanément la volatilité peuvent être particulièrement attractives, en particulier à la lumière de l&#8217;extrême volatilité des prix des carburants fossiles de ces derniers temps. Face à cette extrême volatilité, les priorités d&#8217;investissement et les changements de comportement dans le sens d&#8217;une diminution des activités émettant des gaz à effet de serre risquent d&#8217;être inversés, ou de ne pas être adoptés du tout. Une taxe variable sur le contenu de carbone des carburants fossiles, forte quand les prix sont bas et se réduisant automatiquement quand les prix montent, pourrait être un instrument qui tiendrait compte du prix du carbone tout en réduisant la volatilité du coût utilisateur des carburants fossiles. Dans le long terme, un coût utilisateur plus stable présente des avantages à la fois pour les consommateurs et pour les producteurs de carburants fossiles. Une volatilité excessive des prix est source de difficultés pour la planification des investissements ainsi que d&#8217;inefficacités dans l&#8217;utilisation des ressources de carburants fossiles.</p>
<p>Tout arrangement visant prendre en considération le prix du carbone doit être examiné parallèlement à la nécessité de s&#8217;assurer que les pays en développement pourront répondre à leurs besoins énergétiques sans mettre en danger leur croissance économique et leurs efforts de réduction de la pauvreté. Il faut fournir aux pays en développement des appuis suffisants, à la mesure de leurs immenses besoins en matière de développement de leur infrastructure et d&#8217;élargissement de leur accès à l&#8217;énergie. Un programme financé par des donateurs pour subvenir aux coûts additionnels du choix des technologies les plus propres disponibles permettrait de s&#8217;assurer que ces besoins de développement seront satisfaits sans impact négatif sur les efforts d&#8217;atténuation des changements climatiques. Le programme pourrait être financé en partie par les revenus dégagés dans les pays riches par l&#8217;application de mécanismes de prise en compte du prix du carbone, à savoir par la vente aux enchères de permis d&#8217;émissions dans les systèmes de plafonnement et d&#8217;échanges et/ou par une taxe carbone.</p>
<p>Les décideurs politiques jouent un rôle positif en luttant contre la crise économique tout en tenant leur engagement d&#8217;agir face aux changements climatiques. Le monde espère que cet engagement sera honoré à Copenhague. De nombreuses questions seront inscrites à l&#8217;ordre du jour, notamment les normes d&#8217;efficacité et les subventions directes pour les nouvelles technologies. Des mécanismes de financement nouveaux et novateurs pour appuyer l&#8217;atténuation et l&#8217;adaptation dans les pays en développement devront faire partie intégrante d&#8217;une stratégie commune. Mais la prise en compte du prix du carbone de manière efficace, équitable et prévisible, par une combinaison de mécanismes de permis d&#8217;émissions et d&#8217;une taxation du carbone sous une forme ou une autre, devra figure au premier rang de l&#8217;ordre du jour.</p>
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		<title>Solidarité, sécurité, réglementation</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Feb 2009 18:02:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Abdou Diouf</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Health]]></category>

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		<description><![CDATA[Parmi les multiples formes de solidarité entre populations du Nord et population du Sud, les collectes et le transfert de biens usagés, mais utilisables, constituent un courant discret, d&#8217;effet direct et apprécié des bénéficiaires, mais peu considéré, mal quantifié et de plus en plus compliqué.
