Examen global de l’Aide pour le commerce

Auteur : Pascal Lamy

Date : December 5th, 2007
Commentaires : 8

Je suis désolé de vous avoir fait attendre avant de revenir sur la question de l’Aide pour le commerce. Je viens seulement de pouvoir faire une pause après une semaine chargée, que j’ai passée à discuter de ce sujet avec des Membres de l’OMC et des Chefs de secrétariat d’organisations internationales.

Nous n’avons jamais cru qu’il serait facile de réunir l’importante assemblée qui s’est tenue à Genève la semaine dernière pour notre premier Examen global de l’Aide pour le commerce.

Bob Zoellick, de la Banque mondiale, Dominique Strauss-Kahn, du FMI, Kemal Dervis, du PNUD, Donald Kaberuka, de la Banque africaine de développement, Luis Alberto Moreno, de la Banque interaméricaine de développement et Rajat Nag, de la Banque asiatique de développement: tous sont venus. Par chance, aucun n’a manqué son avion!
Avec nous se trouvaient aussi Supachai Panitchpakdi, de la CNUCED, Juan Somavia, de l’OIT, Edouard Dayan, de l’Union postale universelle, Patricia Francis, du CCI, et Abdoulie Janneh, de la CEA/ONU. Jamais le siège de l’OMC n’avait accueilli pour une telle conférence un nombre aussi grand de Chefs de secrétariat d’organisations internationales! Je pense que c’est un signe clair de l’importance qu’ils attachent – comme nous tous – à l’Aide pour le commerce.
Chefs des agences multilatérales

Chefs des agences multilatérales.
De gauche à droite: Luis Alberto Moreno, BIAD - Edouard Dayan, UPU - Dominique Strauss-Kahn, FMI - Rajat Nag, BAD - Patricia Francis, CCI - Abdoulie Janneh, CEA - Pascal Lamy, OMC - Angel Gurría, OCDE - Valentine Rugwabiza, OMC - Kemal Dervis, PNUD - Robert Zoellick, Banque mondiale - Juan Somavia, OIT - Donald Kaberuka, BAfD

Nous avions également parmi nous des ministres de nombre de nos pays Membres ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé.

Cette conférence nous a dotés des outils nécessaires pour mettre nos projets en marche. Des journalistes et des membres de la société civile m’ont demandé ce que cette conférence avait de spécial. À l’évidence, il y a trop de conférences sans lendemain. Qu’avait donc celle-ci de spécial?

Je dirais qu’elle comportait trois éléments nouveaux. Premièrement, il y a un consensus pour passer à la phase de mise en œuvre, pour choisir les secteurs prioritaires et pour les intégrer dans des stratégies de développement aux niveaux national et régional. Deuxièmement, nous avons besoin de mettre au point de bons instruments de suivi et d’évaluation. Troisièmement, nous devons assurer un financement adéquat.

Les donateurs ont pris des engagements qui entraîneraient 8 milliards de dollars de nouveaux financements en faveur de l’Aide pour le commerce d’ici 2010, portant ainsi le total de l’aide à 30 milliards de dollars. Les pays bénéficiaires ont besoin d’infrastructures, de capacités institutionnelles renforcées, de meilleures installations d’essais pour la normalisation et de fonctionnaires ayant les connaissances nécessaires pour mieux tirer parti des règles de l’OMC. Toutefois, même avec ces engagements financiers accrus, il y aura toujours des contraintes en matière de ressources. Les donateurs devront donc absolument concrétiser leurs engagements et les pays bénéficiaires devront établir des priorités. Routes, réseaux de télécommunications, ports, laboratoires d’essais, programmes de formation: tous ces éléments sont essentiels mais tous les pays ne pourront pas avoir tout ce qu’ils veulent.

Il est clair qu’un travail considérable nous attend en 2008.

Lors de cette conférence, nous avons aussi entendu de nombreuses voix s’élever en faveur du Cycle de Doha. Au bout du compte, le Cycle de Doha est au cœur des travaux de l’OMC! Bob et Angel ont eu des paroles éloquentes, de même que Gareth Thomas, du Royaume-Uni, et le Ministre finlandais du commerce, Paavo Väyrynen. L’Aide pour le commerce est une activité distincte des négociations de Doha mais il est clair que les possibilités commerciales qui en découleront auront besoin de l’Aide pour le commerce pour se traduire dans les faits.

