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Aide européenne : pourquoi et comment ?

Auteur : Jean-Michel Severino

Mes collègues achèvent les tous derniers préparatifs pour une séance de brainstorming de deux jours sur le futur de l’aide européenne. C’est une bonne occasion d’entamer ici une discussion avec ses participants (et vous tous: comme toujours, les commentaires de chacun sont les bienvenus !) pour réfléchir à la façon dont les Européens envisagent leur politique de développement : à quoi sert-elle ? Comment s’assurer de sa cohérence ? Voici quelques premières idées.

L’Union Européenne est un géant de l’aide au développement. En 2007 son aide - Etats membres et communauté confondus - a représenté 46 milliards d’euros, soit 93 euros par citoyen par an. A titre de comparaison, ce montant s’élève respectivement à 53 et 44 euros pour un citoyen américain et japonais.

Mais à l’heure où les opinions publiques européennes s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat, certains s’interrogent sur l’utilité de cette solidarité à l’égard de pays ou de continents tiers. Le Commissaire européen Louis Michel a récemment partagé ses craintes dans les colonnes de ce blog : les tentations d’un repli de l’Europe sur elle-même ne manquent pas.

Pourtant l’Europe a de bonnes raisons de considérer avec fierté son action en faveur du développement. L’aide publique au développement (APD) répond avant tout à une exigence humaniste : aider les plus démunis relève d’un impératif éthique de justice et de solidarité. Les différentiels de richesse au niveau mondial ne cessent de s’accroître, un ‘choc des extrêmes’ rendu chaque jour plus intolérable du fait de notre perception grandissante des inégalités mondiales. A l’heure où les images nous parviennent de manière instantanée, nous sommes tous témoins de cette ‘fracture sociale globale’.

Ces inégalités s’avèrent sources de tensions, comme en attestent les violentes émeutes de la faim l’hiver dernier. En plus de traduire un impératif humaniste, l’aide constitue donc une réponse de la communauté internationale à la montée des risques liés à la mondialisation et à la perception collective d’insécurité. La notion de ‘voisinage’ se voit ainsi redéfinie. La mise à niveau des économies qui nous sont proches est la garantie d’une plus grande sécurité, mais également d’une plus grande stabilité économique. La construction européenne fournit justement l’exemple pertinent d’un espace où l’intégration économique s’est accompagnée de la création de mécanismes de solidarité entre voisins. Tout comme elle a eu intérêt, hier, à tirer la croissance de ses régions les plus faibles, l’Europe a aujourd’hui intérêt à ce que les économies méditerranéennes et Africaines décollent. En ce sens l’APD permet non seulement d’accompagner la croissance, mais aussi de construire des ponts entre des sociétés proches, de par leur géographie et leur histoire.

Mais en ce début de 21ème siècle, le voisinage européen va bien au-delà de sa périphérie proche. L’actualité internationale de ces derniers mois nous le confirme : les catastrophes sanitaires, les dérégulations climatiques ou financières sont des fléaux qui ne connaissent pas de frontières. Dans un monde où les interdépendances vont croissant, des insuffisances de régulation dans un hémisphère peuvent se transformer en problèmes domestiques dans l’autre. Or les pays en développement sont au cœur des dérèglements mondiaux : s’ils en sont parfois l’origine, ils en sont aussi les premières victimes, et se trouvent au cœur des solutions. Pour ne citer qu’un exemple, une lutte efficace contre le changement climatique impliquera que des pays tels que le Brésil, l’Indonésie ceux du Bassin du Congo protègent les poumons de notre planète. En partageant les coûts de ces efforts, l’APD européenne peut accompagner une action collective Nord / Sud en faveur de la préservation des biens publics mondiaux.

L’aide se trouve donc au carrefour des intérêts des donateurs et des bénéficiaires. A la dimension compassionnelle se superpose la notion d’intérêt mutuel bien compris. En réalité, l’Europe est progressivement en train d’évoluer d’une vision compassionnelle vers une vision plus systémique et ambitieuse de son aide au développement, celle de la gestion dans la durée d’un espace commun où le destin de chacun est lié à celui de tous. Aujourd’hui plus que jamais, l’Europe doit donc porter haut ses valeurs de solidarité et sa volonté d’agir dans le sens d’une régulation internationale. Telle est le (modique) prix à payer pour se prémunir d’une coûteuse remise en cause de la mondialisation.

Mais le succès du combat pour un marché mondial plus inclusif et pour la préservation des biens communs de l’humanité appelle des stratégies coordonnées. Cela est plus vite dit que fait, étant donné la prolifération des acteurs dans le « marché de l’aide » - qui ont chacun leurs propres priorités. Donald Kaberuka avait d’ailleurs évoqué ce sujet complexe dans son premier post l’année dernière. L’avantage pour les Européens est qu’ils peuvent commencer à apprendre ensemble, en construisant une architecture pour leur politique d’aide commune qui assure une cohérence stratégique d’ensemble tout en préservant l’inestimable diversité des institutions des Etats membres. Mon intuition est que des instruments collaboratifs tels que la Facilité d’Investissement pour le Voisinage, le Fonds fiduciaire EU-Afrique pour les infrastructures ou le mécanisme « European Financing Partners » des institutions européennes de financement du développement sont des outils prometteurs pour ce faire. En effet ils construisent la cohérence entre donateurs européens en donnant aux Etats membres des incitations à travailler ensemble - plutôt que de céder au chant des sirènes de la coordination « Gosplaniste ». Ils associent également beaucoup plus les pays récipiendaires de l’aide aux décisions de politique publique que les instruments traditionnels.