 
Ainsi la mise en œuvre récente d&#8217;une directive européenne remet en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les multiples formes de solidarité entre populations du Nord et population du Sud, les collectes et le transfert de biens usagés, mais utilisables, constituent un courant discret, d&#8217;effet direct et apprécié des bénéficiaires, mais peu considéré, mal quantifié et de plus en plus compliqué.</p>
<p> </p>
<p>Ainsi la mise en œuvre récente d&#8217;une directive européenne remet en cause la collecte et l&#8217;envoi au Sud de médicaments achetés par des patients du Nord et non utilisés. En effet une part importante de ces médicaments serait proche de la date de péremption.<span id="more-854"></span></p>
<p>L&#8217;objet de cette réglementation est évident et honorable : protéger des populations pauvres d&#8217;un risque d&#8217;intoxication par des produits non garantis, éviter de faire de l&#8217;Afrique un dépotoir de l&#8217;Europe. Et il ne saurait être question de négliger ce risque. Mais il faut aussi voir que, ce faisant, d&#8217;abord on prive d&#8217;une source d&#8217;approvisionnement non négligeable des gens qui n&#8217;ont pas les moyens d&#8217;acheter les médicaments, même génériques, auprès des officines et qui, au mieux, se rabattront sur des produits contrefaits encore plus dangereux que les produits en fin de validité, au pire seront condamnés faute de trouver un traitement. Ensuite on décourage les volontaires qui au Nord s&#8217;investissent bénévolement dans ce type d&#8217;action et on supprime la raison d&#8217;être de réseaux qui donnent une existence concrète à la solidarité si souvent invoquée entre pays du Nord et du Sud.</p>
<p> </p>
<p>Ce n&#8217;est pas une question anecdotique. La solidarité ne se décrète pas : elle naît de l&#8217;empathie, de la capacité de rencontrer l&#8217;Autre et de se reconnaître dans l&#8217;Autre, de partager un manque, une souffrance tout en mesurant les différences de contexte et la diversité des réponses possibles. Elle est l&#8217;affaire des gens inscrits dans un milieu précis et dans une histoire spécifique. Par suite, il est inévitable qu&#8217;elle soit parfois peu cohérente, plus attachée à la manifestation et à des résultats ponctuels qu&#8217;à une action rigoureuse et concertée.</p>
<p> </p>
<p>Les procédures administratives fondées sur des réglementations générales sont certes utiles pour améliorer la sécurité de tous, guider des pratiques spontanées et mettre un peu d&#8217;ordre dans un mouvement peu formel. Mais elles le seront d&#8217;autant plus qu&#8217;elles chercheront non susciter le soupçon et à interdire, mais à faciliter la prise de conscience de toutes les dimensions d&#8217;une vraie solidarité et à responsabiliser tous les acteurs. Tant au départ que du côté des bénéficiaires, il faut proposer des méthodes simples permettant de mener une évaluation des biens collectés et distribués. Cela se fait déjà dans certains pays - l&#8217;Allemagne - pour des produits spécifiques - les ordinateurs, qui doivent être vérifiés et capables de fonctionner une fois sur place.</p>
<p> </p>
<p>Un tel effort, qui apparaît comme une incitation et non comme une sanction, est certes plus difficile à mettre en place qu&#8217;une interdiction a priori. Mais, au moment où se déploie une crise majeure dans l&#8217;ensemble du monde, il montrerait clairement que, si les règlements fondent la sécurité et si la sécurité ne doit pas être sacrifiée, c&#8217;est la solidarité qui doit d&#8217;abord être favorisée et développée, afin que les protocoles entre institutions ne se substituent pas au lien entre les hommes et que ne se perde pas la conscience de notre responsabilité commune.</p>
<p>Abdou DIOUF</p>
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		<title>Cette crise peut-elle être gérée différemment ? En aidant les pauvres et pas seulement les banques</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Feb 2009 08:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Minouche Shafik</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Reactions to current events]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelque soit le timing d’une crise économique, les pauvres sont invariablement les plus touchés. Particuliers ou pays, les pauvres sont les plus vulnérables ; ils ne disposent pas des réserves financières ou institutions qui pourraient les aider à traverser les périodes difficiles. L’expérience des crises précédentes montre que nous avons trop tardé avant de nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelque soit le timing d’une crise économique, les pauvres sont invariablement les plus touchés. Particuliers ou pays, les pauvres sont les plus vulnérables ; ils ne disposent pas des réserves financières ou institutions qui pourraient les aider à traverser les périodes difficiles. L’expérience des crises précédentes montre que nous avons trop tardé avant de nous préoccuper de leurs effets contraires sur la vie des pauvres. Pourrions-nous agir différemment cette fois-ci ?<span id="more-844"></span></p>
