Development aid and fragile States (video)


Author : Jean-Michel Severino

Date : October 21, 2007


Should development agencies play a role in conflict prevention?

 

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Retranscription:

 

"Development agencies over time have probably minimised the role that they can play in conflict prevention because in most cases conflicts have been seen as political processes and connected or loosely connected to structural problems or policies. And yet, when one comes back and sees what has happened in the last dozen years, especially in Africa or in very poor states all over the world, in most cases, deeply enshrined in economic and structural issues and economic policy issues are probably the deep roots, the deep causes of the political problems and conflicts. One good example can be given by the Sudan and Darfur issue and more generally by what is happening in the Sahelian Band where conflicts between nomads and sedentarians is probably one  major reason of the conflictuality. And a reason that can be worked on and in some cases solved. Being engaged in a political and social vision of their activities and with the goal of stabalising social landscapes is a dimension that development agencies should take more into account and focus more on."

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9 comments

Jean-Michel SEVERINO Jean-Michel Severino

Date : July 24, 2008 09:18

[Traduction française disponible plus bas]

Yes, we do often intervene too late. It is the repeated tragedy for those states that accumulate different forms of "fragility", and which fall or relapse into violence despite vulnerabilities that were often visible for a long time but weren't deal with. As for every kind of crisis (food, health, environmental), resources and political will always lack for prevention and yet abound for the cure. Indeed, how do you demonstrate that you have managed to prevent a conflict that, by definition, hasn't taken place?

Preventive actions aren't often a priority for governments that are prompted to intervene by their public opinion only once the crisis has broken out. Choosing to directly work on prevention is a more obvious way to go when we compare the cost (human, economic, social...) of the crisis and its management, to the one implied by prevention actions. And yes, I think we can contribute to preventing conflicts by structural actions. At the risk of sounding self-gratifying, it seems to me that if the Darfur region had been subject to the kind of programmes my agency has developed with the Chadian government and local communities in the east of the country, Darfur might not have been experiencing the scale of violence it does today.

Of course development is always only part of the solution. But if we succeed, in our actions, 1) to do no harm, by analysing more closely societies in which we work, their evolutions and their factors of vulnerability; and 2) to contribute to the alleviation of certain of the structural tensions that constitute the hotbed of violence across the world (access to land and natural resources, obvious inequality inside societies, mass unemployment for the numerous youths, etc.), I am convinced that we could prevent a lot of senseless deaths. We, collectively, still have a lot of work to do in that direction.

JMS

Jean-Michel SEVERINO Jean-Michel Severino

Date : May 28, 2008 09:40

Oui, nous intervenons souvent trop tard. C'est bien le drame des Etats qui cumulent différents facteurs de 'fragilité', et qui tombent ou retombent dans la conflictualité violente alors même que ces éléments de vulnérabilité étaient parfois perceptibles depuis longtemps et n'ont pas été traitées. Comme pour toutes sortes de crises (alimentaires, sanitaires, environnementales), les ressources et la volonté politique sont toujours plus rares pour la prévention que pour la guérison. Comment en effet démontrer que l'on a participé à la prévention d'un conflit qui, par définition, n'aura pas lieu ? Les actions préventives sont rarement prioritaires pour des gouvernements qui ne sont poussés à intervenir par leurs opinions publiques qu'une fois la crise déclarée. Mais l'enjeu de s'atteler rapidement aux questions de prévention apparaît plus clairement lorsque l'on compare le coût (humain, économique, social...) de la crise et de sa gestion, à celui d'actions de prévention. Et oui, je pense que nous pouvons prévenir les conflits par des actions structurelles. Au risque de paraître mégalomane, il me semble que si le Darfour avait fait l'objet d'approches telles que celle que nous avons développé avec le gouvernement tchadien et les communautés locales dans l'Est du pays, nous ne vivrions peut-être pas la crise actuelle.

Certes le développement ne peut pas tout. Mais si nous parvenons, dans nos actions, à 1) ne pas nuire, en analysant de façon plus fine les sociétés dans lesquelles nous agissons, leurs évolutions et leurs facteurs de vulnérabilité et 2) à participer à la réduction de certaines des tensions structurelles qui font le terreau de nombreux conflits à travers le monde (accès au foncier et aux ressources naturelles, inégalités flagrantes au sein de sociétés, chômage de masse au sein d'une jeunesse nombreuse, etc.), je suis persuadé que nous pourrions prévenir beaucoup de morts inutiles. Nous avons, collectivement, encore beaucoup de chemin à parcourir en ce sens.

JMS

gerard beralus

Date : November 9, 2007 00:33

je crois fermement, al'heure ou nous sommes a une nouvelle reorganisation des organisations de societe civiles a travers le monde.j'en apelle a une conference internationale de societe civile ,pour la mis en oeuvre de nouvelle strategie contre la prevention des conflits.

merci

gerard beralus

Léa

Date : October 29, 2007 15:27

Question d'actualité?