Ces trois prochains mois seront cruciaux pour le Cycle de Doha, dont nous espérons tous qu’il pourra être conclu avant la fin de 2008. Je vous tiendrai au courant. Restez en ligne.

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8 Commentaires

Phillip Huggan

Date : March 19th, 2008 04:06:31

The most convincing explanation I’ve seen if you are to assign a single reason why in the past SE Asia enjoyed higher economic growth rates than Sub-Saharan Africa, is that farm yields fialed regularly in Africa far more than they did in Asia. Every time Agriculture harvests drop, health suffers.

I’d give priority to roads (or rails or water transport) and drinking water. Sustainable irrigation technologies (like IDE’s drip irrigation) of course. One thing that isn’t on the list is grain storage facilities like grain elevators. I don’t have the link now, but someone recently invented an underground storage chamber that keeps insects out of grain and can be constructed with lumber from common African trees.
With grain storage facilities, a farm region can ride out the shock of lower harvests. And save the good harvests as equity from which to borrow or trade for productivity increasing farm equipment or other diversified sources of income.
There are now polymer solar panels small enough to be mailed.

The Sustainable Development Blogger

Date : March 10th, 2008 12:16:15

Let me ask two questions that are crucial to assess if A4T will have a significant impact:

1) There is an agreement on how to be sure that A4T will be financed by additional resources?

2) There is an agreement on how to ensure ownership by developing countries and to be sure that A4T will be coherent with the development strategy of each developing countries. Notably the accent should be put more in increasing skills and productive capabilities to export not to import.

3) A4T will be included with precise engagements in the single undertaking and the final Doha Round Agreement? Without this element A4T will have an impact close to zero (as was the case for the Uruguay Agreement on risks linked to increasing prices caused by the reform).

Pascal Lamy

Date : January 22nd, 2008 03:34:37

Querido Jean Michel:

He leído con interés tu respuesta a la reciente nota que he publicado sobre el Examen Global de la Ayuda para el Comercio. Coincido contigo en que queda mucho camino por recorrer y mucho trabajo por hacer, tanto por parte de los donantes como de los receptores, para integrar con éxito los programas del comercio y el desarrollo.

Con respecto a la segunda cuestión que planteas, la de los Acuerdos de Asociación Económica entre la UE y los países ACP, ten en cuenta que los países del grupo de África, el Caribe y el Pacífico representan aproximadamente el 40 por ciento de los Miembros de la OMC y comprenden la totalidad de países africanos en la OMC. Por consiguiente, estoy seguro de que convendrás en que cualquier novedad en el régimen de su política comercial interesa a la OMC y a todos sus Miembros.

Ello no obstante, las negociaciones relativas a los Acuerdos de Asociación Económica entre la UE y las seis regiones del grupo de países ACP son esencialmente un asunto bilateral entre dos miembros, considerando como entidades de negociación individuales tanto a la UE como a las regiones ACP. Como ocurre con otras negociaciones comerciales bilaterales que entablan muchos de nuestros Miembros, estas negociaciones sólo pasan a ser de la incumbencia de la OMC cuando son notificadas a la Organización con miras a su examen.

Desde diciembre de 2006 disponemos de un nuevo mecanismo de transparencia para evaluar la compatibilidad de los acuerdos comerciales bilaterales con las normas de la OMC. Si te interesa, puedes consultar los exámenes que ya han tenido lugar pulsando en la siguiente dirección:

http://www.wto.org/spanish/tratop_s/region_s/region_s.htm

En tanto no se negocien los tratos bilaterales, en mi calidad de Director de la OMC hago todo lo posible para evitar pronunciarme …

En cuanto al posible papel de los socios en el desarrollo, particularmente durante el período provisional, a mi modo de ver es prioritario prestar un apoyo continuo a estos países para ayudarles a crear la capacidad de identificar y articular mejor sus intereses ofensivos en el mercado de las UE. Pero también convendría poner las miras más allá de los tratos comerciales y empezar a preparar el terreno para que los países en desarrollo puedan recoger todos los frutos de estos acuerdos. Ello significa que hay que determinar cuáles son los embotellamientos que ahogan la capacidad productiva, abordar las cuestiones relativas a la pérdida de ingresos y analizar las infraestructuras comerciales, o sea, en lo esencial examinar el programa de la Ayuda para el Comercio.

Aquí es donde, en mi opinión, deberían centrar su intervención los organismos de desarrollo durante este período.