<p>Contrairement à la crise en Asie orientale, le ralentissement économique actuel a commencé par toucher les pays riches avant de progresser jusqu’aux grands marchés émergents. Les effets sur les pays à faible revenu ne se manifestent pas surtout à travers les marchés financiers, mais par la volatilité du prix des produits de base, la chute des volumes d’exportation et des envois de fonds. Les nouvelles des bureaux du DFID (Éthiopie, Bangladesh, Inde, Pakistan) indiquent que dans certains cas, les ménages pauvres déscolarisent leurs enfants pour économiser de l’argent et que les familles, surtout les femmes et les filles, s’alimentent moins ou moins bien et risquent de créer un foyer de sous-alimentation préoccupant. Selon certaines estimations, la crise économique aurait déjà ramené 100 millions de personnes en situation de pauvreté.</p>
<p>
Les enseignements tirés des chocs précédents sont éloquents. Pendant la récession des années 1980, un grand nombre de pays en développement se sont lancés dans des programmes d’ajustement structurel. Même si les réformes économiques étaient souvent nécessaires, la conscience des effets négatifs s’est vite manifestée, causant des problèmes politiques dans de nombreux pays et pour les institutions financières internationales. La vocalisation d’une opinion favorable à un « ajustement au faciès humain » lui a fait écho et des instruments comme le « Fonds social » ont été créés dans de nombreux pays, pour en amortir les effets en favorisant le développement des communautés, la formation aux compétences et le microfinancement. La création de ces Fonds sociaux somme toute généralement assez efficaces, prenait souvent trop de temps pour qu’ils puissent jouer un rôle réellement anticyclique dans les efforts visant à aider les plus pauvres à gérer l’ajustement économique.</p>
<p>
Pour les pays en développement, cette crise a débuté avec la poussée des prix alimentaires du début de 2008. Chose intéressante là aussi, des voix se sont élevées en faveur de la création de nouvelles institutions. La démarche internationale s’est orientée vers une série de mesures à court terme (aide alimentaire, protection sociale, subventions aux intrants, etc.) et à long terme (investissement dans la recherche, infrastructure). Mais à quelques mois seulement d’un accord, les prix alimentaires ont commencé à baisser et les prix de l’énergie à monter en flèche. Cette conjoncture a, une fois de plus, amorcé la recherche de moyens d’atténuer les effets négatifs connexes. Influencé par l’élan consensuel de la réaction internationale, le prix du brut a fini par chuter de deux tiers.</p>
<p>
Quels enseignements peut-on tirer de ces expériences ? Premièrement, des chocs sont inévitables dans le contexte même de la mondialisation. Ces chocs s’exprimeront peut-être au niveau des prix alimentaires, des combustibles ou par la fuite vers la qualité, mais ils s’exprimeront. Deuxièmement, les tentatives visant à orchestrer une réaction sur mesure pour protéger les plus vulnérables interviendront presque invariablement après le besoin. Cette chronologie est inévitable compte tenu des longs délais de réalisation à prévoir lorsque de nouvelles institutions sont souhaitées. Troisièmement, les mécanismes les plus efficaces sont ceux qui protègent de n’importe quel choc et qui utilisent les institutions et programmes existants, pour éviter que les plus vulnérables ne tombent au-dessous du seuil minimum.</p>
<p>