Mais je devrais m’arrêter là… Le séminaire auquel je participe demain doit réfléchir à ces questions de coopération entre bailleurs européens. Je laisse donc la parole (ou le clavier…) à tous ceux qui souhaitent partager leurs idées sur ce que doivent être les objectifs de l’aide européenne, et sur les meilleures façons de construire une pratique d’aide à la fois dynamique et cohérente. Promis, je vous informerai aussi des idées les plus prometteuses qui émergeront de ce qui s’annonce comme une session de brainstorming fascinante.

JMS

Comment la crise financière affectera-t-elle le monde en développement ?

Auteur : ID4D (multi-author)

… et quel rôle l’aide Européenne jouera-t-elle face à ce défi ?

A l’occasion de la Conférence Internationale sur le financement du développement, qui a eu lieu à Doha du 29 novembre au 2 décembre, poursuivons les débats.

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Depuis quelques semaines, la crise financière est au centre des préoccupations de la communauté internationale.

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Les Prix Du Pétrole : Une Occasion à Saisir

Auteur : Kemal Dervis

Les prix du pétrole ont baissé ces dernières semaines par rapport aux niveaux de pointe qu’il avait atteints au milieu de l’été, mais ils sont encore considérablement plus élevés qu’au début de la présente décennie. La cherté des hydrocarbures et de la houille renforce les encouragements à une réduction de la consommation des carburants fossiles. Les énergies de substitution deviennent financièrement plus intéressantes. Une telle évolution peut amener des réductions des émissions de gaz à effet de serre et contribuer à atténuer les changements climatiques. Mais tout cela peut aussi disparaître s’il se produit une baisse substantielle des prix du pétrole.

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Doha et l’OMC après l’échec de juillet

Auteur : Supachai Panitchpakdi

L’incapacité des participants à la récente Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de s’entendre sur les modalités des négociations sur l’agriculture et l’accès aux marchés pour les produits non agricoles constitue un revers pour le Cycle de négociations de Doha. La rupture des discussions en juillet, dernier en date d’une série d’échecs, a suscité la crainte d’une faillite du Cycle de Doha dans son ensemble. Cet échec a même inspiré à l’auteur d’un éditorial récent dans le Financial Times une expression malheureuse – bien qu’accrocheuse –, Dead as a Doha (aussi mort que Doha).

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Quelles seraient les conséquences d’un échec du cycle de Doha ?

Auteur : Jean-Michel Severino

L’échec des négociations de Genève fin juillet fragilise le cycle de Doha. Quelles seraient les conséquences d’un échec du cycle de Doha pour le monde en développement ?

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Les arguments en faveur des achats locaux

Auteur : Josette Sheeran

Le mois dernier, j’ai parlé à un groupe de parlementaires britanniques qui appartiennent à la Commission de Développement International. Leur mission consiste à veiller sur les travaux du Département pour le Développement International connu sous le nom de « DFID ». Le DFID est l’organe du gouvernement britannique chargé de la promotion du développement, de la lutte contre la pauvreté et du financement des organisations multilatérales comme le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).

Les membres de la commission m’ont invitée à Londres dans le cadre de leur enquête sur le travail du PAM et sur le soutien que lui porte le DFID. Un volet de cette enquête consiste à inviter les organisations ou les individus qui œuvrent à renforcer la sécurité alimentaire mondiale, à témoigner.

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Agriculture et énergie en Afrique

Auteur : Jean-Michel Severino

GUINEE_d__cortiqueuses_du_riz_de_mangrove_CAVALIER_Mathilde_AFD.jpgJe reviens du Sénégal, et je voulais partager avec vous une problématique qui m’est apparue particulièrement frappante au cours de ma visite : le lien entre les nouvelles perspectives qui se dessinent pour l’agriculture africaine et les difficiles choix énergétiques qu’elles ne manqueront de poser.

En parcourant le périmètre rizicole de la Vallée du Fleuve Sénégal, j’ai été conforté dans l’idée que la hausse des cours des matières premières agricoles offre de nouvelles perspectives pour l’agriculture africaine. Les transformations qu’elle suscite actuellement au Sénégal sont proprement saisissantes! Certes, cette hausse spectaculaire engendre de nombreux défis pour les pays importateurs nets de produits agricoles, ainsi que pour le Programme Alimentaire Mondial, comme le souligne avec force Josette Sheeran dans les colonnes de ce blog. Et elle conduit à de fortes tensions sociales et politiques dans certains milieux urbains.

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Justice et Développement

Auteur : Abdou Diouf

La 4ème Conférence des ministres francophones de la justice vient de s’achever à Paris. Un de ses deux thèmes portait sur « justice et développement », plus précisément sur le droit et la régulation de l’économie dans l’espace francophone.

Il ya été largement question du développement de nouvelles formes de criminalité favorisées par les technologies de l’information et de la communication et l’ingénierie financière, et aussi d’intégration régionale par l’entremise d’organisations telles que l’OHADA, que j’évoquais dans mon premier texte. Je reviendrai sur certains de ces sujets une autre fois.

Mais je voudrais ici approfondir un point : la diversité des systèmes juridiques et judiciaires est indispensable, si l’on veut qu’ils contribuent réellement au développement.

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Interview de Jean-Michel Severino sur France 24

Auteur : Jean-Michel Severino


“L’Afrique a changé, et change à une telle rapidité, que l’histoire que chaque président a inscrit depuis dix ans est appelée, elle-même, à beaucoup bouger”
“Transparence, transparence, transparence : c’est la leçon à tirer de l’affaire ‘Arche de Zoé’ pour toute action publique ou collective, qu’elle soit de nature privée ou étatique”

Lancement du blog: Regardez la vidéo de la conférence de presse

Auteur : webmaster

Regardez la vidéo de la conférence de presse qui s’est tenue le 21 octobre à Washington (en français et en anglais)

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