Espero que mis indicaciones te sean de utilidad.

Pascal Lamy

Date : January 21st, 2008 06:20:42

Cher Jean-Michel,

J’ai lu avec intérêt ta réponse à ma récente contribution sur l’Examen global de l’Aide pour le commerce. Je suis d’accord avec toi, nous avons encore beaucoup à faire pour gagner le pari de l’intégration des programmes de travail sur le commerce et le développement, du côté des donateurs comme de celui des bénéficiaires.

S’agissant du deuxième point que tu soulèves – les Accords de partenariat économique (APE) entre l’UE et les pays ACP – il faut noter que les pays du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique représentent environ 40 pour cent des Membres de l’OMC et comprennent l’ensemble des Membres africains de l’Organisation. Dans ces conditions, tu conviendras que toute évolution de leur régime de politique commerciale présente un intérêt pour l’OMC et pour tous ses Membres.

Il n’en reste pas moins que les négociations sur les APE entre l’Union européenne et les six régions du groupe ACP sont essentiellement une question bilatérale, qui intéresse deux Membres, l’UE et les ACP constituant deux entités de négociation individuelles. Comme les autres négociations commerciales bilatérales menées par beaucoup de nos Membres, elles ne relèvent de l’OMC qu’une fois qu’elles sont notifiées en vue de leur examen.

Depuis décembre 2006, nous disposons d’un nouveau mécanisme pour la transparence qui permet d’évaluer la compatibilité des accords commerciaux bilatéraux avec les règles de l’OMC. Si cela t’intéresse, tu peux consulter les examens qui ont déjà eu lieu, à l’adresse suivante:

http://www.wto.org/french/tratop_f/region_f/region_f.htm

Jusqu’à ce que les accords bilatéraux soient négociés, en tant que Directeur général de l’OMC, je m’efforce de ne pas me prononcer …

Quant au rôle potentiel des partenaires de développement, en particulier pendant la période intérimaire, j’ai le sentiment qu’un soutien suivi à ces pays pour les aider à acquérir la capacité de mieux identifier et formuler leurs intérêts offensifs sur le marché de l’UE est une priorité. Mais il serait bon aussi de regarder au-delà de la négociation des accords commerciaux et de commencer à préparer le terrain pour garantir que les pays en développement tireront pleinement parti de ces accords. Cela signifie mettre en évidence les goulets d’étranglement dans la capacité de production, s’atteler aux problèmes des pertes de recettes, se pencher sur la question des infrastructures commerciales. En somme, se reporter au programme de l’Aide pour le commerce.

Voilà à mon sens ce sur quoi devrait se concentrer l’intervention des agences de développement pendant cette période.

J’espère avoir répondu à ta question.

Pascal Lamy

Date : January 14th, 2008 12:42:35

Dear Jean Michel,

I read with interest your response to my recent posting on the aid for trade global review. I agree with you that we have a long way to go and much to work to do to successfully integrate the trade and development agendas on both the donor side and the recipient side.

Regarding the second issue you raise, that of the Economic Partnership Agreements (EPA) between the EU and the ACP countries, note that the countries of the African, Caribbean and Pacific group represent approximately 40% of the WTO membership and also include the entire African WTO constituency. Therefore, as I am sure you will agree, any developments in their trade policy regime is of interest to the WTO and its entire membership.

Notwithstanding the above, the EPA negotiations between the European Union and the 6 regions of the ACP group are in essence a bilateral affair between two members, taking both the EU and ACP regions as two individual negotiating entities. As is the case with other bilateral trade negotiations that many of our members pursue, they only become a matter for the WTO when they are notified to the WTO for their review.

Since December 2006 we have a new transparency mechanism to asses the compatibility of bilateral trade agreements with WTO rules. If you are interested, you can have a look at examinations which have already taken place, by clicking on:

http://www.wto.org/english/tratop_e/region_e/region_e.htm

Until the bilateral deals are negotiated, as the head of the WTO I do my best to avoid pronouncing myself …

As far as the potential role of development partners, in particular during the interim period, my sense is that continued support to these countries to help them build capacity to better identify and articulate their offensive interests in the EU market is a priority. But it would also be good to look beyond the negotiation of trade deals and start preparing the ground for ensuring the developing countries reap the full benefits of these agreements; This means identifying current bottle necks in productive capacity, addressing revenue loss issues, looking into trading infrastructures; in essence, looking at the Aid for Trade Agenda.