Certains pays disposent de systèmes formels de protection sociale, qui varient de raisonnablement efficaces (Brésil, Ghana, Inde, Bangladesh, Indonésie, Vietnam) à ceux qui sont « en phase de préparation » (Kenya, Sierra Leone, Cambodge) en passant par les systèmes limités (Ouganda, Zambie, Éthiopie, Pakistan, Asie centrale, Caraïbes, Iraq). Mais de nombreux pays ne disposent d’aucun système formel et les foyers pauvres comptent sur les mécanismes informels comme les envois de fonds (Pakistan, Chine) ou de modestes économies (Chine), les emprunts aux prêteurs sur gages (Bangladesh) ou les ponctions sur des actifs comme le bétail (Tanzanie) pour tenter de survivre à la crise. Élaboré pour assurer le transfert de liquidités et denrées alimentaires destinées à plus de sept millions de personnes, le « Productive Safety Net Programme » (PSNP) mis en place en Éthiopie est un bon exemple de programme de protection sociale bien conçue. 13,00 GBP (18,00 USD) par mois suffisent pour couvrir les transferts de liquidités pour soutenir une famille entière. Une majorité écrasante (84%) de foyers consacre une part ou la totalité de cet argent à l’achat d’aliments de base, qui améliorent leurs conditions de santé et nutritionnelles tout en évitant aux familles d’avoir à vendre des actifs productifs pour se nourrir. Plus d’un quart des bénéficiaires (28%) utilisent également une partie de ces fonds pour continuer à assurer la scolarisation de leurs enfants. Les liquidités permettent également de régler les factures de santé et facilitent l’accumulation d’actifs par de nombreuses familles, surtout pour ce qui concerne l’achat de bétail. Le programme a confirmé sa valeur l’an dernier, en protégeant de nombreuses familles contre les prix élevés des denrées alimentaires et la sécheresse et en permettant à l’État et aux donateurs de recourir au programme existant pour prolonger la durée de l’aide.</p>
<p>
Le DFID ne considère pas l’argent consacré à la protection sociale comme un programme de compléments de ressources, même s’il se présente comme tel pour certains foyers nécessiteux. La vraie contrepartie de la protection sociale est la protection d’autres investissements engagés dans le développement (Ravallion, 2008). Il y a tout lieu de penser que les chocs économiques dont souffrent les pays pauvres favorisent l’augmentation de la mortalité infantile, la déscolarisation et la chute des niveaux d’alimentation (Ferreira et Schady, 2008). La sous-alimentation chronique chez les enfants en bas âge se traduit souvent par un ralentissement du développement physique et par des lacunes sur le plan du développement cognitif – autant de facteurs réducteurs des chances de la vie et à l’origine de pertes considérables de revenus tout au long de la vie (Alderman et al, 2006 ; Behrman et al, 2004). Les récents progrès technologiques ont considérablement diminué le coût de la prévention de tels scénarios de sous-alimentation – c’est ce que rappelle Josette Sheeran dans sa contribution du 8 janvier sur <a href="http://www.ideas4development.org/the-nutrition-challenge-and-what-i-saw-in-india/en/" target="_blank">ce blog</a>.</p>
<p>
Au cours des prochains mois, d’autres pays pauvres devront instituer des programmes de protection sociale, pour faire en sorte que cette crise économique ne soit pas à l’origine d’une pauvreté persistante pour les prochaines générations et qu’elle n’annule pas les progrès réalisés dernièrement, surtout sur le plan de l’éducation. La crise économique mexicaine (« crise Tequila ») de 1994 a amorcé la conception du célèbre programme PROGRESA, à l’origine de la création du premier filet de sauvetage économique efficace pour les pauvres du pays. D’autres pays devraient suivre l’exemple du Mexique et d’autres donateurs devraient consacrer une part de financement à la protection sociale. Robert Zoellick a demandé aux États-Unis de réserver 0,7 pour cent de son plan de relance à un fonds de vulnérabilité, à l’intention des pays en développement dont les moyens ne leur permettent pas de profiter d’une relance budgétaire, pour les aider à gérer les conséquences de la crise (« <a href="http://www.nytimes.com/2009/01/23/opinion/23zoellick.html?_r=2" target="_blank">A Stimulus Package for the World</a> » (Plan de relance mondial), New York Times, le 22 janvier 2009). L’idéal serait de créer un mécanisme de financement partagé qui confirmerait sans équivoque notre volonté d’œuvrer de concert pour protéger les plus pauvres des chocs inévitables de la mondialisation, parallèlement à la coordination en matière de politique internationale pour la protection des systèmes financiers du monde entier. Autrement, nous risquons de perdre le consensus international favorable à la mondialisation et de dévaloriser les investissements passés et futurs dans le développement.</p>