Puisqu'il s'agit d'échanger des idées sur le développement, et peut être même de les transformer en actes, des questions d'actualité comme l'affaire de l'arche de Zoé devraient nous amener à réfléchir aux questions de responsabilités de chacun des acteurs impliqués dans le développement. J'aimerais donc vous lire sur ce sujet qui me semble incontourable.
Au milieu de tous ces ingrédients (liste non exhaustive bien sûr): nouveaux acteurs et multiplicité des acteurs, sur et dés-information, faiblesse des états (ou états voyous), manque d'organisation des parties prenantes locales, opacité des aides et des résultats, engagements au sommet jamais respectés (comment alors accuser les états bénéficiaires de ne pas respecter leurs engagements...), inexistance ou manquements des règlements internationaux.....
que peut on faire pour encourager la prise d'initiative locale et l'implication de la société civile sans générer des intiatives à la fois décallées et in-fine condamnables, -- bien qu'étant sans doute l'expression d'une bonne volonté initiale?
Puisque l'on souhaite désormais élargir le cercle des contributeurs à un développement global et durable (entreprises, consommateurs, citoyens, ONG), qui va éduquer ceux qui ont les moyens d'agir (ceux qui ont des fonds et des compétences) aux problématiques si complexes du développement? .... Faute de quoi on mobilisera de nouvelles ressources, pour toujours mieux les gaspiller?
Merci de vos réponses

FELIX GHERARDI

Date : October 25, 2007 11:06

Tout d'abord, une précision me semble nécessaire: Qu'entend-on exactement par la notion d' Etats fragiles? S'agit-il des Etats n'ayant pas encore atteint le niveau socioéconomique du "standard occidental", ou bien doit-on se baser sur une instabilité politique interne avant tout? Peut-être devons-nous même envisager ces deux critères cumulativement? Pourtant plusieurs exemples montreraient que l'un peut aller sans l'autre. Si d'une manière plus générale, et sous l'angle spécifique de la prévention des conflits, il fallait entendre par le concept d'"Etat Fragile" les Etats dont la paix intérieure est menacée ou risquerait de l'être pour l'une des raisons énoncées ci-dessus, aurait-on les moyens d'organiser un programme mondial de développement pour la prévention de crise au regard du nombre encore élévé d'Etats fragiles?
Ensuite, s'il est vrai qu'une action concertée avec les gouvernements nationaux est un point indispensable pour le bon fonctionnement d'un plan de prévention, de même une action beaucoup plus efficace de la part de l'organisation chargée des programmes de Peace Making et Peace Keeping, à savoir l'Organisation des Nations Unies, est légitimement attendue. Malgré l'absence problématique d'une force cohercitive internationale, une réflexion dans ce sens doit aujourd'hui être sérieusement envisagée.
Enfin, pour en revenir aux programmes d'aide au développement, il me semble qu'un rôle important que devraient jouer ces programmes, lorsque le conflit est déjà en place, serait l'aide à la médiatisation du conflit, à l'information du public , en soutient au travail des organisations non-gouvernementales et en complément des actions entreprises (lorsqu'elles le sont...!) par l'ONU. En effet, si l'aide humanitaire reste une voie essentielle, la diffusion d'information me semble également incontournable. Par exemple, comment se fait-il qu'une large part de la population française ait de grandes difficultés à situer géographiquement le Sri Lanka et se trouve dans l'ignorance totale quant à la guerre civile qui y sévit depuis plus de 30 ans? La sociéte civile étant un acteur à ne pas négliger quant à l'instrument de pression sur l'action des différents gouvernements qu'elle peut représenter, une plus grande sensibilisation de cette dernière doit être envisagée...

mahamoud

Date : October 25, 2007 10:05

je pense que les agences jouent leur role de pacifiste mais provoquent ou sèment des germes des futurs conflits dans le continent noir.

qui dit agence dit dépendance et dictat donc agence est le parrain ou la genese des conflits .
l'exemple le plus parfait est la Somalie.

Wiokazi Constant MAGNINI

Date : October 24, 2007 19:06

La responsabilité première de la prévention des conflits incombe aux gouvernements nationaux, la société civile jouant un rôle important.

L'action de prévention prendra toute son efficacité si elle est entreprise au tout début d'un conflit. L'un des objectifs principaux de cette action devrait être de s'attaquer aux causes socioéconomiques, culturelles, environnementales, institutionnelles et autres causes structurelles profondes qui expliquent souvent le caractère politique d'un conflit en surface.

Une stratégie de prévention efficace exige une approche globale comprenant une action à court et à long terme de la communauté internationale, en coopération avec les acteurs nationaux et régionaux, notamment dans les domaines diplomatique, humanitaire et des droits de l'homme, du développement et des institutions.

La prévention des conflits et un développement durable et équitable sont des activités qui se renforcent mutuellement. Investir dans des efforts nationaux et internationaux de prévention des conflits, c'est investir en même temps dans le développement durable puisque ce dernier est grandement favorisé par un climat de paix durable.

Il est souhaitable que les institutions internationales de développement puissent appuyer les efforts nationaux de prévention des conflits et aider à la création de capacités nationales dans ce domaine.

Nouhoum MALLE

Date : October 23, 2007 12:57

« Les actions proactives en vue de prévenir des conflits doivent être comprises et soutenues par les tenants du pouvoir ». Cependant, il est à noter que les actions concrètes en vue de prévenir ces conflits doivent objectivement émaner d'une analyse approfondie de leurs causes. Si les causes des conflits sont d'ordre matériel et/ou foncier, il est évident qu'il serait plus pertinent d'apporter des solutions participatives aux questions liées à l'équité dans la répartition des ressources et de l'espace entre les populations. Certes l'ensemble des actions doit être guidé par un mécanisme qui promeut le travail, l'excellence, la justice et l'intégrité moral des personnes.

abdoukhadir ndiouck

Date : October 22, 2007 01:40

Les actions proactives en vue de prévenir des conflits doivent être comprises et soutenues par les tenants du pouvoir
Sinon quels moyens cohercitifs disposent les agences de développement pour une efficacité dans la prévention des conflits?
Le jeu des intêrets des pôles de pouvoir en interne comme en externe est me semble-t -il, en contradiction avec les intêrets des nationaux.
Pour le darfour les enjeux ne sont ils pas autres qu'une gestion de l'espace géographique?

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