This in my view is where the development agencies should focus their intervention during this period.

Hope this helps
Pascal Lamy

Jean-Michel Severino

Date : December 21st, 2007 07:41:22

Cher Pascal,

J’ai lu ton dernier post avec beaucoup d’intérêt. Nous croyons beaucoup, ici à l’AFD, à l’importance du renforcement des capacités commerciales des pays qui s’intègrent progressivement (souvent au prix d’ajustements douloureux) au commerce mondial. A mon sens, nous avons encore beaucoup à faire pour gagner le pari de l’intégration de la problématique du commerce à celle du développement.

Je voulais t’interroger sur un dossier connexe, qui me préoccupe en cette fin d’année 2007: celui des Accords de Partenariat Economique (APE). Il est maintenant clair que tous nos partenaires des pays ACP n’auront pas signé des APE avec l’UE d’ici la fin d’année. Quelle est ton analyse sur l’évolution de ce dossier ? La signature d’accords intérimaires pour passer l’échéance de la fin décembre 2007 ne risque-t-elle pas de retarder l’intégration régionale ?

Quel rôle vois-tu pour nos agences de développement dans l’accompagnement de cette transition ?

JMS

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Dear Pascal,

I was very interested in your last post. We very much believe, here at AFD, in the crucial importance of reinforcing commercial capacities of the states who are gradually (often at the price of painful adjustments) inserting themselves in world trade. I feel that we still have a long way to go and much work to do to successfully integrate the trade and development agendas.

I wanted to pick your brain on a related issue, which is of particular concern to me at this time of 2007: that of the Economic Partnership Agreements (EPAs). It is now clear that all of our ACP partners will not have signed EPAs with the EU by the end of the year. What is your analysis of the progress on this issue? Does the signing of interim agreements not carry a risk of delaying progress in regional integration?

What role would you see our development agencies play in support of these transitions?

JMS

Che Thuy Nhu

Date : December 12th, 2007 06:21:21

Every year Vietnam have the meeting of Consultative Group ( CG ) .This year the international donors promised : with Vietnam on the development’s way . In the CG meeting 2007 the international donors commited support Vietnam 5,4 billions USD - ODA to achieve the Goverment’s objectives :” Poverty reduction and Sustainable development ”
In this Japan 1,1 billions USD, Korea 286 millions USD, France 228 millions USD, ADB 1,4 billions USD and WB 1,1 billions USD
Resource: http://www.mof.gov.vn

iatp

Date : December 7th, 2007 05:57:24

Two years have gone by since Aid for Trade was launched at the WTO. Pascal Lamy has just completed the first Global Aid for Trade Review. The picture does not look good. There is still no clearly accepted definition of what counts as an Aid for Trade initiative, no guidelines for accessing funds, and no effective monitoring and evaluation mechanisms.

But the big question on everyone’s lips is what about the money? When Aid for Trade was launched, WTO members asked Pascal Lamy to find appropriate mechanisms to securing additional financial resources for Aid for Trade. No funding is secured. It is now confirmed that there will be no additional money over and above existing aid, formerly known as Overseas Development Assistance (ODA), pledges. Instead, the Director-General must seek to get a bigger share of aid for trade initiatives. The OECD-WTO data estimates that trade initiatives currently soak up 40 percent of existing aid money. If no additional money is found, there is a serious risk that other sectors, like health and education, may find they receive a much smaller share of the pie in the future. Overall development aid declined in 2006.

Worse, other global issues are desperately in need of a massive boost of funds, most importantly, steps to mitigate the devastating effects of climate change. The UNDP recently issued their annual Human Development Report which accuses rich nations of failing to do their bit to curb greenhouse gas emissions and to help developing countries cope with climate change. To date, only $26 million has been delivered under the UN Framework Convention on Climate Change. The UNDP says developed countries need to provide US$86 billion a year by 2015. US$44 billion would go for climate-related infrastructure. US$40 billion would help the poor cope with climate-related risks. The other US$2 billion would go to strengthening responses to natural disasters.

Going ahead with the Aid for Trade agenda in the current climate would be disastrous. For now, donors and recipients should invest their energy in improving the effectiveness of existing aid schemes. WTO members should get back to the task of creating a better multilateral trading system. If WTO members are able to build a better framework for the multilateral trading system then Aid for Trade could be a useful and important addition.