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		<title>&#8220;Cash on delivery&#8221; : aide basée sur le paiement à la livraison</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 14:46:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Severino</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Education and culture]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis récemment tombé sur <a href="http://blogs.cgdev.org/globaldevelopment/2008/11/in_the_midst_of_the_financial.php" target="_blank">un article en ligne de Nancy Birdsall</a> (en anglais) concernant un nouvel instrument encouragé par le Centre pour le développement mondial, qu&#8217;ils ont appelé aide « basée sur le paiement à la livraison » (cash-on-delivery aid). D&#8217;une certaine manière, (Nancy, dont le Centre est un partenaire d&#8217;ID4D, voudra bien me corriger si je me trompe ou compléter mes propos si besoin est) il se rapproche du concept d&#8217; « aide basée sur les résultats » (output-based aid), sauf que ce sont les gouvernements et non les acteurs non gouvernementaux qui sont responsables de la livraison des résultats, et que cette aide est fournie comme une forme de prime à la livraison plutôt que de paiement direct pour les frais encourus.  La nouveauté de cette approche est que les bailleurs de fonds interviennent le moins possible - laissant aux pays destinataires le soin de trouver les manières les plus appropriées d&#8217;atteindre les objectifs ciblés. En un mot, avec ce type de programme, les bailleurs de fonds s&#8217;engageraient ex-ante à payer une somme donnée pour un progrès donné réalisé par rapport à un objectif donné. Dans le domaine de l&#8217;éducation, par exemple, les bailleurs de fonds pourraient promettre de payer quelque chose comme 100 euros pour chaque enfant supplémentaire qui termine l&#8217;école primaire et réussit un test de compétences standardisé.<span id="more-770"></span></p>
<p>Je trouve ce concept attrayant pour trois raisons importantes :</p>
<ul>
<li>premièrement, il prend l&#8217;appropriation au sérieux : en ciblant un objectif spécifique sans interférer avec le choix des politiques, il incite les gouvernements à réfléchir aux moyens les plus appropriés d&#8217;atteindre cet objectif dans leur contexte national particulier. L&#8217;expérience a montré que les bailleurs de fonds ne sont pas toujours ceux qui savent mieux que les autres.</li>
</ul>
<ul>
<li>deuxièmement, il détourne les mesures incitatives des apports (combien d&#8217;argent donnons-nous ?) pour les orienter vers les résultats (quels résultats concrets atteignons-nous ?), et il attribue clairement la charge des résultats aux gouvernements. Si des projets pilotes sont réalisés, ils nous apprendrons des choses importantes sur la manière dont les choix publics sont opérés au sein des gouvernements, et jusqu&#8217;à quel point ils influencent les performances. Une chose est sûre : il y aura probablement une plus grande attention du public et plus de débats sur les décisions prises pour « remporter » les défis - ce qui peut déjà être un résultat positif en soi.</li>
</ul>
<ul>
<li>Ce qui nous amène à une troisième dimension intéressante, qui est l&#8217;ambition sous-jacente de changer la structure des mesures incitatives. L&#8217;aide basée sur le paiement à la livraison agit sur les mesures incitatives visant l&#8217;offre. D&#8217;autres initiatives (ciblant les jeunes filles en Inde, mais également les élèves des écoles publiques à Washington DC !) se sont penchées sur l&#8217;enseignement du point de vue de la demande, en payant les enfants pour qu&#8217;ils aillent à l&#8217;école et obtiennent de bonnes notes. Comparer les succès des mesures incitatives au niveau de la demande et de l&#8217;offre dans le domaine de l&#8217;éducation pourrait nous apprendre beaucoup sur les déterminants du progrès.</li>
</ul>
<p>Certains points me préoccupent néanmoins (en dehors des difficultés techniques évidentes de trouver des références vérifiables et acceptées pour les « succès », auxquelles il est important de réfléchir mais qui peuvent probablement être surmontées) :</p>
<ul>
<li>comment les gouvernements atteindront-ils les résultats si l&#8217;aide n&#8217;est pas là dès le départ ? Il s&#8217;agit typiquement d&#8217;un problème du genre « la poule et l&#8217;œuf » : certains pays n&#8217;ont pas d&#8217;entrée de jeu la marge de manœuvre budgétaire indispensable pour « investir » dans le grand élan qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs. Ces programmes devraient donc être complémentaires à des programmes existants (comme l&#8217;initiative Fast Track dans l&#8217;éducation).</li>
</ul>
<ul>
<li>deuxièmement, l&#8217;aide basée sur le paiement à la livraison est une forme d&#8217;aide conditionnelle (a posteriori). En tant que récompense accordée aux bons élèves, elle risque d&#8217;imposer une double pénalité aux populations dont les gouvernements sont incapables de fournir les résultats. En pénalisant les « mauvais élèves », elle fait implicitement l&#8217;hypothèse qu&#8217;ils sont responsables de leurs mauvais résultats. Bien que cela puisse être le cas, cela ne peut être considéré comme un fait avéré. Comme beaucoup de bonnes idées, cette mesure devrait donc probablement être consommée avec modération, nous ne pouvons espérer l&#8217;appliquer de manière uniforme et générale.</li>
</ul>
<p>Dans tous les cas, c&#8217;est une nouvelle initiative intéressante qui mérite certainement d&#8217;être abordée dans les colonnes de ce blog. Chers amis bloggeurs, commentateurs invités et lecteurs, à vous de jouer !</p>
<p>JMS</p>
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		<title>Aide européenne : pourquoi et comment ?</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 17:33:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Michel Severino</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Mes collègues achèvent les tous derniers préparatifs pour une séance de brainstorming de deux jours sur le futur de l&#8217;aide européenne. C&#8217;est une bonne occasion d&#8217;entamer ici une discussion avec ses participants (et vous tous: comme toujours, les commentaires de chacun sont les bienvenus !) pour réfléchir à la façon dont les Européens envisagent leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left; mso-outline-level: 1;">Mes collègues achèvent les tous derniers préparatifs pour une séance de brainstorming de deux jours sur le futur de l&#8217;aide européenne. C&#8217;est une bonne occasion d&#8217;entamer ici une discussion avec ses participants (et vous tous: comme toujours, les commentaires de chacun sont les bienvenus !) pour réfléchir à la façon dont les Européens envisagent leur politique de développement : à quoi sert-elle ? Comment s&#8217;assurer de sa cohérence ? Voici quelques premières idées.<span id="more-773"></span></p>
<p>L&#8217;Union Européenne est un géant de l&#8217;aide au développement. En 2007 son aide - Etats membres et communauté confondus - a représenté 46 milliards d&#8217;euros, soit 93 euros par citoyen par an. A titre de comparaison, ce montant s&#8217;élève respectivement à 53 et 44 euros pour un citoyen américain et japonais.</p>
<p>Mais à l&#8217;heure où les opinions publiques européennes s&#8217;inquiètent pour leur pouvoir d&#8217;achat, certains s&#8217;interrogent sur l&#8217;utilité de cette solidarité à l&#8217;égard de pays ou de continents tiers. Le Commissaire européen Louis Michel a récemment partagé ses craintes <a title="Comment by Louis Michel in ID4D" href="http://www.ideas4development.org/live-from-the-edd-%e2%80%9chow-will-the-financial-crisis-affect-the-south-and-how-can-european-aid-help-developing-countries-face-this-challenge%e2%80%9d/en/" target="_blank">dans les colonnes de ce blog </a>: les tentations d&#8217;un repli de l&#8217;Europe sur elle-même ne manquent pas.</p>
<p>Pourtant l&#8217;Europe a de bonnes raisons de considérer avec fierté son action en faveur du développement. L&#8217;aide publique au développement (APD) répond avant tout à une exigence humaniste : aider les plus démunis relève d&#8217;un impératif éthique de justice et de solidarité. Les différentiels de richesse au niveau mondial ne cessent de s&#8217;accroître, un ‘choc des extrêmes&#8217; rendu chaque jour plus intolérable du fait de notre perception grandissante des inégalités mondiales. A l&#8217;heure où les images nous parviennent de manière instantanée, nous sommes tous témoins de cette ‘fracture sociale globale&#8217;.</p>
<p>Ces inégalités s&#8217;avèrent sources de tensions, comme en attestent les violentes émeutes de la faim l&#8217;hiver dernier. En plus de traduire un impératif humaniste, l&#8217;aide constitue donc une réponse de la communauté internationale à la montée des risques liés à la mondialisation et à la perception collective d&#8217;insécurité. La notion de ‘voisinage&#8217; se voit ainsi redéfinie. La mise à niveau des économies qui nous sont proches est la garantie d&#8217;une plus grande sécurité, mais également d&#8217;une plus grande stabilité économique. La construction européenne fournit justement l&#8217;exemple pertinent d&#8217;un espace où l&#8217;intégration économique s&#8217;est accompagnée de la création de mécanismes de solidarité entre voisins. Tout comme elle a eu intérêt, hier, à tirer la croissance de ses régions les plus faibles, l&#8217;Europe a aujourd&#8217;hui intérêt à ce que les économies méditerranéennes et Africaines décollent. En ce sens l&#8217;APD permet non seulement d&#8217;accompagner la croissance, mais aussi de construire des ponts entre des sociétés proches, de par leur géographie et leur histoire.</p>
<p>Mais en ce début de 21ème siècle, le voisinage européen va bien au-delà de sa périphérie proche. L&#8217;actualité internationale de ces derniers mois nous le confirme : les catastrophes sanitaires, les dérégulations climatiques ou financières sont des fléaux qui ne connaissent pas de frontières. Dans un monde où les interdépendances vont croissant, des insuffisances de régulation dans un hémisphère peuvent se transformer en problèmes domestiques dans l&#8217;autre. Or les pays en développement sont au cœur des dérèglements mondiaux : s&#8217;ils en sont parfois l&#8217;origine, ils en sont aussi les premières victimes, et se trouvent au cœur des solutions. Pour ne citer qu&#8217;un exemple, une lutte efficace contre le changement climatique impliquera que des pays tels que le Brésil, l&#8217;Indonésie ceux du Bassin du Congo protègent les poumons de notre planète. En partageant les coûts de ces efforts, l&#8217;APD européenne peut accompagner une action collective Nord / Sud en faveur de la préservation des biens publics mondiaux.</p>
<p>L&#8217;aide se trouve donc au carrefour des intérêts des donateurs et des bénéficiaires. A la dimension compassionnelle se superpose la notion d&#8217;intérêt mutuel bien compris. En réalité, l&#8217;Europe est progressivement en train d&#8217;évoluer d&#8217;une vision compassionnelle vers une vision plus systémique et ambitieuse de son aide au développement, celle de la gestion dans la durée d&#8217;un espace commun où le destin de chacun est lié à celui de tous. Aujourd&#8217;hui plus que jamais, l&#8217;Europe doit donc porter haut ses valeurs de solidarité et sa volonté d&#8217;agir dans le sens d&#8217;une régulation internationale. Telle est le (modique) prix à payer pour se prémunir d&#8217;une coûteuse remise en cause de la mondialisation.</p>
<p>Mais le succès du combat pour un marché mondial plus inclusif et pour la préservation des biens communs de l&#8217;humanité appelle des stratégies coordonnées. Cela est plus vite dit que fait, étant donné la prolifération des acteurs dans le « marché de l&#8217;aide » - qui ont chacun leurs propres priorités. Donald Kaberuka avait d&#8217;ailleurs évoqué ce sujet complexe dans <a title="Post de Donald Kaberuka" href="http://www.ideas4development.org/la-nouvelle-architecture-de-laide-internationale/fr/" target="_blank">son premier post </a>l&#8217;année dernière. L&#8217;avantage pour les Européens est qu&#8217;ils peuvent commencer à apprendre ensemble, en construisant une architecture pour leur politique d&#8217;aide commune qui assure une cohérence stratégique d&#8217;ensemble tout en préservant l&#8217;inestimable diversité des institutions des Etats membres. Mon intuition est que des instruments collaboratifs tels que la <a title="Facilité d'investissement pour le voisinage" href="http://www.afd.fr/jahia/Jahia/site/afd/lang/fr/pid/2528" target="_blank">Facilité d&#8217;Investissement pour le Voisinage</a>, le Fonds fiduciaire EU-Afrique pour les infrastructures ou le mécanisme « European Financing Partners » des institutions européennes de financement du développement sont des outils prometteurs pour ce faire. En effet ils construisent la cohérence entre donateurs européens en donnant aux Etats membres des incitations à travailler ensemble - plutôt que de céder au chant des sirènes de la coordination « Gosplaniste ». Ils associent également beaucoup plus les pays récipiendaires de l&#8217;aide aux décisions de politique publique que les instruments traditionnels.</p>
<p>Mais je devrais m&#8217;arrêter là&#8230; Le séminaire auquel je participe demain doit réfléchir à ces questions de coopération entre bailleurs européens. Je laisse donc la parole (ou le clavier&#8230;) à tous ceux qui souhaitent partager leurs idées sur ce que doivent être les objectifs de l&#8217;aide européenne, et sur les meilleures façons de construire une pratique d&#8217;aide à la fois dynamique et cohérente. Promis, je vous informerai aussi des idées les plus prometteuses qui émergeront de ce qui s&#8217;annonce comme une session de brainstorming fascinante.</p>
<p>JMS</p>
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